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Triptides, Visitors (Requiem Pour Un Twister)

Tout est joué depuis bien longtemps, c’est entendu. Et alors ? Pour qui refuse de restreindre son inextinguible soif de découverte musicale dans un monde et une époque où l’inouï est en voie de disparition, les solutions ne sont pas nombreuses. En l’occurrence, il n’y en a probablement que deux – pas forcément incompatibles d’ailleurs : investir dans une énième réédition modérément augmentée de  Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band ou de Forever Changes pour tenter de dénicher, au détour d’une piste alternative ou d’un mix inconnu, les effluves de l’inédit, seules susceptibles de procurer à ceux qui sont nés trop tard la sensation de la découverte rétrospective d’un chef d’œuvre mille fois ressassé. Ou bien écouter Triptides. Continuer « Triptides, Visitors (Requiem Pour Un Twister) »

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Grouper, Grid of Points (Kranky)

Grouper - Grid of PointsDu diptyque A I A en 2011 jusqu’aux siamois Dragging A Dead Deer Up A Hill et The Man Who Died In His Boat, la discographie de Grouper semble peuplée de disques jumeaux et de doubles fantomatiques qui se seraient perdus dans les ténèbres. Ils se confondent, se répondent et se dissolvent pour ne former qu’un seul et unique sentiment flou et tendre. Un rayon parfait, droit et infini, fruit d’un songwriting dont les multiples humeurs en miroir ne font que mettre en lumière son inaltérable constance et sa désarmante pureté mélodique. Continuer « Grouper, Grid of Points (Kranky) »

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The Cars : Chérie, j’ai rétréci le gloss !

The Cars en 1980. Photo : DR

Dans While we’re young (2015), la satire de Noah Baumbach qui confronte la génération X vieillissante avec celle des hipsters, il y a cette scène où Adam Driver (le djeunz) fait écouter au casque Eye Of The Tiger à Ben Stiller (le quadra en crise). Ce dernier lui lance : « Je me souviens quand cette chanson est sortie, c’était considéré comme naze. Mais ça fonctionne ! ». Le personnage d’Adam Driver ne peut pas saisir le retournement par lequel le ringard d’hier a pu devenir cool, et pour cause : quand Rocky III est sorti, il n’était pas né. Pour lui la chanson de Survivor a toujours été « cool » : elle n’est rattachée à aucun affect personnel qui l’aurait fait passer par toutes les phases du jugement, de l’enthousiasme enfantin sans recul jusqu’à l’attendrissement rétrospectif de l’âge mûr, en passant par les oukases du snobisme adolescent qui auraient relégué Eye Of The Tiger dans les limbes de la nullité. Ces phases de jugement, Ben Stiller les a traversées : séparer le bon grain de l’ivraie, pour finalement, la maturité venue, revenir de toutes les postures, c’est toute notre histoire.

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Mount Eerie, Now Only (P.W. Elverum & Sun)

Le bouleversant A Crow Looked At Me paru l’an dernier a marqué les esprits. Une mise à nue complète, et rare, d’un artiste qui ressassait le long d’une dizaine de chansons fragiles, émouvantes et éprouvantes la disparation trop brutale de sa compagne, la bédéiste et musicienne québécoise Geneviève Castrée, alors même que le couple venait de donner naissance à une petite fille. Continuer « Mount Eerie, Now Only (P.W. Elverum & Sun) »

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Josh Rouse, Love In The Modern Age (Yep Roc Records)

En 2003, Josh Rouse, alors joli espoir indie sans trop d’envergure, avait réussi un coup de maître en signant l’une des œuvres les plus nostalgiques et élégantes de la décennie, le magnifique 1972, véritable ode au folk rock satiné et grand format des années 70 qui, tout en reconstituant à la perfection le son d’une époque, sonnait également comme le disque le plus personnel de son auteur. Un chef d’œuvre qui aujourd’hui encore n’a pas pris une ride. Continuer « Josh Rouse, Love In The Modern Age (Yep Roc Records) »

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The Garden, Mirror Might Steal Your Charm (Epitaph)

The Garden Mirror Might Steal Your CharmQu’il fasse sortir de votre bouche sèche un soupir de contentement ou une nausée incontrôlable, impossible d’enlever au troisième album de The Garden, Mirror Might Steal Your Charm, son étourdissante propension à provoquer des réactions aussi épidermiques qu’imprévisibles. Depuis haha en 2015 et la poignée de singles et EP’s qui l’ont suivi (dont le toujours délicieux Call This # Now en 2016), les frères jumeaux Wyatt et Fletcher Shears semblent avoir perfectionné leur punk oblique et quasi-aléatoire pour en faire aujourd’hui la plus excitante démonstration d’un rock en négation, crachant de l’idée tordue par hectolitres, à des lieues de la lente décomposition d’un certain indie rock aux guitares papiers-peints tricotant de l’accord bossa-nova sous péridurale. Continuer « The Garden, Mirror Might Steal Your Charm (Epitaph) »

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Donzii

Donzii
Photographie : David C. Gordon alias Funkiller

Qui ?

Jenna Balfe (chant, claviers)
Dennis Fuller (basse, machines)
Monroe Getz (batterie)
Nick DeLucca (guitare)

Où ?

Miami, New-York (Etats-Unis)

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The Other People Place, Lifestyles Of The Laptop Cafe (Warp)

Plus de quinze ans après l’arrêt de leur carrière, Drexciya reste l’un des secrets les mieux gardés de Detroit, et en même temps, une des figures les plus importantes de la scène locale, celle qui a vu émerger ses pères fondateurs : les Belleville Three (Kevin Saunderson, Juan Atkins et Derrick May), Mad Mike et le collectif Underground Resistance, ou Jeff Mills, pour faire court. En dix ans (1992-2002), Gerald Donald et James Stinson, producteurs techno issus de la seconde génération, ont posé les bases d’une musique électronique subtile, hypnotique et incroyablement riche, sous une pléthore d’avatars, dont le plus fameux reste Drexciya.

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