LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE LA RENTRÉE 2026 

Tous les mois, la rédaction de section26 propose une playlist constituée à 100% de nouveautés, entre trouvailles que vous n’écouterez qu’ici, sorties de groupes et d’artistes qu’on adore et retours de flamme inespérés. Les voici, une fois encore, choisis avec amour.

Écoutez cette playlist sur votre plateforme favorite : YouTube, Deezer, Spotify ou autre.

1. Starcleaner Reunion, Eating the Alphabet (Take Care Records)

Le jeune quatuor new-yorkais délivre l’un des plus beaux albums de l’année, comme le laissaient présager les hyper-accrocheurs singles dévoilés cet été : le très stereolabien Never Odd or Even et Lay on Plastic Moment, aux guitares plus shoegaze. Une voix féminine aérienne, des mélodies qui restent en tête ; on pense à Peel Dream Magazine ou à Dummy. CG

2. Vanishing Twin, Oral Tradition (Fire Records)

On ne présente plus le trio londonien, qui dévoile ce mois-ci Archives, patchwork d’expérimentations sonores, de maquettes récupérées mais surtout, de moments de grâce : le mystique Bring Me the Axe, surgi d’un autre âge, Sugar Stone et Oral Tradition, promis au statut de classiques, qui raviront les fans de Broadcast et Stereolab, évidemment. CG

3. Diana Vaughan, La clef des champs (Vicious Circle)

Un premier album imminent pour le duo synth pop basse / flute traversière le plus élégant du vingtième arrondissement de Paris. Avec un titre chabrolien en diable, à peu près aussi sexy que Huppert dans Violette Nozières : Les Bêtes, à venir le 13 novembre chez le label bordelais Vicious Circle. Ici, c’est La clef des champs, ritournelle mélanco-emo de très jolie facture. Que la bête vive. TS

4. Frankie Rose, Can’t Be Wrong (Born Losers Records)

Extrait du nouvel album de Frankie Rose (ex Vivan Girls, Crystal Stilts…), Can’t Be Wrong est un beau chocolat sorti d’une grosse boîte bleu nuit qui rappelle Cocteau Twins. Probablement l’une des musiciennes les plus inspirées à avoir continué à cheminer depuis les années du revival garage. VH

5. The Bernadette Maries, Every Morning (Géographie)

Les Bruxellois sortent un premier album, Soft, qui combine avec bonheur shoegaze et post punk. À suivre ! CM

6. The Go, Secular Century Man (Sub Pop)

Et le miracle eut lieu : Sub Pop sort, après un quart de siècle d’attente, l’album maudit de The Go, rock interstellaire et proto punk en fusion, dont Secular Century Men est un extrait flamboyant. Enregistré il y a 26 ans, à peine sorti, et déjà éternel ! VH

7. Dinosaur Jr., Everything at Once (Jagjaguwar)

Ecouter Everything at Once et l’album There Near dont il est tiré, c’est comme d’enfiler un tee-shirt élimé chéri, ou une chemise en flanelle adorée, non pour se lover dans une confortable mélancolie, mais pour se rappeler qui on était. Jay Mascis et Lou Barlow vont à l’essentiel de ce qui fait le génie de Dinosaur Jr., avec une fraîcheur salutaire. PR

8. This Is Lorelei, The Kid With the Crown (Matador Records)

Nate Amos fait partie de ces musiciens qui ne semblent même pas avoir le temps de publier tout ce qu’ils composent, et depuis presque quinze ans, il partage sa musique sur Bandcamp en parallèle du duo Water From Your Eyes, dont on vous a déjà parlé ici. Après déjà deux albums sous le nom de This Is Lorelei, qui étaient davantage des compilations, Nate Amos sort donc The Singer in My Band, son troisième album, un classique instantané qui vous emmènera sur les routes américaines sur lesquelles il a été composé. PR

9. Personal Trainer, Object Permanence (Bella Union)

Personal Trainer est un collectif d’Amsterdam mené par Willem Smit, seul membre permanent du groupe, autour duquel gravitent des membres de plusieurs groupes faisant la scène néerlandaise actuelle, dont Pip Blom ou The Klittens – qui défendent aussi un très bel album ce mois-ci – pour ne citer qu’eux. Pour ce troisième album, composé à la guitare acoustique et enregistré en live tous ensemble, Smit a fait le choix de de l’imperfection, du spontané, et c’est sans doute ce qui fait toute la différence. De vraies bonnes chansons, une certaine mélancolie ; on est happés. CG

10. dum supplement, dumb american (autoproduction)

Tala et Gabriel se sont rencontrés en 2025 et ont eu l’heureuse idée de monter un groupe. Le duo, basé entre Montréal et Paris, vient de sortir un EP enregistré chez eux – esprit DIY, inspi rock indé 90s, voix magnétique et guitare acérée, on a furieusement envie d’en écouter plus. CM

11. Babehoven, Three Reds (Double Double Whammy)

Water’s Here in You était dans mon top 10 albums de l’année 2024 ; I See Them, I See Me a des chances d’y figurer aussi, même s’il prend davantage de temps à s’y installer. Le premier single, Lasagna, m’avait légèrement déçue à sa sortie mi-juillet et maintenant, il fait partie de la bande-son de ma vie alors le reste va suivre, c’est sûr. Un grower, c’est comme ça qu’on dit. CG

12. Brigid Mae Power, Sometimes (Alt Version) (autoproduction)

Sometimes était initialement parue en 2016 sur le premier album de l’Irlandaise. On en découvre ici une version alternative, encore plus organique, l’harmonica remplaçant le piano ; encore plus belle. On la trouve dans ce qu’elle a nommé Amhráin, un ensemble de trois titres revisités : deux Alt versions et un a capella. L’une des plus belles voix folk actuelles. CG

13. Lambchop, A Doctor In The House (City Slang)

Exact : ce disque est très précisément sorti dans la torpeur de la fin de l’été, mais il n’est jamais trop tard… J’ai lu quelque part qu’il s’agissait du dix-neuvième album de la petite troupe menée par le type qui porte un nom à apparaitre au générique d’Apocalypse Now : autant dire que j’ai loupé quelques étapes dans le parcours de Lambchop mais que toutes celles où j’ai pris le temps de m’arrêter n’ont quand même pas pris une seule ride. Enregistré dans la théorie du peu (d’instruments, d’arrangements) et surtout de la puissance des voix, Punching the Clown est un album plutôt renversant, du genre qui se prête aussi bien en générique de l’aube que du crépuscule. Entre country et soul, Wagner a choisi de ne pas choisir. Et en profite pour signer parmi ses chansons les plus belles. CB

14. Dungen, En Chans Till (Skolhaus)

Je vais être honnête, je n’ai pas encore eu le temps d’écouter le nouvel album de Dungen paru aujourd’hui, mais ce troisième single, merde, quel chef d’oeuvre. C’est le titre qu’ils ont choisi pour clôturer cet album et en effet, je ne vois pas comment ils pourraient faire mieux, alors autant garder le meilleur pour la fin. CG

15. Mick Harvey & Amanda Acevedo, The Greatest Delight (Mute)

Nous sommes d’accord : ce n’est pas l’endroit idoine pour rappeler à quel point Nick Cave a beaucoup perdu depuis le départ de Mick Harvey – on comptera les points plus tard mes gaillards. Parlons plutôt des collaborations de ce dernier avec l’artiste mexicaine Amanda Acevedo, avec laquelle il collabore désormais avec assiduité. La preuve ? Psychedelia in White est leur troisième album en trois ans, après un disque essentiellement constitué de reprises souvent singulières et un autre consacré aux chansons géniales de l’Américain Jackson C. Frank. Cette fois, le tandem s’est aussi laissé aller à la composition et grand bien lui en a pris, comme le prouve The Greatest Delight, ballade souterraine qui ravive, entre autres, la beauté vénéneuse d’Elysian Fields. CB

16. Aimée Fatale, Is Love Real (autoproduction)

Elle n’a que la vingtaine, mais c’est bien son nom de scène parfait qui lui permet sans doute de chanter les affres de l’amour et autres petites histoires avec une telle langueur. Sur fond d’arrangements tout droit sortis du Swinging London, Aimée Fatale, déjà repérée il y a un an à l’occasion de la sortie son premier single – Let’s Just Get Married, fanfaronnait-elle alors ! –, rêve toujours de devenir Sienna à la place de Lara, aurait très bien pu être l’héroïne d’un roman de Graham Green et chante avec cet air désabusé qui fait fondre jusqu’aux plus durs d’entre nous. CB

17. Michelle Gurevich, Boring (autoproduction)

Michelle Gurevich et son grain de voix hors du temps, ténébreux, mélancolique, revient avec cette chanson, Boring, décalque plus que parfait de Dance Me to the End of Love de Leonard Cohen. Est-ce trop douloureux d’admettre que rien ne dure dans cette vie ? chante-t-elle sur Boring. Une question-vérité que n’aurait pas reniée Leonard Cohen. MV

18. Lambrini Girls, Bang Bang Bang (City Slang)

Retour explosif pour les Lambrini Girls avec Bang Bang Bang, morceau sur lequel le trio sonne plus énervé que jamais et qui prouve, s’il était besoin de le confirmer, son talent pour les … bangers. Confronté au périlleux exercice du deuxième album, avec la pression accrue de salles désormais plus grandes (on passe de la Maroquinerie l’année dernière à l’Elysée Montmartre le 29 mai), le groupe annonce la couleur avec le titre NO REFUNDS [AUCUN REMBOURSEMENT]. Aucun risque de demande. PR

19. Snõõper, Mouth Closed (Third Man Records)

Nouveau single des punk-rockers de Nashville. Attendu après le beau succès de Worldwide, sorti l’année dernière, Mouth Closed laisse entrevoir une radicalisation bruitiste et technoïde. VH

20. Twisted Teens, When We First Met (Sub Pop)

Twisted Teens continue sur son rythme infernal de deux albums par an, comme à la grande époque. Ce premier single est prometteur par son garage rock éclatant mais tout en retenue, dépourvu de tout kitsch passéiste. VH

21. David Byrne, My Madness (Matador Records)

A l’occasion de la sortie de la version deluxe de Who Is the Sky?, son dernier album que les plus chanceux auront eu la chance d’entendre et de voir sur scène, David Byrne partage My Madness, ode joyeuse et un brin nostalgique de la folie personnifiée. PR

22. Echo & The Bunnymen, I’ll be Your Sunshine (BMG)

Jouons cartes sur table : les avis sont partagés au sujet de ce nouvel album d’Echo & The Bunnymen. Quatorze ans après (plutôt très bien placé sur l’échelle The Cure, donc) un dernier album constitué de nouvelles chansons, le groupe de Liverpool, qu’on réduira ici à ses deux figures tutélaires, signe un disque plutôt inspiré même s’il ne renoue pas tout à fait avec la splendeur du carré magique – les années 1979-1985, une époque où le groupe a sans doute compté parmi les meilleurs du monde. Entre plusieurs morceaux d’une art-pop venimeuse parfois échappée de Porcupine, Echo & The Bunnymen nous refait son coup préféré des années 1990 : écrire le meilleur morceau d’Oasis à la place d’Oasis. Tel est I’ll Be Your Sunshine, qui joue à la perfection la carte du romantisme suranné alors que Will Sargeant se montre plutôt inspiré et Ian McCulloch parvient une fois encore à être Bowie à la place de Lou Reed. CB

23. Jean Felzine, Arezki (Vietnam)

Cinéma Permanent est, après le très beau et le trop méconnu Chord Memory, le deuxième album de Jean Felzine. C’est aussi l’album d’après, celui qui arrive après la fin de Mustang ; la chanson Adieu, qui figure sur ce nouvel album, clôturant par ailleurs de manière très belle l’histoire du groupe. Ce disque, Cinéma Permanent, ce n’est pas un album, c’est mieux : c’est une collection de singles qui s’écoute dans l’ordre, dans le désordre, le jour, la nuit, tout le temps. A chaque jour sa chanson, que l’on écoute en boucle. Hier, c’était Requin Marteau et ses accords tout en mojito, aujourd’hui, c’est Arezki et sa « poésie RATP ». Peut-être que demain, ça sera Je sème. Ou une autre. Ou alors Arezki. Oui, ça sera sûrement Arezki. MV

24. Florent Marchet, Orcival (Nodiva)

Septième album déjà pour Florent Marchet, qui raconte mieux que beaucoup les petits et les grands moments de la vie quotidienne, celle d’hier ou d’aujourd’hui. En clôture de son Mobil Home, le Tunisien d’adoption, accompagné par Morgane Imbeaud – dont la présence n’est bien sûr pas le fruit du hasard sur un tel morceau – chante l’un de ses hérauts de la chanson d’ici, disparu trop vite et trop tôt, un matin de mai 2023. Orcival est un superbe hommage à l’œuvre et à la vie (ces mots piochés dans les textes de l’artiste honoré) de Jean-Louis Bergheaud, dit Murat, avec la mélancolie d’une mélodie immaculée comme garde-fou et le bleu parfait d’un ciel d’Auvergne comme toile de fond. CB

25. Jonathan Personne, Derrière un sourire (Bonsound)

Joie de retrouver Jonathan Personne – membre des excellents Corridor – pour un nouvel album en solo, le cinquième en sept ans, toujours avec autant d’élégance, de musicalité et de finesse dans les arrangements. C’est si reposant, de lancer un album et de savoir pertinemment que ce sera aussi bien que ce à quoi l’on s’attend. CG

26. Bandit Voyage & Milla Pluton, So Lonely (Cheptel Records)

Sur MILLA CORE 2, Bandit Voyage et Milla Pluton envoient une deuxième slave de petites beautés savoureuses. Écoutez So Lonely, tube mélancolique amoureux qui porte sur les tubes, la mélancolie et l’amour. VH

27. Dignan Porch, Cracked Paint (Safe Suburban Home/Meritorio/Repeating Cloud)

Depuis 2010, les discrets Londoniens sortent de parfaites perles power pop. Et leur dernier single donne juste envie de l’écouter en boucle, sourire aux lèvres. CM

28. Fujiya & Miyagi, Point 33 Recurring (Impossible Objects of Desire)

Un dixième album, New Shiny Object, prévu le 30 octobre pour les gars de Brighton – et ils n’ont pas perdu la main pour nous faire irrésistiblement danser. CM

29. Pan Amsterdam, Shuriken (Def Pressé)

Du hip hop épicé de jazz, d’abstract rap, d’humour et de conscience politique – Leron Thomas sort un excellent nouvel album, Panarama. CM

30. Dexys Midnight Runner, Once A Man, Twice A Child (Heavenly Recordings)

Depuis la fin des années 1970, avec quelques parenthèses plus ou moins longues – comme l’album solo de reprises passé à la postérité pour avoir été (légende ?) la pire des ventes de toute l’histoire de Creation Records –, Kevin Rowland préside à la destinée de Dexys Midnight Runners (parfois juste baptisé Dexys) et s’il ne met pas de la soul dans le rock’n’roll (vous l’avez ?!), il en met à peu près dans tout le reste. Comme dans les chansons de Love, tenez, superbe nouvel album produit par le moderniste David Holmes et publié par le toujours très pertinent label Heavenly Recordings, illustré ici par une ballade d’une mélancolie absolument parfaite. CB

31. Kontexte, Dizziness (Chrüsimüsi Rec / Dot Dash)

Il s’en passe des choses à Nantes. On est évidemment toujours à l’affut de nouvelles du côté de la bande à part et à géométrie variable Moleskine (retour récent surprise sur scène), Vérité Synthétique (en cours d’écriture) et Quinconce, que l’on a vu en tournée ce printemps. Ces derniers avaient d’ailleurs partagé un split avec Kontexte, qui se définissent eux-mêmes assez justement comme du no punk rotatif. Hello World, leur nouvel album sorti par les suisses Chrüsimüsi Rec., derrière se cache le très averti Romain Savary (Leopardo) est une merveille, et on a très envie de voir Clara, Liza, Laure et Laura le défendre. TS

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *