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BBMIX 2018 : America Endless

Endless Boogie

Toujours là, toujours là-bas (au bout de la ligne 9, arrêt Marcel Sembat), toujours vivant, toujours vital. On ne saurait mieux résumer l’exigence sans faille du BBMix festival protéiforme pour lequel notre attachement de cœur reste absolu depuis maintenant quatorze ans. Si l’ouverture ce vendredi soir proposera une soirée essentielle autour du label Saravah avec des rencontres scéniques attendues entre le vétéran Areski et une certaine frange débraillée (Borja Flames, ARLT, The Recyclers) des musiques franches d’ici, et que le dimanche soir promet son lot de frissons dystopiques avec entre autres Evan Crackshaw & The Dead Mauriacs, c’est sur l’impeccable buffet chaud-froid du samedi que nous allons arrêter notre attention, si vous le voulez bien. Quels deux plus grands opposés pouvait-on proposer, entre les tueurs à sang chaud Endless Boogie et les espions venus du froid Pan•American ? Cette affiche bien innervée résume à elle seule, le sautillement qui nous étreint à nous rendre, malgré les frimas, dans l’antre cosy du BB Mix. Et ce, depuis toujours, un coup d’œil à l’historique de la programmation suffira à nous faire cligner le panonceau « meilleur concert de ma vie » à plusieurs reprises (The Raincoats, Swans, Young Marble Giants, pour n’en citer que trois). Continuer « BBMIX 2018 : America Endless »

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The Posies, Frosting On The Beater (Omnivore Recordings)

Qui sont les Posies à l’heure où sort leur troisième album ? Une sorte d’anomalie dans un courant et une époque qui surfe sur la révolution Nevermind pour ne surtout pas trier le bon grain de l’ivraie. Il y a trop d’argent et de drogues en jeu. On vous passera la liste des containers entiers de la déchetterie que furent aussi ces années-là, mais s’il est bien un disque à réécouter sans a priori en gardant le souvenir d’une fanitude commencée là et largement confirmée depuis (Blood/Candy en 2010, chaudement conseillé), c’est bien Frosting On The Beater, véritable tour de force power pop d’une rentrée 1993 qui en comptait pourtant d’autres, ramenant le sceptre et le spectre de Big Star aux nouvelles générations, le récemment réévalué Thirteen du Teenage Fanclub en tête. Continuer « The Posies, Frosting On The Beater (Omnivore Recordings) »

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Teenage Fanclub, Thirteen / Howdy ! (Creation / Sony)

Vous l’aurez compris, Songs From Northern Britain (1997) fait une sorte d’unanimité au sein de la rédaction, et nous avons laissé le regard neuf et fougueux d’Alexandre Gimenez Fauvety prendre le soin de vous en parler. Cependant, on ne saurait passer sous silence ce qui fait aussi le piment et les contradictions de cette série Ô combien bienvenue de rééditions, celui de la réévaluation, de la remise à plat et de l’éventuelle redécouverte. Continuer « Teenage Fanclub, Thirteen / Howdy ! (Creation / Sony) »

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The Orchids

The Orchids
The Orchids / Photo : Michael Prince

C’était déjà parfaitement avouable à l’époque, c’est rétrospectivement encore plus flagrant, The Orchids étaient bien le groupe le plus classe, le plus doué et le plus génial jamais sorti du giron de Sarah Records, demandez donc à Stuart Murdoch ce qu’il en pense. Et c’est bien à cette source, autant que chez Felt ou Kaleidoscope (UK) que se sont abreuvés jusqu’à plus soif les disques de Belle And Sebastian. Continuer « The Orchids »

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Tony Molina, Kill The Lights (Slumberland / import)

On se souvient tous plus ou moins (enfin surtout nous, les jeunes, qui l’avons vu de son vivant) de notre réaction énamourée et définitive à l’écoute du premier morceau d’Eliott Smith que nous ayons entendus. L’évidence d’un talent supérieur, d’une propension à toucher les étoiles l’air de rien, et surtout du décalage entre la vision humaine, pas ramenarde, presque banale de la chose malgré son caractère divin, et l’air de rien, rien à foutre. Cet aspect désespérément morose et déprimant, et puis, 20 ans après, des regrets et un culte aussi évident que facile.  Continuer « Tony Molina, Kill The Lights (Slumberland / import) »

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Spiritualized, And Nothing Hurt (Bella Union/Pias)

Spiritualized And Nothing HurtMême si on s’en doute toujours un peu, avec une sorte d’excitation un peu stupide mais toujours renouvelée plus de trente ans après, si l’on inclut ses débuts mirobolants au sein des Spacemen 3 (Playing With Fire – 1988, meilleur somnifère imagé de nos insomnies intoxiquées adolescentes et bien au-delà…), on ne sait jamais exactement ce que Jason Pierce va mettre dans sa boîte à musique. Continuer « Spiritualized, And Nothing Hurt (Bella Union/Pias) »

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Papa M, A Broke Moon Rises (Drag City)

Papa M, A Broke Moon RisesAprès le constat d’accident et les demandes de réparation formulées sur Highway Songs (2016), disque somme néanmoins varié des traumas vécus par David Pajo sur la dernière décennie (adultère, tentative de suicide, catastrophe motocycliste), notre homme a tout bonnement choisi de quitter la voie rapide. À l’instar d’un Townes Van Zandt, qui partait vers les bois dès qu’il sentait la dépression l’empêcher de tout contact humain, ou d’un Jim Harrison qui préféra souvent la compagnie des arbres et des animaux à celle de ses semblables, Pajo a préféré se perdre en forêt pour une raison bien précise : y construire une cabane en bois pour mieux s’y abriter. Continuer « Papa M, A Broke Moon Rises (Drag City) »

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Dans les terres d’Ecosse / Les oubliés #4 : Melody Dog

En plein milieu d’une saison 1991/92 déjà chargée, l’irruption de seulement deux quarante-cinq tours signés Melody Dog fit pourtant un grand bruit d’amour. Coup de foudre immédiat de l’International Pop Underground pour le duo formé par Pat Laureate et Katrina Mitchell, deux bonnes copines de fac. Sous couvert de colocation, elles commencent à enregistrer des morceaux qu’un affreux paternalisme des termes en vogue à l’époque décrit alors comme brico-lo-fi. Continuer « Dans les terres d’Ecosse / Les oubliés #4 : Melody Dog »