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The High, Somewhere Soon (London Records, 1990)

En Angleterre, le début des années 90 est marqué par le shoegaze et Madchester. La C86 est déjà loin derrière, l’Angleterre a trouvé ses nouveaux hérauts à travers les Stone Roses ou les Happy Mondays. Ces groupes créent une véritable émulation. Des hordes de groupes baggy débarquent au tournant des années 80/90. Ils s’appellent les Charlatans, Mock Turtles, Soup Dragons, Inspiral Carpets ou The High. Ces derniers sortent Somewhere Soon, leur premier album en 1990. Malgré une production signée Martin Hannett sur un morceau, The High ne s’envoleront pas jusqu’aux cimes des charts britanniques. Depuis, le groupe de Manchester est condamné à un certain anonymat, celui que l’on réserve aux seconds couteaux, au mieux un guilty pleasure, au pire une erreur de jeunesse. Continuer la lecture de « The High, Somewhere Soon (London Records, 1990) »

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Parquet Courts, Wide Awake! (2018, Rough Trade)

Les années 2010 s’éloignent de nous. À mesure que les saisons filent, des groupes apparaissent et disparaissent des radars. Certaines formations émergent à la faveur d’une chanson bien troussée quand d’autres se faufilent plus discrètement dans notre quotidien. Parquet Courts est indéniablement de cette seconde école. La bande new-yorkaise démarre modestement, publiant plusieurs albums au fil de l’eau, sans plan de carrière. Ils sont repérés par les têtes pensantes de Rough Trade, après le succès critique de leur deuxième essai, Light Up Gold (2012). Continuer la lecture de « Parquet Courts, Wide Awake! (2018, Rough Trade) »

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Les Thugs, IABF, Alternative Tentacles / Vinyl Solution / Bondage Records (1991)

Les Thugs, IABFPourquoi s’embêter à vous parler des Thugs ? Nous sommes certes sûrement quelques‑un(e)s à nous en souvenir, ou à les considérer comme un insondable mystère. Au même titre que La Souris Déglinguée, leur postérité se révèle ainsi si dérisoire dans la mémoire collective de la Gen Z, pourtant gavée de streaming et d’archives sur YouTube. De tous les groupes sortis du ventre fécond du rock alternatif – vous savez, ce grande fourre‑tout stylistique mais indubitable fait social total, entreposé au cœur des années 80 – les Thugs appartiennent à l’infime pourcentage qui a réussi à rayonner hors de nos frontières, y compris outre-Manche et chez l’oncle Sam. Continuer la lecture de « Les Thugs, IABF, Alternative Tentacles / Vinyl Solution / Bondage Records (1991) »

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The Nits, Tent (1979, CBS)

Vivre en France pourrait donner à certains amateurs de pop l’impression d’être éloignés de l’action. Certes, nous sommes séparés du Royaume-Uni par un petit bras de mer et des États-Unis par un océan, mais l’aventure est parfois au coin de la rue, et ce, même sans être à Twin Peaks ! À moins de 500 km de Paris se trouve Amsterdam, capitale (constitutionnelle) des Pays-Bas et ville natale des Nits. Ne pas être dans l’œil du cyclone britannique ou américain nous offre cette chance de pouvoir évaluer la formation batave pour ce qu’elle est, un grand groupe de pop. Continuer la lecture de « The Nits, Tent (1979, CBS) »

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Boudewijn de Groot, Picknick (1968, Decca)

Avec Elvis, les Shadows et enfin les Beatles, la musique pop est devenue un phénomène presque universel. Du Pérou (Los Shain’s), en passant par Singapour (The October Cherries), le Japon, le Zimbabwe, l’Australie et bien sûr l’Europe Continentale, des jeunes gens ont pris les guitares et essayé d’imiter leurs idoles. Ces tentatives furent parfois maladroites mais des voix singulières ont aussi émergé de ce bouillonnement créatif. Le barde batave Boudewijn de Groot est de celles-ci. Né en 1944, dans un camp de concentration japonais, à côté de Jakarta (à l’époque Batavia !), en Indonésie, il débarque aux Pays Bas avec son père. Elevé par sa tante, il s’intéresse très vite à la musique. Continuer la lecture de « Boudewijn de Groot, Picknick (1968, Decca) »

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Rocketship, A Certain Smile, A Certain Sadness, (Slumberland, 1996)

Rocketship, A Certain Smile, A Certain Sadness, (Slumberland, 1996)On a beau avoir eu l’impression de faire ça toute notre vie et que finalement, cahin caha, on aurait pas un peu fait le tour de la question que la notion de trésor caché, comme le reste de l’actualité, pourrait devenir à plus ou moins long terme, navrante. Mais par ce biais précisément, la petite étincelle arrive toujours. Et se rapproche de nous puisqu’à l’instar de Numero Group qui semble avoir décidé de remettre sur la table le moindre groupe emo / slow / shoegaze de fac des années nonantes, et c’est probablement une mine intarissable (spoiler : j’y étais), Slumberland réédite une de ses premières références, et dans le genre c’est plus que simplement pas mal. Le premier album de Rocketship, projet pléonasmique d’un certain Dusty Reske. Continuer la lecture de « Rocketship, A Certain Smile, A Certain Sadness, (Slumberland, 1996) »

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P. Hux, Purgatory Falls (Nine Eighteen Records, 2001)

Richard Willett Miller, un peu moins inconnu sous le pseudonyme de Parthenon Huxley, est mort vendredi dernier, quelques jours à peine après son soixante-dixième anniversaire. Dans la longue liste des faire-part mortuaires de saison, il y a toutes les raisons pour que celui-ci passe plus inaperçu que beaucoup d’autres. C’est injuste mais c’est logique. Pour la plupart des amateurs de chez nous, les occasions d’entrapercevoir ce nom peu familier – a fortiori celles d’entendre ses compositions – ont été rares : une invitation à jouer du tambourin sur Cynical Days sur Oranges & Lemons (1989) de XTC, une participation en tant que musicien, producteur et co-auteur de quelques morceaux sur A Man Called (E) (1992) et Broken Toy Shop (1993), les deux albums solos de Mark Oliver Everett alias E, avant qu’il ne se lance dans l’aventure Eels. C’est à peu près tout. Il y a pourtant bien des richesses à redécouvrir dans les fragments d’une discographie confidentielle, qui s’est étendue par intermittence sur cinq décennies. Continuer la lecture de « P. Hux, Purgatory Falls (Nine Eighteen Records, 2001) »

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V/A, Wizzz! Vol. 5 (Born Bad Records)

Il y a 25 ans (déjà !) sortait la compilation Wizzz!. Derrière la magnifique pochette de Guy Peellaert se dessinait une vision alternative de la musique sixties française. Loin des bluettes de Claude François ou du rock fort de Johnny Hallyday, nous découvrions que les Français eux aussi s’étaient épris de pop, de psychédélisme, à la mode anglaise ou américaine. Nous sommes en 2026, un quart de siècle plus tard, Jean Baptiste Guillot sort un cinquième volume, sur son label Born Bad (ce n’était pas le cas de la première), quatre ans après la quatrième itération. En découvrant la magnifique pochette de Rocky, une question nous brûle les lèvres: cette Wizzz! sera-t-elle à la hauteur des précédentes ? L’interrogation n’est pas si anodine. Nous sommes désormais éloignés par soixante années de 1966. Continuer la lecture de « V/A, Wizzz! Vol. 5 (Born Bad Records) »