Freshberry à Hwacheon, Corée du Sud, août 2025 / Photo : DR
ASK YOURSELF. IT’S NOT TOO LATE. Il n’est jamais trop tard, effectivement, pour découvrir la petite perle inattendue de la seconde moitié de 2025. Diamond Files, premier album de Freshberry — singles essaimés sur les réseaux diaboliques (et désespérément utiles), repérés par les sonars affûtés de la Section. Moi, on m’a passé le bon mot à l’oreille lors d’une soirée d’hiver au Chair de poule. Bien m’en a pris. À la première écoute : frisson délicieusement hérissant.Continuer la lecture de « Selectorama : Freshberry »
Avec Corner Coming Up, somptueux nouvel album de The Bats – en rupture de stock le jour même de sa sortie -, Robert Scott confirme qu’il est bien ce diamant brut dont le passage du temps n’aura jamais terni l’éclat. Bien rare sont les musiciens qui, comme lui, peuvent se targuer d’avoir été membre de deux groupes majeurs, quand il est déjà assez glorieux d’avoir pu l’être d’un seul. Car avant d’assurer dès 1982 le chant, la guitare rythmique et la composition au sein de The Bats, l’ami Robert était déjà depuis 1980 le bassiste des mirifiques The Clean, qu’on pourrait sans exagération qualifier de Velvet Underground néo-zélandais, tant par leur lien de parenté esthétique avec le groupe de Lou Reed que par leur influence sur toute la luxuriante scène néo-zélandaise regroupée autour du label Flying Nun, mais aussi sur la scène indie mondiale.
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Après les excellents Soleil ’96 (2021) etLa Clairière(2023), la chanteuse québécoise Vanille (Rachel Leblanc) revient avec un troisième album intitulé Un chant d’Amour, toujours sur le label Bonbonbon. Entourée de Christophe Charest-Latif ainsi que de Julien Comptour, Philippe Noël et Christophe Rosset-Balcer, Vanille s’est inspirée de la sunshine pop qu’elle apprécie tant. Pour Section26, elle a accepté de nous proposer une sélection de chansons qui l’ont inspirées ou parmi ses favorites dans le genre. Voici donc dix merveilles des sixties, sélectionnées avec Amour par Vanille, autant d’occasion de redécouvrir cette grande période musicale dont le souvenir s’éloigne à mesure que ses participants tirent leur révérence. Cette musique reste pourtant d’une fraîcheur et d’une puissance évocatrice unique comme en témoigne les choix avisés de Rachel Leblanc dont on attend aussi l’album avec impatience.
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Ecouter ce qu’on a aimé joué par des groupes de maintenant, voilà le point de rupture pour certains qui imaginent ne pas pouvoir laisser la transmission faire son œuvre. On est forcément projeté en arrière en écoutant SCHØØL, mais ce quatuor formé par des membres d’autres groupes (Francis Mallari de Rendez-Vous, Erica Ashleson de Special Friend, Eggs et Dog Park, Jack Moase de Liquid Face et Alex Battez de Marble Arch) arrive à cristalliser l’état adolescent dans toute sa poésie émotionnelle dans ce premier album très réussi où les ballades rock font l’effet d’un scrapbook nineties illustré par quelques collages et dessins d’époque. Et cette projection dans un moment de vie fantasmé est surement le meilleur moyen d’échapper à la cruauté du moment. Comment ne pas résister au plaisir de demander au groupe quels étaient leurs fantasmes musicaux de teenagers… Continuer la lecture de « Selectorama : SCHØØL »
Joanny (à gauche) et Emmanuel (à droite) du Paris Popfest, entourant Miki Berenyi Trio / Photo : Philippe Dufour
A l’heure où à Paris, les lieux de concerts indie se raréfient à vue d’œil (même si Le Chinois à Montreuil a repris de plus belle hier soir, ndlr), les amateurs de pop de l’ombre peuvent toujours compter sur l’équipe infatigable de l’excellent Paris Popfest pour entretenir la flamme. Depuis plusieurs années, Joanny et Emmanuel sont parvenus à faire jouer une grande partie du gratin de l’indie pop canal historique, notamment Amelia Fletcher, White Town, 14 Iced Bears, Miki Berenyi (Lush), Lawrence, Michael Hiscock (ex-The Field Mice, The Gentle Spring), pour ne citer que les premiers me venant à l’esprit. Mais loin de tout passéisme, les deux compères n’ont jamais manqué l’occasion d’inviter les nouvelles pousses du genre, comme Jeanines, Lightheaded, Smashing Times, Roberta Lips ou nos Local Hero Eggs.
Et à voir le programme de l’édition 2025 qui aura lieu au Hasard Ludique les 18, 19, et 20 septembre prochain, on se croirait revenus au temps béni d’Indietracks, le très regretté festival anglais qui a vu passer tous les grands de l’ère C86 et leurs nombreux héritiers. A l’affiche on trouvera les valeurs sûres comme The Loft, Comet Gain, Would-Be-Goods et Essential Logic, mais aussi des formations plus récentes comme les très flyingnunesques Holiday Ghosts, les jeunes The Cords et pléthore d’autres surprises.
On ne dira jamais assez de bien des organisateurs de concerts comme Joanny et Emmanuel, sans lesquels la pop ne trouverait aucun asile et les groupes les plus cools ne pourraient venir répandre la bonne parole. Les deux éternels popkids parisiens viennent aujourd’hui nous parler de leurs chansons préférées. Continuer la lecture de « Selectorama : Paris Popfest »
Pour la cinquième fois déjà, la sublime Vallée du Tarn s’anime au son des « musiques hors normes, aventureuses et inclassables », comme le précise Benjamin Maumus, responsable de la programmation de ce festival engagé et militant, où la campagne s’impose comme écrin préservé. A Ambialet, petite commune de 500 âmes située à l’est d’Albi, « la découverte est de mise, tous les projets à l’affiche tous méritent le même intérêt, le même éclairage, pas de classement ni de tête d’affiche ici », nous confirme-t il. Un choix serein détaillé dans ce selectorama estival où il ne manque que les sons de la nature.Continuer la lecture de « Selectorama : Baignade Sauvage #5 »
Les liens complexes entre David Berman et son père dans une Amérique en perdition dans ce livre paru chez Le Gospel
Pascal Bertin (à gauche) et Adrien Durand (Le Gospel) aux Balades Sonores, Paris 18e / Photo : Aude Boyer
À l’occasion de la sortie de Au nom du pire : David Berman et Silver Jews face aux démons de l’Amérique (Le Gospel) nous avons demandé à notre Pascal Bertin National de se livrer à l’exercice du Selectorama, mais plutôt qu’une énième playlist commentée, nous lui avons laissé carte blanche pour parler des grands livres de l’Amérique, les siens, les nôtres, et ceux qui peuvent faire le lien avec celui que j’appelais, à l’occasion de la sortie de son dernier album de son vivant, notre Lou Reed personnel. Et au-delà de son unique recueil de poésie (Actual Air, Open City, 1999 réédité par Drag City en 2019) s’il est bien au moins un lien entre Berman et Lou c’est bien cet amour supérieur de la chose littéraire. D’ailleurs, s’il se lit souvent comme une enquête, Au nom du pire n’élude jamais cet attachement. On y retrace brillamment le parcours accidenté d’un artiste unique et supérieur. Le biais choisi, mettre en opposition deux carrières, celle du père et celle du fils, antagonistes en tout, et surtout sur leur vision du continent ; l’un ordure capitaliste, l’autre, lesté du plomb de cet héritage tachant tout de même d’y mettre de la beauté. Continuer la lecture de « Selectorama : Pascal Bertin »