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I Like 2 Stay Home #9 : Pop Lane

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Il est temps que cette histoire soit racontée, comme chantait l’autre. La période est propice au surgissement des souvenirs et, vingt ans plus tard, les filtres de la mémoire ont suffisamment fait leur œuvre pour ne retenir de l’aventure Pop Lane, à laquelle j’ai eu la chance de participer un peu, que les éléments les plus marquants. La passion commune de ces quelques garçons – les quatre associés fondateurs et tous les autres compagnons de route – pour une certaine idée de l’indie-pop ; leur envie communicative de rendre accessibles dans des magasins où l’on vendait encore parfois davantage de disques que de percolateurs ; ces perles rares dénichées dans les catalogues foisonnants des labels espagnols ou anglo-saxons ; l’entrepôt toujours bordélique, souvent enfumé, au sous-sol de la Cité Paradis et le baby-foot sur-utilisé ; les disques, surtout, sélectionnés sur la fois de coups de cœur collectifs et parfois balancés comme autant de bouteilles à la mer dans l’espoir pas si vain qu’ils finissent par rencontrer des oreilles attentives. Tout cela n’a duré qu’un temps – six années, de 1998 à 2004. Seules demeurent quelques solides amitiés et une poignée de chansons considérables. Comme un panorama totalement subjectif de ce que fût l’indie-pop au tournant du siècle dernier. Continuer « I Like 2 Stay Home #9 : Pop Lane »

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#7 : Orchestre Les Kilt’s, Jerk Bastos (Bastos, date inconnue)

Bastos sous le cendrier.
Bastos sous le cendrier.

Au matin du 7ème post le confiné éprouva le besoin de faire une pause. Sur le sol de la grotte-bureau s’étalait une sélection mouvante de 45 tours devant laquelle il ne cessait de tergiverser. L’idée d’un combo Teenage Filmstars / Missing Scientists l’avait effleuré, vite rattrapée par l’envie de lever le coude avec Will Oldham, avant que s’impose le Adieu Paris des Fils de Joie, momentanément. Ou alors les Specials ? Et pourquoi pas Saint Etienne, Unrest, Kid Pharaon & The Lonely Ones, les Nails ? Sans oublier le fameux disque volé qui, pris au pied de la lettre, autorisait un post à la Poe. La plupart de ces choix flattaient sa veine potache. Il craignait que celle-ci change de braquet et lance une échappée qu’il aurait du mal à contrer dans ce tour du sillon en 45 jours qu’il s’était imposé. Le texte consacré aux Tindersticks, écrit comme dans une parenthèse enchantée, avait suscité quelques retours. Il en avait été touché mais devinait, et c’était là une sensation à la fois amère et rassurante, qu’il ne ferait pas mieux, du moins pas dans cette configuration quotidienne à flux tendu. Continuer « #7 : Orchestre Les Kilt’s, Jerk Bastos (Bastos, date inconnue) »

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I Like 2 Stay Home #5 : Lucio Battisti

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Je conserve soigneusement une compilation semi-licite de l’édition 1969 du Festival di Sanremo. Non pas pour France Gall qui s’y produisit — comme elle s’est produite dans tous les concours de chants de l’après-guerre –, pas non plus pour la chanson qui remportera le concours, Zingara de Bobby Solo et Iva Zanicchi. Un couple que l’on croirait sorti d’un roman populaire : lui, cheveux en arrière et visage coulant de maquillage et elle, triste et malicieuse poupée de téléviseurs.

Non, je la conserve pour ce qui, dans les sillons, manque : les manifestations nourries alors que l’Italie entre dans les années de plomb, le premier attentat des dites années, le contre-Sanremo socialiste qui se produisit en même temps, et, plus que tout encore, Lucio Battisti. Continuer « I Like 2 Stay Home #5 : Lucio Battisti »

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#4 : Gang of Four, At Home He’s a Tourist (EMI, 1979)

Gang Of Four
Gang Of Four chaleur tournante.

Cette histoire de gouttière toujours pas réparée (cf. #2) va finir par m’en coûter, je le crains. Ma femme télétravaille, les enfants ont des télécours et des télédevoirs, et moi, histoire de recoller au peloton, je clame que je suis au téléchômage. Dès lors m’incombe une large part des tâches ménagères, les courses, le bricolage, le jardinage, et que sais-je encore. Sauf qu’évidemment, fidèle à ma mauvaise réputation, j’en fiche pas une rame. Cumul des manquements plutôt que des mandats, et lourds cumulus nimbus qui s’agrègent au-dessus de ma tête. « Là, papa, ça commence à devenir tendu », ironisent les kids. Alors hier, quand ma femme m’a lancé, l’œil noir et des éclairs dans la voix, que je me comportais comme un touriste dans ma propre maison, ma réaction ne s’est pas fait attendre : je n’ai pu m’empêcher de lui sourire en retour et de la gratifier d’un tendre baiser. Pour mieux me précipiter ensuite dans ma grotte (car on est d’accord, Leroy Merlin et Bricomarché, c’est bien fermé ?), déterminé à retrouver ce single (leur deuxième, si je ne m’abuse) de Gang of Four qui se rappelait ainsi à mon bon souvenir. Continuer « #4 : Gang of Four, At Home He’s a Tourist (EMI, 1979) »

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I like 2 Stay Home #3 : If you need me, call me on my shell

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

Vingt-six titres avec sea, ocean ou beach dans le titre parce qu’on a bien besoin d’une grande bouffée d’air métaphoriquement iodée. Choix un peu aléatoire, ordre tout aussi aléatoire, la mer n’obéit pas aux ordres, n’est-ce pas ? Continuer « I like 2 Stay Home #3 : If you need me, call me on my shell »

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#2 : The Monochrome Set, Apocalypso (1980, Dindisc)

The Monochrome Set Apocalypso
Apocalypso sur le grill.

Rien ne presse. On ne va pas de sitôt vous inviter à danser la carmagnole sur les décombres. Ni à céder aux sirènes de la collapsologie ou prêter le flanc aux théoriciens de l’effondrement, Cassandre a la pensée moins complexe que nébuleuse. N’empêche que flotte dans l’air comme un parfum de fin, fin de règne plutôt que du monde, que, tout confiné qu’on est, on pourra au choix conjurer ou célébrer par de lascifs déhanchements sur nos dancefloors improvisés. Pour ce faire on avait d’abord extrait de la pile le Death Disco de Public Image Limited, vite remisé car décidément trop martial en cette période kaki marine (faudra quand même se faire à l’idée de naturellement dégainer un Ausweis dès qu’on sort du bois pour se réapprovisionner en spiritueux). Continuer « #2 : The Monochrome Set, Apocalypso (1980, Dindisc) »

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I Like 2 Stay Home #2 : En Attendant La Reprise, Volume 1

Un mix thématique par jour à écouter en temps de confinement.

« Et si on publiait des compilations pour égayer les journées de nos lecteurs pendant qu’il sont confinés ? » « Ça tombe bien, j’ai une compilation de reprises que j’ai faite pour la naissance de mon fils. La reprise, c’est un joli thème pour cette période un peu angoissante. » Voici donc le premier volume d’En Attendant La Reprise, une compilation qui n’était pas du tout prévue pour ces circonstances. Cinquante-deux (soit deux fois vingt-six, vous avez bien compté) citations et réinterprétations, qui entre deux mystères, suggèrent aussi que les choses belles n’ont jamais de fin. Continuer « I Like 2 Stay Home #2 : En Attendant La Reprise, Volume 1 »

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#1 : The Sound Barrier, Excerpts fron The Suburbia Suite (1983, The Compact Organization)

The Sound Barrier sur le mur du jardin

A chacun ses gestes barrières. A défaut de pouvoir se barricader dans une suite du Normandy ou du Majestic, lieux emblématiques de l’enseigne fondée par feu Lucien B., ou de se lever et de se casser en toute impunité, on s’oblige à redorer le blason du chez soi, à polir l’harmonie du foyer, sis pour le coup aux confins de la Brie, dans cette zone floue entre banlieue et campagne – deux entités aptes à entrer en collision, au moins autant que les atomes de la famille nucléaire désormais assignée à résidence.
Parmi les gestes qui sauvent, reclus dans le bunker-bureau, celui de fouiller sans gants ni méthode dans les boîtes de 45 tours, et d’en extirper quelques vestiges oubliés. Ainsi ce (Excerpts from) The Suburbia Suite de The Sound Barrier qui tente de se rappeler à notre bon souvenir embrumé. Continuer « #1 : The Sound Barrier, Excerpts fron The Suburbia Suite (1983, The Compact Organization) »