Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : Straight Arrows

Straight Arrows / Photo : DR
Straight Arrows / Photo : DR

Pour avoir eu le bonheur de me trouver en juillet dernier au Folk Blues festival de Binic, – point de rendez-vous hexagonal de tous les adeptes de garage, de rock and roll et de punk -, je n’hésiterais pas une seconde à décerner la palme de la coolitude aux Straight Arrows. Avec d’autres groupes australiens à l’affiche comme Dom Sensitive ou Clamm, le quatuor de Sydney est même parvenu à relever le défi a priori impossible de me consoler de l’annulation de Tee Vee Repairmann, pour lequel j’avais traversé la moitié du pays. Menés de front par l’inépuisable Owen Penglis, enchaînant leurs innombrables tubes avec une énergie, un sens du fun et un enthousiasme sans limite, les quatre Sydnéens auront mis le public dans leur poche à chacune de leurs prestations (car à Binic chaque groupe doit jouer le vendredi, le samedi et le dimanche). Piochant dans tout leur répertoire, ils n’avaient que l’embarras du choix en matière de hits imparables. On n’aura pas non plus boudé notre plaisir de les voir reprendre What Do I Get des Buzzcocks ou l’excellente Ice Pick de Supercharger, transformée pour l’occasion en Dog Bite, en référence à la récente morsure de chien qui a valu à Owen de jouer de la gratte avec un bandage sur la main droite, sans que celui-ci ne semble en avoir été le moins du monde affecté.

 

Continuer la lecture de « Selectorama : Straight Arrows »

Catégories selectorama

Selectorama : Twisted Teens

Twisted Teens / Photo : Martin Crudo
Twisted Teens / Photo : Martin Crudo

Si on en croit Tennessee Williams, « il n’existe que trois villes aux Etats-Unis d’Amérique : New York, San Francisco et La Nouvelle-Orléans. Partout ailleurs, c’est Cleveland. » Il se trouve justement que les Twisted Teens viennent de la Nouvelle-Orléans. Et s’il existe pléthore de formations issues de Big Apple ou de la Mecque du flower power, c’est chose bien moins courante pour un groupe d’indie rock que d’être originaire de la capitale de la Louisiane. Emmenés par deux compères un peu atypiques nommés Caspian Hollywell et Jamon Joseph Santos, le groupe a commencé à enregistrer en 2024, laissant déjà derrière lui plusieurs albums plus que réjouissants. Beaucoup les auront découverts en 2025 avec leur tube immédiat Is it real?, narrant un épisode d’internement en hôpital psychiatrique, mais tous leurs disques – publiés à un rythme effréné -, valent le détour et contiennent beaucoup d’autres perles de ce genre. Il suffit d’aller tendre une oreille à The Wire Get Cut Now, Wild Connection, 100 Bill is Gone, Circus Clows ou Marionette pour s’en apercevoir. Leur recette ? enregistrer dans l’urgence, sans fioritures – Caspian ne possède aucune pédale d’effet et fait tous ses réglages directement sur son ampli -, mais avec le souci de garder un son bien à eux. Continuer la lecture de « Selectorama : Twisted Teens »

Catégories Epic SoundtrackÉtiquettes , , ,

« Big Pink » par The Cudgels (1989)

Et si la meilleure chanson d’indie pop jamais enregistrée était l’œuvre d’un groupe dont même bien des vétérans des eighties n’ont jamais entendu parler ? Bon ok, je démarre peut-être un peu fort là, mais je n’exagère qu’à moitié, car je tiens vraiment Big Pink de The Cudgels pour une de ces merveilles cachées dont on se demande comment elle n’a pas pu devenir un classique. Continuer la lecture de « « Big Pink » par The Cudgels (1989) »

Catégories selectoramaÉtiquettes , , , ,

Selectorama : Rachel Love

Rachel Love / Photo : DR
Rachel Love / Photo : DR

Rachel « Love » Bor avait bien caché son jeu. On connaissait évidemment ses qualités de guitariste, de violoncelliste et bien sûr de chanteuse au sein de Dolly Mixture, groupe de filles solaires qui en pleine ère du punk avait préfiguré la vague indie pop qui allait suivre. Rachel, Hester et Debsey avaient à leur insu fait œuvre de pionnières. A la fin du groupe, en 1984, les fans avaient heureusement pu se consoler avec les disques solos de Debsey Wykes et son groupe Birdie. Mais nous n’avions pu découvrir que très tardivement les talents de compositrice de Rachel, dont le premier disque Picture in Mind n’avait vu le jour qu’en 2021, soit presque 40 ans après la fin officielle de Dolly Mixture ! C’est à cette occasion que Section 26 a eu le privilège d’interviewer Rachel qui avait un peu éclairci le mystère de sa disparition et de sa réapparition. Continuer la lecture de « Selectorama : Rachel Love »

Catégories borne d'écoute

Dans les petits chaussons de Slippers

Slippers
Slippers / Photo : DR

On pensait déjà beaucoup de bien de Slippers, dont l’album So You Like Slippers? (2024) contenait déjà quelques friandises savoureuses, comme en particulier la très entêtante ballade Nice Weather, au refrain vraiment irrésistible, dans une veine twee pop des meilleurs jours. Sortie un an après, la petite bombe Guess I Started a Band avait également eu de quoi nous faire bondir de joie par sa jubilatoire vitalité. Il n’était pas évident de faire mieux. Pourtant le dernier single de Slippers, Wants For Everyone, s’impose comme un pur et simple hit, immédiatement addictif, appelant au moins sa bonne dizaine d’écoutes d’affilée. Continuer la lecture de « Dans les petits chaussons de Slippers »

Catégories Epic SoundtrackÉtiquettes , ,

The Williams, I’m Nothing Special To You (1988)

Longtemps je n’ai connu qu’une seule chanson de The Williams et je n’ai pas cherché à en découvrir d’autres. I’m Nothing Special to You m’avait semblé se suffire à elle-même, tout comme un météore n’a nul besoin d’être accompagné pour illuminer le ciel. Je ne savais rien de ces Anglais et n’avais rien voulu en savoir. J’aurais pu m’enquérir de leur discographie, de leur ville d’origine, de l’identité de chaque musicien, mais j’avais délibérément choisi de laisser ce groupe demeurer pour moi une énigme. C’est certainement la nature même de I’m Nothing Special to You qui m’avait poussé à renoncer à en savoir plus, comme si je voulais maintenir ce morceau dans son halo de mystère. Continuer la lecture de « The Williams, I’m Nothing Special To You (1988) »

Catégories selectoramaÉtiquettes , , ,

Selectorama : Jacuzzi Boys

Jacuzzi Boys / Photo : DR
Jacuzzi Boys / Photo : DR

En décembre dernier, nous étions loin de nous attendre à la parution d’un nouvel album des Jacuzzi Boys dont le dernier LP Ping Pong était sorti il y a plus de dix ans déjà. Le trio garage pop basé à Miami – cousins éloignés des Black Lips, en moins déglingués quand même – n’avait pourtant jamais vraiment disparu du paysage. Depuis leur formation en 2007, les Floridiens s’étaient en effet toujours habitués à ravir régulièrement nos esgourdes avec une myriade de singles réjouissants. Depuis leur premier album No Seasons en 2009, salué à l’époque par Iggy Pop en personne, et qui contenait quelques mémorables bombinettes comme Smells Dead ou Island Ave, on avait apprécié la tendance des trois compères de Miami à osciller de vivifiantes punkeries comme Do The Coma ou Coral Girls vers des titres plus psyché comme Blowin Kisses, en passant par des tubes pop surf comme Bricks of Coconuts et Out of the Black ou d’autres, plus garage, comme Christian’s Tune (Don’t Go). Continuer la lecture de « Selectorama : Jacuzzi Boys »

Catégories selectoramaÉtiquettes , ,

Selectorama : Fly Ashtray

Fly Ashtray back in the days / Photo : DR
Fly Ashtray back in the days / Photo : DR

Un obscur webzine américain a décrit à raison Fly Ashtray comme “le meilleur groupe dont vous n’avez jamais entendu parler du monde”. S’ils n’ont étrangement jamais atteint la notoriété de formations esthétiquement proches comme Pavement, Sonic Youth, Half Japanese, Sebadoh ou Yo La Tengo, les quatre New Yorkais originellement formés dans le Bronx ont néanmoins toujours fait l’objet d’un micro-culte de la part de quelques fidèles. Alors qu’ils ont commencé à jouer en… 1983 ! Et en une bonne vingtaine de disques sortis depuis, les quatre vétérans sont pourtant très loin d’avoir dit leur dernier mot. La preuve avec leur tout dernier album Most of All Have Fun, qui impressionne par son souffle et son inspiration, comme si le groupe avait gardé intacte sa sève créatrice et que ses membres infatigables se faisaient plaisir comme à vingt ans. Continuer la lecture de « Selectorama : Fly Ashtray »