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Blindtest : Ezra Furman

Ezra Furman
Ezra Furman

Avec huit albums en douze ans — si l’on compte aussi ses trois albums réalisés sous le nom d’Ezra Furman & the Harpoons, entre 2007 et 2011 –, Ezra Furman est assurément l’un des songwriters rock les plus prolifiques de ces dernières années. Auteur d’une pléiade de chansons aussi mémorables que I Wanna Be Your Grilfriend, Driving Down to L.A. ou I Killed Myself But I Didn’t Die, de brillants mélodrames pop aux accents subtilement fassbindériens, Furman est aussi, avec Ty Segall, l’un des rares songwriters contemporains à avoir su faire souffler un vent de fraîcheur sur un rock classique et soigneusement référencé qui, chez lui, ressemble à un étrange compromis entre le Bowie de Diamond Dogs (1974) et le Springsteen de Darkness on the Edge of Town (1978).
Il y a quelques semaines, en marge de son excellent concert à La Maroquinerie, où il était venu présenter Twelve Nudes, son sixième album solo qui lorgne ostensiblement du côté de ses héros punks, Ezra Furman acceptait de se plier à l’exercice du Blind Test et d’évoquer, à la fois, certaines de ses influences, son œuvre passée et la nature particulière de ses engagements politiques. Continuer la lecture de « Blindtest : Ezra Furman »

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Adam Green, Engine of Paradise (30th Century Records)

Adam GreenLe monde de l’art est injuste. Quand tant de musiciens besogneux peinent à accoucher d’une seule chanson valable dans toute leur carrière, d’autres, insolemment doués, publient régulièrement des disques entiers de classiques instantanés, sans même avoir l’air de se forcer. C’est le cas d’Adam Green. Avec Engine of Paradise, son dernier album tout de grâce et de légèreté, le New-Yorkais confirme une fois de plus son appartenance au club très fermé des authentiques songwriters.

Si les cultissimes Moldy Peaches, son premier groupe, ont été les porte-étendards de l’antifolk, genre emblématique d’une certaine époque, Adam Green est plus difficilement classable dans une catégorie définie. Il suit sa propre voie, en dehors des modes et des tendances. Il fait partie de ces artistes « inactuels » dont la personnalité et l’univers s’avèrent assez singuliers pour ne pas avoir besoin de se fondre dans un moule préexistant. Continuer la lecture de « Adam Green, Engine of Paradise (30th Century Records) »

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David Pajo, 1968 (Drag City, 2006)

David Pajo, 1968Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? Peut-être pour les quelques souvenirs qu’il m’avait laissés ou bien parce que ce soir, je n’(en) attendais pas grand-chose si ce n’est des moments de beauté qui viendraient se glisser entre les silences. Pourquoi l’avoir acheté à l’époque d’ailleurs ? Sûrement la pochette et les quelques histoires que j’avais lu sur lui. Ou peut-être ces mots lus récemment – « ….simplicité qui donne de la profondeur. » – ces mots qui m’ont fait penser à Bark PsychosisHex (1994)- , SlintSpiderland (1991)-, puis qui m’ont donné envie de. Tout ça, ce ne sont que des questions qui ne méritent pas de réponses. Continuer la lecture de « David Pajo, 1968 (Drag City, 2006) »

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Moon Duo : Révolution disco

Sanae Yamada Ripley Johnson Moon Duo
Sanae Yamada et Ripley Johnson, Moon Duo

Deux ans après le remarquable Occult Architecture, diptyque aussi fascinant que bizarrement clivant, Sanae Yamada et Ripley Johnson, les deux cerveaux de Moon Duo, reviennent aujourd’hui avec Stars Are the Light, un sixième album très réussi qui, tout en faisant tourner les boules à facettes d’une disco universelle largement fantasmée, élargit spectaculairement le champ du nouveau rock psychédélique que le duo façonne patiemment depuis 2010. Pour cela, Moon Duo a choisi de prendre un surprenant virage électro-pop, délaissant d’un coup les références appuyées à Suicide et Spacemen 3 pour mieux se rapprocher de sonorités discoïdes qui tranchent singulièrement avec tout ce que le groupe a pu produire jusque-là. Continuer la lecture de « Moon Duo : Révolution disco »

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Guerilla Toss, What Would The Odd Do? (NNA Tapes)

Pochette de Guerilla Toss, What Would The Odd Do?Une décennie que Guerilla Toss se démène dans son coin, ne sachant jamais tout à fait où mettre le curseur entre noise rock mal fagoté et art pop cinglé. Recruté chez DFA en 2015 où il a déjà signé une poignée d’albums, le groupe américain est exceptionnellement de retour sur son label originel NNA Tapes pour un EP cinq titres aux allures de nouvelle réinvention. La porte d’entrée idéale pour ceux qui avaient raté les chapitres précédents. Et il faut dire que What Would The Odd Do? donne terriblement envie de (re)faire connaissance avec le quintet, celui-ci balançant coup sur coup une série de missiles dance-punk irrésistibles et farfelus. Continuer la lecture de « Guerilla Toss, What Would The Odd Do? (NNA Tapes) »

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Ariel Pink’s Haunted Graffiti : Le pot aux roses

Ariel Marcus Rosenberg Pink
Ariel Marcus Rosenberg

« L’avenir de la musique !? Le passé est tout ce que nous avons. Le futur est tellement ennuyeux… » Je me souviens que cette réponse du génial Ariel Rosenberg m’avait soufflé, alors que je réalisais ma première véritable interview — qui plus est avec l’idole qui m’avait donné envie d’écrire sur la pop moderne. Cette assertion inattendue, évidemment provocatrice, était bien aux antipodes du cool tel qu’il était défini en cette année 2010 alors que le monde connecté faisait encore mine de croire, chaque mois, à l’embryon d’une nouvelle révolution musicale. Continuer la lecture de « Ariel Pink’s Haunted Graffiti : Le pot aux roses »

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Playlist Lee Hazlewood

Lee Hazlewood

Philippe Dumez raconte dans son délectable Je me souviens que les membres du groupe Hefner vendaient autrefois à la fin de leurs concerts des badges avec l’injonction « You should buy more Beach Boys albums », ce en quoi ils avaient mille fois raison. J’espère que je pourrai, avec la présente mixtape, persuader ceux qui ne seraient pas déjà acquis à sa cause de courir acheter des disques de Lee Hazlewood. En complément à l’article paru hier, voici, en deux possibilités d’écoute (playlist ci-dessus ou commentée ci-dessous), un petit parcours de mes chansons préférées du cow-boy à la voix d’or. David Kamp et Steven Daly n’ont qu’à bien se tenir ! Continuer la lecture de « Playlist Lee Hazlewood »

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Lee Hazlewood, cow-boy pop

Lee Hazlewood
Lee Hazlewood

Avez-vous lu l’hilarant et très instructif Dictionnaire snob du Rock de David Kamp, critique rock à Vanity Fair, et Steven Daly, ancien membre d’Orange Juice ? On y trouve pléthore d’anecdotes savoureuses et de listes en tout genre, ainsi que maints classements éminemment polémiques et subjectifs, supposés établir de manière irrévocable quelques « vérités » esthétiques définitives. Si les auteurs au goût très sûr se trompent plutôt rarement dans leurs jugements, certains classements inadmissibles peuvent inévitablement mettre en rage le lecteur. Ainsi, dans la catégorie « dix instances douteuses revendiquées par les rockologues », on trouve… Lee Hazlewood en solo ! Continuer la lecture de « Lee Hazlewood, cow-boy pop »