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Omertà, Âmes bleues (Standard in-Fi, Carton, ZamZam Records)

omerta

« Dormir dans les champs, entendre le vent effacer ton souvenir »

C’est en 2022 que Musique Journal, par la plume d’Etienne Menu, avait attiré mon attention sur ce super groupe lyonnais (encore un). Super au sens où il réunissait un aréopage de personnalités s’épanouissant chacun.es de leur côté dans la musique ou les arts. On rigole un peu avec cette notion de super groupe, parce que l’époque n’est plus à la bagarre d’ego, mais plutôt à la complémentarité, la transversalité, et tout cela fonctionne heureusement très bien à l’échelle du territoire et de ses souterrains. Avec, donc, pour ceux que je connais et ça suffirait déjà : Romain de Ferron, de Balladur, un des meilleurs trucs à voir en concert de ses dernières années, ou autre un autre Romain, Hervault qu’on a croisé dans Société Etrange. No offense, les autres, hein, comme on dit, de toute façon, « le tout est plus grand que la somme de ses parties ». Continuer la lecture de « Omertà, Âmes bleues (Standard in-Fi, Carton, ZamZam Records) »

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Averse, Comme toi (autoproduction)

averseEn procrastinateur 100% perdu dans le flux costaud de sorties, il se peut que des disques m’échappent à force de repousser leur micro analyse pour l’arrière-magasin ou Section26. Comme un CD qui aurait glissé sous le siège de la voiture, sans crier gare. Même pas écouté une fois, ou d’une oreille distraite, moins hip, moins beuz, il y a plein de raisons de passer à l’as dans ce monde de la surabondance. Il faut alors compter sur une bonne âme pour vous tirer l’oreille, que ce soit l’artiste lui-même, bien obligé d’assurer le s.a.v. en ces temps de vaches maigres, ou que ce soit un copain/copine des réseaux bien intentionné qui envoie un message succint : Eh gars, t’as écouté la chanson Écorce de Charles Virot ? Merci Laurent. Continuer la lecture de « Averse, Comme toi (autoproduction) »

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Odessey & Oracle, Technicolor (Dur & Doux)

« Nouvelle génération
Pas d’la chair à patrons
On veut plus travailler
Changer la société »

Quand on s’était repris de passion pour la chanson française dans sa grande acceptation contemporaine, on avait découvert émerveillés le disque d’Odessey & Oracle paru sur Another Record (Crocorama avec entretien dans Groupie, tout ça) puis on était remonté dans le temps pour leur premier francophone sur Bongo Joe, aussi parce qu’on avait l’intuition que leur histoire allait bien finir, genre une trilogie homogène, pochettes à l’avenant, tout ça, ligue de légende. On avait bien vu, même si le dernier chapitre à tarder à s’afficher, on ne rentrera pas dans les cuisines du groupe, mais on a là sans doute un album qui a failli rejoindre les mythes du lost album, si cher à nos cœurs crypto complo-complétistes : déjà enregistré, déjà pressé, mais empêché. Continuer la lecture de « Odessey & Oracle, Technicolor (Dur & Doux) »

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Camera Obscura, Let’s Get Out of This Country (Elefant Records, 2006)


« Drive for miles, and never turn off

We’ll find a cathedral city
You can be handsome, I’ll be pretty »

 

Camera Obscura, c’est 2006, et ça correspond à une époque de voyages initiatiques dans une petite voiture rouge siglée de chevrons argentés, enfin, une AX Citroën, quoi. Camping, parcourir l’Allemagne de bas en haut, pour monter en Suède, en passant par un ferry, dont la moquette profonde et odorante servira de lit pour une nuit,  pour arriver direct chez Kurt Wallander, remonter vers le nord, les routes droites, les forêts, les forêts et encore des forêts. On ne verra pas Stockholm, vaincus par la route. Je ne conduis pas, je te laisse cette charge,  pendant que je rêvasse à la portière, devant les paysages forestiers qui défilent. Continuer la lecture de « Camera Obscura, Let’s Get Out of This Country (Elefant Records, 2006) »

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Noir Boy George, Polytoxicomane de toi (Pan European Recording)

On attendait un retour en fanfare un peu plus bling pour la légende NBG, genre la même écurie que son compagnon galérien et sa Citroën Visa jaune par exemple, Jessica93, mais bon, Pan European Recording, c’est pas mal aussi. On n’a pas les bonnes sources, note pour plus tard.

A dire vrai, que ce soit sur cette maison sérieuse ou en cassette automaison dans une boîte de médoc recyclée (d’ailleurs on attend encore celle qu’on avait précommandée il y a des mois, si jamais y’a moyen, s’il vous plaît, merci bien), ça changerait pas grand chose au mythe qu’est devenu Nafi, sans le vouloir vraiment consciemment. On avait pu constater en plus lors de ces derniers concerts à Strasbourg que loin d’attirer les mêmes barbons et groupies habituels, la figure messine réunissait autour de lui un public plus intergénérationnel que jamais (des cheveux bleus à côté de dos gris dans la foule, ça ne trompe pas), ce qui ne l’empêchait pas de fumer ses clopes, concentré sur son synthé toujours un peu pareillement, à notre plus grande joie. Continuer la lecture de « Noir Boy George, Polytoxicomane de toi (Pan European Recording) »

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Les Louanges, Alouette ! (Bonsound)

« Qui est-ce que je suis
si je ne suis pas mes défauts ? »

Alors que je me tenais bien à l’écart de toute la littérature autour d’Angine de Poitrine, voilà-t-il pas que je subis indirectement les retombées de la célébrité éclair du duo aux petits pois, ces princesses : je m’apprêtais tranquilou à prendre ma place pour le festival près de chez moi – on en a tous un – patatras, c’est complet. Juste le samedi où je voulais voir un jeune québécois dont les extraits (Je confirme ma présence, GODDAM !…) de l’album à venir m’avaient captivé. Bah oui, en même temps, gros débile, c’est le soir où se produit le duo microtonal, pim pam poum. Plus de places, soldaoutte, prison. Continuer la lecture de « Les Louanges, Alouette ! (Bonsound) »

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Société Étrange, Heat (Carton Records)

 

Musique instrumentale de pleins, de déliés et de vides, cette Lyonnaise des eaux troubles nous plonge dans un monde de l’attente : d’un trajet sur une route de montagne, d’une planque dans un quartier chelou, d’une salle du même nom d’un dentiste ou d’un doc, d’un rendez-vous dans un café désert, d’une journée fériée… C’est tout un univers cinétique quasi immobile qui s’ouvre dans sa lenteur et sa masse, devant nous. Continuer la lecture de « Société Étrange, Heat (Carton Records) »

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Doggy, Un Jour Parfait (Anorak)

« L’heure sonne et je m’étonne encore d’être ici »

C’est le retour de Doggy, après leur album Radio .TP. sorti avant le confinement et qui correspondait à mon retour à l’écriture sur la musique. Ça tombait bien, je m’étais mis en tête entre autres de faire la chronique des gens de ma génération (peu ou prou) qui continuaient tranquillement à produire des disques et à écrire des chansons, suivant bonhommement leur chemin, forcément à l’écart des grands courants et des grandes modes du commerce. Au même moment, je sortais ce Langue Pendue rétrospectif sur l’anorak pop et la noisy pop en France du début des années 90 (le fameux Côte Ouest avec l’ami Franck Vergeade), et j’avais repris contact avec la bande de Limoges, structurée dans les nineties autour de la maison de disques Anorak et du groupe originel Caramel : Guillaume Bassard y tenait la guitare, Stéphane Balanche la batterie, et on les retrouvera émancipés dans Doggy donc avec Pierre Escarguel et Stéphane Pomedio. Continuer la lecture de « Doggy, Un Jour Parfait (Anorak) »