On attendait un retour en fanfare un peu plus bling pour la légende NBG, genre la même écurie que son compagnon galérien et sa Citroën Visa jaune par exemple, Jessica93, mais bon, Pan European Recording, c’est pas mal aussi. On n’a pas les bonnes sources, note pour plus tard.
A dire vrai, que ce soit sur cette maison sérieuse ou en cassette automaison dans une boîte de médoc recyclée (d’ailleurs on attend encore celle qu’on avait précommandée il y a des mois, si jamais y’a moyen, s’il vous plaît, merci bien), ça changerait pas grand chose au mythe qu’est devenu Nafi, sans le vouloir vraiment consciemment. On avait pu constater en plus lors de ces derniers concerts à Strasbourg que loin d’attirer les mêmes barbons et groupies habituels, la figure messine réunissait autour de lui un public plus intergénérationnel que jamais (des cheveux bleus à côté de dos gris dans la foule, ça ne trompe pas), ce qui ne l’empêchait pas de fumer ses clopes, concentré sur son synthé toujours un peu pareillement, à notre plus grande joie. Continuer la lecture de « Noir Boy George, Polytoxicomane de toi (Pan European Recording) »

« Qui est-ce que je suis
C’est une boîte à musique. Une musique de fantômes.
Depuis longtemps, je me demande si nous sommes nombreuses et nombreux à réagir de la sorte – mais j’oublie toujours de poser la question. Oui, je me demande si comme moi, parfois, il suffit des quelques secondes d’une intro, un simple changement d’accord, l’esquisse d’une mélodie pour que déjà, vous sachiez qu’une chanson a (entre autres) été écrite pour vous, qu’elle va tourner en boucle pendant plusieurs jours / mois / semaines / années (rayez la mention inutile si tant qu’il y en ait une) et qu’elle ouvre un album que vous allez aimer adorer (la formule “adorez aimer” fonctionne aussi)… Depuis longtemps, j’ai ce rapport à la musique – pour le meilleur, mais pour le pire aussi : l’intro de la première chanson d’un disque attendu avec une certaine impatience déçoit, et son sort en est scellé…
Je n’ai jamais trop su comment me saper, ni d’ailleurs cherché à corriger ce handicap social. Au « prime » de ma jeunesse, je me suis converti à une culture musicale idoine pour un gars dépourvu de la moindre appétence pour le vêtement (malgré un fort tropisme familial du côté du Sentier). Un uniforme succinct et finalement passe-partout. Peu de marques, ni trop de réflexion, ni trop de variables : polo
Musique instrumentale de pleins, de déliés et de vides, cette Lyonnaise des eaux troubles nous plonge dans un monde de l’attente : d’un trajet sur une route de montagne, d’une planque dans un quartier chelou, d’une salle du même nom d’un dentiste ou d’un doc, d’un rendez-vous dans un café désert, d’une journée fériée… C’est tout un univers cinétique quasi immobile qui s’ouvre dans sa lenteur et sa masse, devant nous.
Ça y est, yeah, ça me refait le coup, l’obsession. Le morceau qui ne me lâche plus. Que je suis obligé d’écouter plusieurs fois par jour tant je l’aime, tant je l’adore, tant il me porte, tant il m’obsède. Et il porte assez mal son nom :