Les Problèmes, Premier EP (Pop Supérette)

« Je croyais voir les gens s’aimer,
mais je les ai bien regardés,
nan, je ne vois rien » 

C’est sur le label Pop Supérette que reparaît le premier EP de 1965 des fameux Problèmes, groupe rock’n’roll – « premier groupe authentique de rhythm and blues 100 % français », disait le slogan sur la pochette – qui deviendra plus tard le groupe parodique à succès, Les Charlots, après avoir accompagné Antoine, le chanteur. Avec le même soin qu’il avait prodigué à l’EP de Jean-Pierre Kalfon (de 1965 aussi), le label toulousain propose un travail d’historien attentif avec un nouveau mastering à partir des bandes d’origine, le tout avec l’aval des deux survivants du groupe, Luis Rego et Jean Sarrus. Bon, je ne suis pas audiophile (vous l’aviez remarqué avec ce que j’écoute), donc je fais confiance : en tous les cas, les quatre titres sonnent magnifiquement, les guitares sont tranchantes, les rythmiques rebondissent comme une balle chinoise sur les murs de ta chambre et la voix de Gérard Rinaldi – quel chanteur – est sur un nuage, entre velouté de crooner et paille de fer de rocker. Si mes souvenirs se font plus précis sur le double disque d’or des Charlots que j’écoutais religieusement (très sérieusement en tous les cas) quand j’avais 7 ans, j’avais déjà entendu ces morceaux des années 60 (Je ne vois rien, Il suffirait d’un rien, Si c’est la nuit, Passe ton chemin) sur une réédition CD du label Magic Records (rien à voir avec les autres), Antoine rencontre les Problèmes (2000), mais bien plus tard. Je l’avais acheté parce que j’avais été hypnotisé par une autre référence de Magic, des chefs-d’oeuvre réunis là aussi sur un CD, Chantal Goya Les années 60. Tout une époque de naïveté (Si c’est la nuit est d’ailleurs très proche dans les paroles des petits contes de Chantal et Jean-Jacques) et de révolte domestique (avant celle à plus grande échelle) entre p’tits loulous et étudiants travaillés par leurs hormones, toute une époque documentée par Pierre Sojdrug et sa petite entreprise qu’on espère prospère, tant elle apporte un éclairage nécessaire et amoureux sur les petits éclairs rock’n’roll qui ont traversé le ciel yéyé des sixties tricolores (et pas que).


Le premier EP des Problèmes est republié par le label Pop Supérette.

NDLR : Ce texte figure également dans le dernier Groupie, le n°9 disponible en téléchargement.

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