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Zuider Zee, Zeenith (Light In The Attic)

Il est quelque fois rassurant de constater que le travail ingrat de fouilles archéologiques dans le lointain passé de la pop permet encore d’exhumer des pièces importantes d’un patrimoine musical négligé ou carrément inconnu. C’est le cas aujourd’hui avec cet album inédit de Zuider Zee. Injustement relégué à n’occuper qu’une place dérisoire dans les notes de bas de page de l’histoire de la power pop sur la foi d’un unique album publié et trop vite enterré par CBS en 1975, cet obscur quartet américain mérite en effet d’être redécouvert et réhabilité.  Continuer « Zuider Zee, Zeenith (Light In The Attic) »

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Sparks

Sparks
Ron et Russell Mael / Sparks

Un chanteur androgyne à la voix haut perchée, un clone moustachu et inquiétant de Charlie Chaplin martelant sans sourciller sur son clavier une mélodie bubblegum : c’est l’image la plus marquante, parfois la seule, que l’on associe à Sparks. A moins qu’il ne s’agisse, francophilie oblige, des quelques séquences du clip de Tim Pope illustrant le tube Singing In The Shower (1989) co-interprété avec les Rita Mitsouko. Pourtant, au-delà de ces quelques impressions visuelles réductrices, ce duo californien fondé par les frères Ron et Russell Mael au début des années 1970 a su imposer, au fil de ses cinq décennies d’existence et de ses vingt-cinq albums, une empreinte profondément originale dans l’histoire de la pop. Continuer « Sparks »

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The Yetis, Little Surfer Girl (Discos de Kirlian)

L’univers réserve parfois des connexions insoupçonnées, comme tomber sur un tweet d’un label espagnol que nous suivons à propos d’un groupe américain, sur lequel nous avons écrit il y a quelques années déjà. Merci donc aux Barcelonais de Discos de Kirlian de nous permettre de nous rappeler au bon souvenir des Yetis d’Allentown en Pennsylvanie. Continuer « The Yetis, Little Surfer Girl (Discos de Kirlian) »

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Sleep, The Sciences (Third Man Records)

SleepLa trajectoire de Dopesmoker (2003), le précédent album de Sleep, est édifiante. C’est à elle seule un chapitre entier de l’histoire du metal. Après leur deuxième LP, le remarquable Holy Mountain (1992), le trio signe chez London Records. On leur promet une liberté artistique totale. Ça tombe bien, Chris Hakius, Al Cisneros et Matt Pike sont alors en train de composer un morceau d’une heure. Continuer « Sleep, The Sciences (Third Man Records) »

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The Nerves, The Nerves (auto-produit)

Depuis Los Angeles, cité des rêves déchus, épicentre de l’industrie du film et en partie de la musique, The Nerves n’auront, en quatre années d’existence (1974-1978), sorti qu’un unique EP 4 titres, auto-publié en 1976. S’ils n’ont guère laissé une discographie pléthorique, il serait cependant malheureux de s’en tenir à ce court curriculum vitae tant le groupe marqua les esprits, a posteriori de son existence. Continuer « The Nerves, The Nerves (auto-produit) »

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Triptides, Visitors (Requiem Pour Un Twister)

TriptidesTout est joué depuis bien longtemps, c’est entendu. Et alors ? Pour qui refuse de restreindre son inextinguible soif de découverte musicale dans un monde et une époque où l’inouï est en voie de disparition, les solutions ne sont pas nombreuses. En l’occurrence, il n’y en a probablement que deux – pas forcément incompatibles d’ailleurs : investir dans une énième réédition modérément augmentée de  Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ou de Forever Changes pour tenter de dénicher, au détour d’une piste alternative ou d’un mix inconnu, les effluves de l’inédit, seules susceptibles de procurer à ceux qui sont nés trop tard la sensation de la découverte rétrospective d’un chef d’œuvre mille fois ressassé. Ou bien écouter Triptides. Continuer « Triptides, Visitors (Requiem Pour Un Twister) »

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Grouper, Grid of Points (Kranky)

Grouper - Grid of PointsDu diptyque A I A en 2011 jusqu’aux siamois Dragging A Dead Deer Up A Hill et The Man Who Died In His Boat, la discographie de Grouper semble peuplée de disques jumeaux et de doubles fantomatiques qui se seraient perdus dans les ténèbres. Ils se confondent, se répondent et se dissolvent pour ne former qu’un seul et unique sentiment flou et tendre. Un rayon parfait, droit et infini, fruit d’un songwriting dont les multiples humeurs en miroir ne font que mettre en lumière son inaltérable constance et sa désarmante pureté mélodique. Continuer « Grouper, Grid of Points (Kranky) »

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The Cars : Chérie, j’ai rétréci le gloss !

The Cars en 1980. Photo : DR

Dans While we’re young (2015), la satire de Noah Baumbach qui confronte la génération X vieillissante avec celle des hipsters, il y a cette scène où Adam Driver (le djeunz) fait écouter au casque Eye Of The Tiger à Ben Stiller (le quadra en crise). Ce dernier lui lance : « Je me souviens quand cette chanson est sortie, c’était considéré comme naze. Mais ça fonctionne ! ». Le personnage d’Adam Driver ne peut pas saisir le retournement par lequel le ringard d’hier a pu devenir cool, et pour cause : quand Rocky III est sorti, il n’était pas né. Pour lui la chanson de Survivor a toujours été « cool » : elle n’est rattachée à aucun affect personnel qui l’aurait fait passer par toutes les phases du jugement, de l’enthousiasme enfantin sans recul jusqu’à l’attendrissement rétrospectif de l’âge mûr, en passant par les oukases du snobisme adolescent qui auraient relégué Eye Of The Tiger dans les limbes de la nullité. Ces phases de jugement, Ben Stiller les a traversées : séparer le bon grain de l’ivraie, pour finalement, la maturité venue, revenir de toutes les postures, c’est toute notre histoire.

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