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Lawrence : « Je n’ai pas internet »

Go-Kart Mozart / Track by track

Je me souviens d’une chose que m’avait racontée Christopher Owens de Girls un soir, après un concert de Girls à Paris : « Matt Fishbeck m’a dit : écoute Felt, écoute ces dix albums jusqu’à plus soif. Et puis, quand tu les connaitras par cœur, tu seras prêt pour Denim et Go-Kart Mozart. » Une phrase qui faisait écho à un échange que j’avais eu avec Christophe Basterra un peu avant — il ne s’en souviendra sûrement pas — alors que j’étais tout frais stagiaire pour une revue dont-on-ne-prononcera-pas-le-nom : « Les gens qui préfèrent New Order à Joy Division », lui avais-je dit pour répondre à un quolibet sur mon T-shirt Love Will Tear Us Apart, « c’est un peu comme les gens qui préfèrent Denim à Felt, non ? ». Et lui de me répondre « Figure-toi que c’est pas loin d’être le cas. » Et toc. Il avait raison sur New Order, bien sûr. Enfin, tout ça non pas pour faire dire à Christophe que Denim serait mieux que Felt, parce qu’on s’en fout et que là n’est pas la question, mais pour dire que, tout pop soient-ils, Denim ou Go-Kart Mozart sont des acquired taste, comme on dit par chez moi. Et que Felt, lorsque la magie se révèle, n’en devient plus qu’une étape. Quelle étape, certes, mais une étape, où l’on va chercher constamment les indices de la folie future. Je m’étonne presque maintenant de réécouter plus souvent les décrochages stylistiques de Felt (The Seventeenth Century, Train Above the City, Me and a Monkey on the Moon, The Final Resting of The Ark) que les chefs-d’œuvres plus évidents (The Strange Idols Pattern And Other Short Stories ou Forever Breathes the Lonely World).

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Matt Fishbeck

Il y a peu de disques qui ont eu autant d’impact dans ma vie que Stranded at Two Harbors de Holy Shit. J’avais 17 ans quand il est sorti, 19 quand je l’ai découvert, en 2008 : souvent un âge charnière. Je ne connaissais pas bien Felt. Je n’avais jamais entendu parler de Sarah Records. Par contre, en fan d’Animal Collective, je savais qu’Ariel Pink avait quelque chose à voir à l’affaire, que Rusty Santos, compagnon de label (le défunt UUAR), avait masterisé le disque, que Christopher Owens, dont j’étais amoureux des singles de Girls, avait été leur batteur. Holy Shit, c’était aussi le noyau d’une scène californienne qui bourgeonnait, autour desquels gravitaient les beaux bizarres John Maus, Nite Jewel, Geneva Jacuzzi, etc… Ce fut, comme dirait The Gist, love at first sight, but I just didn’t know.
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