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Jenny Hval, The Practice of Love (Sacred Bones)

sbr229-jennyhval-nobrand-300_1024x1024J’avais laissé Jenny Hval, écrivaine et compositrice norvégienne de 39 ans, dans un rêve. C’était lors de son EP tout en digressions et reflets The Long Sleep. Projet tout à fait conscientisé de s’adresser au corps de son auditeur, Hval y théorisait un flux de sensations et de mots pour détruire les codes du capitalisme numérique – son sujet était alors de déjouer les cadres du streaming. Revenue de cette expérience à même le rêve, la Norvégienne propose cette fois-ci un album qui n’a rien de digressif. The Long Sleep était un objet accueillant et relativement simple d’accès considérant le reste de la discographie de la compositrice, The Practice of Love sorti chez Sacred Bones, confirme et accentue cette orientation. Continuer « Jenny Hval, The Practice of Love (Sacred Bones) »

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Les Rythmes Digitales, Darkdancer (Wall Of Sound)

Les chroniques anniversaire de l’été

L’année dernière, PIAS rééditait un des classiques du catalogue du label anglais Wall Of SoundDecksanddrumsandrockandroll de Propellerheads. L’album fêtait ses vingt ans et constituait l’un des rares long formats classiques du Big Beat au coté de la discographie de Prodigy, Fatboy Slim ou des Chemical Brothers. La structure belge n’a cependant rien prévu pour Darkdancer des Rythmes Digitales, sorti le 24 mai 1999, disque également estampillé Wall of Sound. Continuer « Les Rythmes Digitales, Darkdancer (Wall Of Sound) »

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Blasco, Ghost Songs (autoproduit)

Les fantômes sont des morts mal enterrés. C’est, en tous cas, ce qu’affirment certains interprètes autorisés des mécanismes complexes du refoulement psychique. Et c’est ce fil que l’on s’attache à suivre en relançant, au fil des écoutes, leur interrogation féconde : de quelles tombes incomplètement scellées ont bien pu resurgir ces neuf Ghost Songs qui nous hantent sans relâche depuis l’instant saisissant de la première découverte ? Continuer « Blasco, Ghost Songs (autoproduit) »

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The Who, Tommy (Polydor)

Les chroniques anniversaire de l’été

Tommy The Who

Cinquante années et quelques semaines après sa sortie, Tommy demeure un disque encombrant, souvent pointé comme une catastrophe : le groupe rock adolescent formidable qui se rêve adulte et sombre ainsi dans la prétention, ouvrant la voie aux errances des années 1970 avant que n’arrive le salut par le punk. Autrement dit, l’affreux Tommy incarné par le chanteur Roger Daltrey, ses boucles et ses franges, qui entonne à Woodstock au premier degré certaines des graines de tout ce qui est censé foirer ensuite. Un opéra-rock inspiré par les prêches de Meher Baba, gourou du guitariste et leader Pete Townshend. Un truc trop sérieux pour être sérieux.

Cette histoire confortable, depuis qu’elle existe, est souvent racontée.

La vérité est forcément plus compliquée. Continuer « The Who, Tommy (Polydor) »

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Chicago, Chicago Transit Authority (Columbia)

Les chroniques anniversaire de l’été

Par réflexe œdipien, il est souvent question de rejeter les goûts des parents à l’adolescence et se plonger à corps perdu dans une musique qui, si possible, emmerde les vieux. Cette tradition a certainement perdu du poil de la bête dans certaines familles où le rock / metal s’est transmis de génération en génération mais il y a toujours quelque chose de viscéral à s’opposer symboliquement à ses géniteurs, et quoi de mieux que de le faire à travers les œuvres culturelles ? Continuer « Chicago, Chicago Transit Authority (Columbia) »

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Hibou, Halve (Barsuk Records)

Hibou HalveS’il ne s’agit pas de reprendre toute une dialectique opposant l’inconséquent à l’important, laissez-moi toutefois en dire deux mots. Polarisés depuis quelques années autour de disques intello et glitchy, les maîtres du bon goût américains nous ont appris à nous intéresser entre une ou deux heures aux artistes qui, selon les formules, révolutionnent la pop, l’emmènent là où elle n’avait jamais été, métabolisent la culture etc. Ce sont des disques importants et j’opine dans les dîners. « Ah oui Yves Tumor, Billie Eilish, passionnants, oui. »

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Fever B, The Lonely Sailor Sessions (Burger Records)

Les chroniques anniversaire de l’été

Dix ans à l’échelle de la musique représentent-ils quelque chose ? J’écoute encore avec le même plaisir des albums sortis il y a quarante (Undertones, The Knack), ou cinquante ans (Space Oddity de Bowie ou CTA de Chicago). Parfois nous avons  l’impression que ce passé étouffant ne laisse pas forcément le présent se faire une petite place. En dix ans, des carrières se sont défaites, le contexte politique a pas mal bougé et les genres musicaux à la mode aussi, malgré tout. Nous étions, en 2009, alors en pleine montée de la vague lo-fi, dont les grands noms se sont désormais éloignés (Ty Segall, Black Lips, Oh Sees, etc). The Lonely Sailor Sessions de Fever B est un peu le témoin de tout ça, il est surtout si représentatif du catalogue de Burger Records de cette époque. Continuer « Fever B, The Lonely Sailor Sessions (Burger Records) »

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The Pastels, Sittin’ Pretty (Chapter 22)

Les chroniques anniversaire de l’été

The Pastels Sittin'Pretty

« Parfois, j’aimerais qu’on fasse un disque aussi bon qu’On The Beach de Neil Young. Je pense que Sittin’ Pretty est ce qu’on a fait de mieux, mais ce n’est pas notre chef-d’œuvre. Si on arrive à faire dix chansons aussi bonnes que Ditch The Fool, Nothing To Be Done et Baby You’re Just You, alors on tiendra notre chef-d’œuvre. » (Stephen Pastel, Sounds, 12 août 1989) Continuer « The Pastels, Sittin’ Pretty (Chapter 22) »