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Playlist : Autour de Peter Astor

Peter Astor
Peter Astor

Peter Astor a toujours été pour moi synonyme de douceur, qu’il fait rimer souvent avec douleur, il faut bien le dire : douleur de la séparation, de la solitude, de la dépression sans doute. Ce garçon conjugue ses bonnes manières de gentleman à une distance, presque une froideur, toute germanique, racines qu’il ne manque jamais de rappeler. C’est dans The Loft et surtout aux commandes des Weather Prophets que j’ai découvert Peter Astor, quand il traduisait en anglais les grands désordres américains, en menant à travers quelques disques quasi parfaits une exploration fantasmée des grands terroirs de l’autre côté de l’Atlantique : les guitares new-yorkaises, du Velvet ou de Television, le garage du Middle West ou la pop californienne, toutes redécorées de ce blues de la Tamise, de crachin, de patine veloutée. Continuer « Playlist : Autour de Peter Astor »

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Papivole #8, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : David Sanson et Octopus



A l’époque où les boussoles de papier étaient mon seul espoir de m’y retrouver dans la pop moderne, Octopus occupait une place à part : partant d’une base commune et connue (le nouveau rock américain de chez Drag City par exemple), la revue me sortait de mon cocon pop pour me prendre par la main et me promener vers des territoires dangereux à mes oreilles : absence de mélodies, occultation des guitares, larsens, textures, improvisations, électroniques, continents inexplorés, jazz… Elle était en fait mon bon de sortie de l’adolescence, mon ouverture à l’altérité, et un complément nécessaire aux Inrocks, à la RPM, au Melody Maker et au NME qui m’habitaient jours et nuits. Continuer « Papivole #8, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : David Sanson et Octopus
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Yolande Bashing, Yolande et l’amour (Bruit Blanc)

Il y aurait un arbre généalogique à dessiner de ces descendances de garçons solitaires qui s’entourent de peu pour délivrer au monde leurs sentiments, souvent dans un geste d’apparence crue et frontale : peu de mots, peu d’instruments, peu d’espoir pour peu de musique ? Peut-être. Mais depuis le début du siècle, des fins fonds des squats de zones industrielles (Noir Boy George) aux journaux à la page (Thousand), une vague froide déboule (et tabasse tout ce qui bouge) avec une musique à leur image, qui a de quoi affoler le territoire et qui s’appuie sur quelques basiques identifiés.  Continuer « Yolande Bashing, Yolande et l’amour (Bruit Blanc) »

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KG, Jesus weint Blut (Herzfeld)

KG Jesus weint BlutRetranscription d’une conversation par messenger avec KG, 2 septembre 2019.
Moi : Salut KG, merci pour ce beau moment musical samedi, c’était juste parfait. Dans la foulée, j’ai écouté ton disque qui débute par un éclat de rire (pour moi) et se termine dans les larmes (ce morceau magnifique Un autre demain). Du coup, mon papier écrit avant d’écouter le disque ne correspond plus vraiment, ce qui est en fait très rassurant, j’ai dû presque tout jeter…
KG : Oh flûte alors, ta chronique en aveugle ! Tu me la feras lire quand même ? Oui, c’était une bien chouette soirée, tous les amis étaient là, ça faisait plaisir. Continuer « KG, Jesus weint Blut (Herzfeld) »

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Lispector without a map

Lispector
Julie – Lispector / Photo : Katura Jensen

Sur un forum de Belle & Sebastian, je découvre son nom et une adresse e-mail, on est aux alentours de 2001 / Je la contacte pour sortir en France son disque Human Problems & How to Solve Them (celui avec l’image du cheval sur du papier millimétré) avec mon label Antimatière / Julie est d’accord / Je viens à Paris pour discuter avec mon distributeur Chronowax. C’est Jérôme Mestre qui me reçoit et qui me passe un savon pendant une demi-heure : on ne peut pas travailler comme ça, la pochette souple en plastique transparent, l’absence de code barre… mais finalement il veut bien le faire / Continuer « Lispector without a map »

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Papivole#7, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Edie Vee, photographe

Stephen Pastel Edie Vee
Stephen Pastel, février 1995 / Photo : Edie Vee

Je finissais par remarquer leur regard, à force. En lisant la presse musicale anglo-saxonne toutes les semaines, New Musical Express, Melody Maker, je distinguais leurs styles, différents, entre ceux qui captaient le point de bascule d’un concert dans un mouvement qui laissait des traces, ceux qui jouaient l’intimité du gros plan, seuls avec la vedette dans une chambre d’hôtel, ou encore ceux qui dans une explosion de couleurs tentaient la mise en scène, avec des accessoires ridicules, forcément ridicules. En France, je reposais mes yeux sur les noirs et blancs des Inrockuptibles et l’école MonfournyMulet, ou je prenais le plein de couleurs dans Best, chez Youri Lenquette ou Jean-Yves Legras. Et il y avait Edie Vee, mystérieuse, rare, qui capturait dans un geste naturel les étoiles filantes de mon panthéon personnel dans une revue pop moderne : la clique américaine autour de Drag City, les cousins écossais autour de Domino, les amis français autour de Lithium. Forcément, ça rapprochait. Continuer « Papivole#7, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Edie Vee, photographe »

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Sinaïve

Sinaïve
Sinaïve

Trois jeunes strasbourgeois immaculés, le charismatique et débonnaire Calvin Keller au chant et à la guitare, le mystérieux  Alaoui O. à la basse, et le ténébreux et passionné Leo Heitz-Godot à la guitare. La soixantaine, à peine, à eux trois réunis.  Continuer « Sinaïve »

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Papivole#6, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Étienne Menu et Musique Journal

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Pas plus qu’il ne se (la) raconte à travers la musique, Étienne Menu laisse la musique se raconter à travers lui. Personne ne reflète mieux l’esprit de (ce que je pense être) mon époque que ce touche à tout, multipliant les expériences de critique musicale. Tenterait-il de raccommoder ce tissu déchiré en minuscules lambeaux que nous laisse le net après 20 ans de niches et d’esprits de chapelle exacerbés par les réseaux sociaux ? Parce que derrière l’illusion de l’accessibilité et de la connaissance instantanée, se cache un puzzle bien compliqué à rassembler, avec des réflexes de fermeture parfois bien visibles. Étienne Menu est un paradoxe : en apparence isolé, il réussit à activer autour de lui de nombreuses communautés et courants, autour du plaisir simple de l’échange, de la parole et de l’écriture. Continuer « Papivole#6, Mon histoire avec la presse musicale, 1978-2018 : Étienne Menu et Musique Journal »