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Selectorama : Xavier Boyer

Xavier Boyer
Xavier Boyer / Photo : JB Ambrosini

Ce week-end, les indie kids avertis seront (presque) toutes et tous au Paris Pop Fest au Hasard Ludique. Samedi, gardez un peu de votre attention et de votre passion pour Xavier Boyer. Si Lawrence est la tête d’affiche, il serait dommage de passer à coté du Normand, l’un des plus beaux orfèvres de la pop d’ici, dont les deux albums nous ravissent. Une carrière solo plus succincte que celle de son autre groupe (Tahiti 80), mais au charme unique qui depuis vingt ans nous séduit toujours. Après avoir discuté avec lui du Mot‘ il y a quelques mois, nous sommes ravis de l’accueillir pour un second Selectorama, fort du différent du précédent mais certainement tout aussi attachant et intéressant. Continuer « Selectorama : Xavier Boyer »

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Tahiti 80, Ballroom (Human Sounds)

Les années 90 sont si proches et pourtant si éloignées. Nous étions fringants et beaux. Notre soif d’idéalisme n’avait pas encore été perverti par un matérialisme galopant. Que reste-t-il de nos amours de jeunesse ? Évaporées en souvenirs diffus et sibyllins, quelques chansons émergent de la brume. Heartbeat est de celle-ci. La guitare funk blanc façon Orange Juice, son motif de synthétiseur obsédant (agaçant diront certains) et l’accent français de Xavier Boyer agissent de concert pour ressusciter notre candeur. Déjà quinze ans que Puzzle (1999) est sorti ! Près de deux décennies après leur formation Tahiti 80 est encore là. Durablement installé dans le paysage musical français, le groupe n’a jamais cessé de composer de très bons disques de pop, largement boudés par un grand public frappé de cécité ! Loin de se décourager, les Rouennais ont chéri leur formule magique : une pop bien écrite, légère, dansante, optimiste mais teintée de mélancolie. Dans les grandes lignes, un programme appliqué par la Motown pendant plus d’une décennie. Ballroom, sixième album ne fait que confirmer ce que nous savions déjà : Tahiti 80 est un groupe rare et unique en France. Les normands ont fait appel à Richard Swift (Foxygen). Ce dernier a bouleversé la routine de vieux couple de la formation, la poussant à expérimenter. Revigoré par l’expérience, le groupe s’amuse, accepte ses imperfections, les cultive même ! Ballroom n’en est que plus sincère et attachant. Toujours aussi doué pour les tubes, Tahiti 80 propose en hors d’œuvre son meilleur candidat (Crush). Un single dans la grande tradition du groupe, lointain écho aux Soul Deep et Easy . Le groupe, libéré de cette obligation morale, se lâche dans un disque réjouissant et inventif. Déluge de synthétiseurs analogiques (Coldest Summer), mélodies sixties (T.D.K.), pont psychédélique baggy (Back 4 More) la formation s’éclate à emprunter les itinéraires bis, sans jamais perdre de vue leur essence: de très bonnes chansons. Solid Gold conclut l’affaire avec panache, Tahiti 80 n’a pas l’intention de rendre les armes, les normands ont encore de belles années devant eux et le font savoir avec cet excellent Ballroom.