
Depuis son retour aux affaires musicales en 2014, après une pause de près d’une décennie, Bill Pritchard n’a eu de cesse d’offrir les prolongements les plus dignes et les plus émouvants à une œuvre déjà considérable, initiée au milieu des années 1980. Au fil des ans et des rencontres – Frédéric Lo, Pete Doherty et, désormais, le poète canadien Patrick Woodcock, fan de la première heure avec lequel il cosigne ce mois-ci l’excellent Sings Poems By Patrick Woodcock, 2023 – il est ainsi parvenu à confirmer son statut de songwriter majeur et d’interprète élégant. D’une voix qui ne s’embarrasse plus de fausses pudeurs juvéniles et qui dissimule moins que jamais la patine de l’âge, il confère des résonances touchantes et intimes à ces textes pourtant rédigés par un autre. Entre références fondatrices et coups de cœur encore frais, il fait preuve d’un même enthousiasme communicatif lorsqu’il s’agit de raconter les chansons des autres. Continuer la lecture de « Selectorama : Bill Pritchard »
The Wireless Revolution n’est sorti que depuis quelques jours et le constat s’impose avec la même évidence implacable qu’à l’accoutumée : il est déjà devenu difficile d’écouter autre chose que ces chansons incrustées tout près du cœur. Pourtant, en dépit de cet intitulé trompeur qui évoque ironiquement le Grand Soir technologique, rien n’a vraiment changé dans l’univers désormais délicieusement familier d’
L’essentiel semble d’emblée condensé dans la grâce d’un titre. New September Song en l’occurrence, comme un clin d’œil presque trop évident adressé au poids de l’Histoire passée – September Gurls – et une promesse de renouveau d’arrière-saison. Quelques mois après son soixante-dixième anniversaire,
Quand ils étaient jeunes, ils aimaient bien faire du bruit avec leurs guitares. Quand nous étions jeunes, nous avons parfois pris plaisir à les écouter. Au-delà de ces quelques réminiscences triviales, il n’y avait pas forcément grand-chose à attendre, en 2023, de ce qui ressemblait fort à une réunion d’anciens combattants du 
Les trois minutes réglementaires du format canonique de la chanson pop ont toujours constitué un carcan formel à partir duquel les grands auteurs s’efforcent de proposer leurs déclinaisons personnelles. Une référence contraignante et féconde à la fois. Trois minutes donc, ou un peu plus : il y a ceux pour lesquels ce n’est pas assez ; d’autres – plus rares – pour lesquels c’est déjà trop. Depuis quelques années déjà, on sait que 