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Il ne faudrait pas trop me pousser pour me laisser sombrer dans une confortable mélancolie liée à mes innombrables lectures passées. Sûr. En réalité, mon inclinaison spleenétique a l’avantage d’être contrebalancée par une curiosité insatiable, vorace et chronophage (et jalouse, évidemment). Depuis que j’écris à nouveau un fanzine, et que je publie Langue Pendue, je m’intéresse au milieu dans lequel je baigne, avec cet effet loupe qui me fait croire à une nouvelle effervescence autour de ce type d’imprimés (en fait elle est constante depuis bien longtemps). Bref, c’est en travaillant sur Langue Pendue n°6 avec Franck Vergeade que ce dernier me mit sur la piste du numéro un du fanzine Le Gospel, écrit par Adrien Durand, installé depuis peu à Bordeaux. Sans le savoir, je connaissais son écriture puisque je fréquentais le webzine musical pointu The Drone (devenu plus tard Le Drone) auquel il participait, je l’apprendrai plus tard. En lui demandant un entretien par correspondance, j’avais surtout envie de rencontrer un acteur actuel, né à l’écriture dans les années numériques et attiré vers le papier et l’objet physique, pour lequel, pour le coup, il ne pouvait être soupçonné d’appétence nostalgique. J’allais découvrir aussi une personnalité moderne, transversale, à la fois née du net, rompue à la pige de large diffusion (Les Inrockuptibles) et aux métiers de la musique (tourneur, programmateur…), tout en cultivant ses goûts uniques et multiples dans son pré carré personnel : Le Gospel. Un goût du présent.
Où cette histoire nous mènera ? C’est la question que j’aurais dû poser à 



1987. À peine débarqué du collège, je glande dans la cours de mon nouveau lycée, le
Quand un musicien dépasse la quarantaine – le temps passe vite, me répétait ma grand-mère – plusieurs chemins s’ouvrent alors : se reposer sur ses lauriers et refaire pour la cinquantième fois le même disque, explorer inlassablement tous les autres moyens d’expression et loisirs créatifs qui s’offrent à lui (cinéma, peinture, poterie, couture), ou raccrocher les gants pour balancer ses avis éclairés sur les réseaux (à propos d’autotune, de la pop française, du rap, de Macron…) Il peut aussi se décider à sortir un premier disque, comme ça, pour le plaisir, mais pas que, parce que l’urgence peut se ressentir à tout âge, pas sous la même forme qu’à 17 ans, c’est sûr, mais pas moins puissante. 
Edité dans la nuit du lundi 23 avril via