Catégories chroniques, livresÉtiquettes , , , , ,

Belkacem Meziane, Night Fever, 100 Hits qui ont fait le Disco (Le Mot et le Reste)

Un an à peine après On The One!, L’Histoire du Funk en 100 albums, déjà publié par la maison d’édition Le Mot et le Reste, le conférencier passionné Belkacem Meziane revient avec un ouvrage consacrée au disco : Night Fever, 100 Hits qui ont fait Le Disco. Le musicien français sort ainsi légèrement de sa zone de confort (le funk) pour nous proposer un tour d’horizon très complet du genre phare des années soixante dix. La structure de l’ouvrage suit la ligne éditoriale du Mot et du Reste : un essai d’une trentaine de page suivi d’une sélection de cent disques. Petite originalité, les morceaux remplacent judicieusement la sélection d’albums attendue. Cette singularité permet ainsi de mettre en valeur le format maxi 45 tours si important dans le genre. Dans les sillons amples des douze pouces, les remixeurs de génie (Walter Gibbons, Tom Moulton, Larry Levan etc.) étirent les chansons jusqu’à l’extase, loin des contraintes des sept pouces et des LP. Continuer « Belkacem Meziane, Night Fever, 100 Hits qui ont fait le Disco (Le Mot et le Reste) »

Catégories chroniques, livres, portraitÉtiquettes , , , , ,

B-Boy Bouillabaisse : Beastie Boys Book vs. Beastie Boys Story 

Vous voyez ces pontifes qui vous toisent des cimes de leur culture au détour d’une banale conversation devant un bar, généralement, pour vous expliquer que « le film est pas mal, mais le livre est tellement mieux » ? Tentons aujourd’hui de ne pas faire comme eux, car s’il y a bien un groupe culte qui ne saurait être associé à ce genre de pédanterie, c’est bien les Beastie Boys. Néanmoins… Continuer « B-Boy Bouillabaisse : Beastie Boys Book vs. Beastie Boys Story « 

Catégories livresÉtiquettes , , , ,

Debbie Harry, Face it (Harper Collins)

Debbie Harry
Debbie Harry

Icône punk, sex-symbol, blonde atomique… Les clichés sur Debbie Harry sont aussi nombreux et inévitables que les innombrables représentations qui existent de son visage parfait. C’est d’ailleurs ce qui l’a poussée à choisir ce titre, Face It, pour ses mémoires illustrées de photographies connues (celles de Chris Stein) et d’œuvres envoyées par les fans, conservées par l’intéressée au gré des déménagements. Si de prime abord, l’inclusion de cet « artwork » semble un peu mièvre (« Merci mes fans, rien n’aurait été possible sans vous… »), il est en fait le vrai révélateur du mystère Debbie Harry et de sa dualité, où se côtoient le culte punk (les photos de Chris Stein avec le t-shirt Vultures) et le glamour international (le premier visage « imprimé par ordinateur » de Andy Warhol), le comique naïf (les dessins franchement hideux) et le turpide (même discrète, la drogue est souvent « visible »).

Continuer « Debbie Harry, Face it (Harper Collins) »

Catégories livresÉtiquettes , , , , ,

Hugues Blineau, Le jour où les Beatles se sont séparés (Mediapop Editions)

Beatles Hugues Blineau
Photo : Hugues Blineau via la page facebook du livre

Le 10 avril 1970, je ne suis pas née. Je ne suis même pas encore à l’état de projet pour mon père et ma mère qui, par ailleurs, ne se sont pas encore rencontrés. En avril 1970, ma mère fait l’amour pour la première fois, je le sais car j’ai retrouvé son journal d’adolescente lorsque j’ai vidé son appartement après sa disparition. Le 10 avril 1970, les Beatles se séparent et si je ne suis pas sûre que cette nouvelle perturbe beaucoup ma mère, je suis en revanche certaine que mon père, ses cheveux longs et sa guitare en sont assez peinés, lui qui adorait George Harrison à qui il ressemblait vaguement. Mais de tout cela, je me fiche pas mal, je n’ai jamais été très fan des Beatles, même si comme tout le monde je peux citer un certain nombre de leurs chansons. Il y a celles que je déteste comme Ob-La-Di, Ob-La-Da ou Let It Be, et celles que j’aime beaucoup comme Sexy Sadie ou Come Together, mais il faut bien avouer que je ne me relève pas la nuit pour les écouter. Je me souviens d’avoir entendu les démos du White Album avec un garçon et d’avoir trouvé que Happiness is a warm gun était meilleure ainsi. Mais j’ai aussi souvent discuté avec un autre garçon qui qualifie les Four Guys de baltringues. Et, comme il est du genre persuasif, il a fini par m’en convaincre. Continuer « Hugues Blineau, Le jour où les Beatles se sont séparés (Mediapop Editions) »

Catégories livresÉtiquettes , , ,

Bertrand Bouard, The Band (Le Mot et Le Reste)

The Band
The Band

On peut s’en amuser ou s’en plaindre. Comme toutes les étiquettes commodément apposées sur des œuvres qui échappent, par essence, à toute réduction mercantile, celle-ci a fini par désigner à peu près n’importe quel produit susceptible d’attiser l’attention du chaland en quête d’authenticité factice ou d’imagerie estampillée « cowboy friendly ». La preuve ? Les moteurs de recherche interrogés à l’heure de rédiger cette chronique sur les usages du terme renvoient aussi bien à des restaurants fourguant sans vergogne leurs burgers de pacotille qu’à des paires de chaussure conçues en Germanie, voire – on préfèrerait ne pas en apprendre autant tous les jours – aux intitulés de disques signés par The Offspring ou Roch Voisine. L’Americana se vend donc partout et le vocable, inventé par la presse anglo-saxonne dans les années 1990 pour désigner les héritiers autoproclamés de The Band, n’est donc d’aucune utilité. Raison de plus pour en revenir aux seules sources historiques et s’offrir, à l’occasion de la publication d’une première biographie francophone, une revisite de ces monuments discographiques, parmi les plus fréquentés de la fin du XX° siècle et sans lesquels un bon tiers – soyons prudent dans l’estimation chiffrée – de ce que nous écoutons aujourd’hui n’aurait jamais existé. Continuer « Bertrand Bouard, The Band (Le Mot et Le Reste) »

Catégories livresÉtiquettes , , , , ,

Christian Casoni, Juke, 110 portraits de bluesmen (Le Mot Et Le Reste)

Christian Casoni Juke 110 portraits de Bluesmen Le mot et le resteJ’ai passé la semaine coincé, avec le sentiment de vouloir péter plus haut que mon cul, à vouloir être à la hauteur et à finalement accumuler les fichiers, brouillons, tentatives. Je voulais aussi moins parler de moi en parlant tout de même d’esthétique, donc d’émotions, avec plein de termes élégants et généreux, ceux qui donnent au lecteur le sentiment d’être intelligent, et c’était à ce moment que ça finissait toujours par coincer, version après version, fichier après fichier, brouillon après brouillon, j’étais en train de pondre invariablement le même article, ce feel-intelligent-text – une vieille idée de la maison, comme il y a des feel-good-movies – avec dessus une couche de contentieux, je voulais prouver des choses – essentiellement que j’avais raison, bref, l’inverse de l’objectif. J’étais en train de patouiller comme tous à Section26, j’ose l’imaginer, on patouille parfois : mettre trop et pas assez – manquer d’angle. Continuer « Christian Casoni, Juke, 110 portraits de bluesmen (Le Mot Et Le Reste) »

Catégories livresÉtiquettes , , , ,

Dino par Nick Tosches

Dean Martin par Nick Tosches
Dean Martin

En 1992, feu Nick Toshes – qui nous a quittés il y a deux mois – publiait Dino, biographie délectable de l’indispensable Dean Martin, Saint-Empereur des cabotins, roi des crooners et véritable « consul du cool », pour reprendre l’expression parfaite de Tosches. Pourquoi faut-il lire ce bouquin ? Tout d’abord parce que Nick Tosches a proposé ici bien plus qu’une simple narration objective et factuelle de la vie d’un homme au destin hors norme. La grande qualité de son livre, c’est qu’il emprunte autant au journalisme d’investigation qu’à l’essai et qu’il n’hésite pas à mêler parfois le réel à l’imaginaire, rejoignant le domaine de l’authentique littérature. Par son talent de storyteller, Tosches nous embarque dès les premières pages dans un récit haletant dont l’atmosphère, les protagonistes et les anecdotes en rafales plongent le lecteur dans une ambiance digne d’un excellent film de Scorsese. Du début à la fin, on se régale à suivre l’ascension de Dino, depuis les tripots mal famés de Steubenville sa ville natale au airs d’un Chicago miniature où, encore adolescent, il officiait comme croupier , jusqu’aux casinos de Las Vegas et aux plateaux de cinéma hollywoodiens. On jubile à remonter aux sources du destin exceptionnel de ce fils de coiffeur italien qui, en quelques années et sans effort, deviendra une icône vivante de la culture américaine. Continuer « Dino par Nick Tosches »

Catégories livresÉtiquettes , , , , ,

NO ENCORE ! Musicians reveal their weirdest, wildest, most embarassing gigs, Drew Fortune (Post Hill Press)

No Encore! Drew FortuneL’autobiographie musicale est un genre particulier, puisque de part sa nature même, il ne constitue pas le premier choix artistique de son auteur, d’où une qualité souvent très inégale. En bas de l’échelle se trouvent les mémoires publiées pour des raisons financières (aucun artiste au sommet de sa gloire ne prendrait le temps de publier un livre), ou pour faire partager au monde la découverte de la sobriété / Dieu ou « la spiritualité »/ la famille. Heureusement, la motivation peut aussi être artistique, comme pour Patti Smith (Just Kids) ou Bob Dylan (The Chronicles), et dans une moindre mesure Ray Davies des Kinks (X-Ray, The Unauthorized Biography), qui en profitèrent pour (se) prouver qu’ils étaient plus que des songwriters de talent. Continuer « NO ENCORE ! Musicians reveal their weirdest, wildest, most embarassing gigs, Drew Fortune (Post Hill Press) »