Extrait du clip de Les Marquises, Shape The Wheel.
Shape The Wheel est le quatrième extrait de La Battue, album sorti en juin et composé par le groupe Les Marquises. Le clip est cette fois réalisé par Anthony Le Grand et il est comme les trois précédents, splendide. Le choix des images d’archives (des travaux d’usine), le montage très cut et dessinant une chorégraphie de gestes répétitifs s’accordent avec le rythme de Shape The Wheel qui alterne entre moments calmes, voix presque élégiaque de Jean-Sébastien Nouveau et rythmes plus compulsifs. La caméra tantôt surplombe lentement l’usine et les machines, tantôt se rapproche des travailleurs, des mains qui poussent des leviers, tournent des roues, assemblent des morceaux de voitures lorsque le rythme se fait plus métronomique. Dans les mots énigmatiques de Martin Duru, il est question de chemins à suivre, et les chemins sont accidentés, pleins de trous, de mouvements à accomplir, on entend la volonté de partir, d’ouvrir des brèches (Just strive/ Open the breach/ This night/ I want to leave/ The move). Ouvrir des brèches, l’expression ne saurait mieux caractériser l’entreprise des Marquises depuis quatre albums. Et alors que Shape The Wheel se termine, les images délaissent la noirceur de la fabrique pour embrasser les espaces plus édéniques d’une campagne, et nous, nous quittons le morceau une nouvelle fois conquis, hypnotisés.
Shape The Wheel par Les Marquises est à télécharger gratuitement sur leur bandcamp.
ou l’écoute de façon continue de « Immensità » d’Andrea Laszlo de Simone
Il n’y aura pas d’Italie cet été, et pour me consoler de l’absence de mes paysages familiers, j’écoute de façon continue le dernier album d’Andrea Laszlo de Simone, Immensità, sorti au début du printemps 2020. De façon continue et en boucle tant l’album est court. Il ne comporte que quatre titres et dure vingt-cinq minutes et quelques secondes. ll n’y aura pas d’Italie mais il y a la mer, celle de Marseille d’abord, celle de Corse bientôt après les onze heures de traversée nocturne qui doivent me mener à Ajaccio, retrouver les miens. Continuer la lecture de « L’Italie me manque »
Au sujet de Rococo, de Fabio Viscogliosi (2019, Objet Disque)
C’est un disque sorti il y a longtemps déjà, au milieu de l’automne 2019. C’est une musique qui écrit l’entre-deux, l’entre-deux saisons par exemple. Une musique de fin d’été qui réactive en moi, à chaque écoute, de façon nette et immédiate, la mémoire et les images d’un lac. Continuer la lecture de « La stagione è gia passata * »