Comment défendre les trois d’Hoboken face à ceux et celles qui les considèreraient comme le groupe le plus ennuyeux au monde ? Derrière cet intitulé volontairement barbare se cache pourtant un forme de reproche qui ne sera pas loin de dicter notre rapport à Yo La Tengo, groupe intime devenu d’une taille institutionnelle respectable et dont les nuances s’établissent depuis 1986 sur un non plan de carrière qui, si on l’observe sur le long terme, ne peut que forcer le respect. Et l’une des qualités de ces gens est précisément de n’être que réconfortants. Ce qui n’est à proprement parler, jamais chiant. Juste, en s’immisçant dans les interstices de notre besoin de consolation, le groupe arrive généralement à diffuser une sorte de vague tristesse combative sans vraiment s’y confiner, en laissant toujours la porte ouverte. À l’empathie, au combat, à une exaltation en demi-teinte, même.
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Lomboy est de ces projets pop sucrée et sensuelle tel qu’il en pleuvait au milieu des années 90, et dont le haut du panier était constitué des écuries très international jet-set Tricatel (April March, Ladytron), Bungalow (Arling & Cameron, Laila France, Spring), L’Appareil-Photo (Fantastic Plastic Machine), Heavenly Records (Saint Etienne), Siesta (Mr Wright) et consorts. Mais attention, ce projet n’est en rien revivaliste dans ses ambitions.
“Maybe I’m Crazy”, martèle Mark Perro, leader des frénétiques The Men, sur le titre d’ouverture de Drift. Le spectre de The Soft Moon est là : nous sommes bien chez Sacred Bones Records, la maison-mère. En 2016, après cinq albums sur le label new-yorkais (au rythme d’un par an entre 2010 et 2014), le groupe s’auto-produit et enregistre en un week-end l’abrasif Devil Music, une régression punk-rock DIY, semblable à une vieille maquette exhumée du grenier. Il ne s’agissait que d’une incartade : Drift, par son éclectisme, s’inscrit dans la lignée du chaleureux Open Your Heart (2012).
Je me souviens très bien de l’appartement de Jowe Head à Stoke Newington où ces morceaux ont été enregistrés. C’était l’été 1990 et nous étions allés à Londres rencontrer les Television Personalities pour une interview «
La tentation est grande de rester en territoire connu, dans les frontières familières que dessinent des labels ou des artistes déjà croisés, des genres identifiés. C’est ce qui guide souvent la main au moment de choisir un disque dans la pile de ceux qui arrivent chaque semaine, sans discontinuer, les derniers reléguant au fond ceux d’avant.
Rares sont les occasions de pouvoir assister en direct à la disparition programmée d’une œuvre, d’un artiste, d’un monde. C’est pourtant à cela que s’attèle méticuleusement Leyland James Kirby depuis l’année dernière pour mettre un terme à son projet The Caretaker, qu’il mène en solitaire depuis près de deux décennies.
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