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Neil Young, On The Beach (WEA)

Les chroniques anniversaire de l’été

neil young on the beach badge chroniques anniversaire 45 ansQuand on sait quelle préparation narcotique a présidé à la conception de On The Beach, on se pose beaucoup moins de questions. Neil Young vient de finir l’enregistrement de Tonight’s The Night, un grand disque de deuil, dans un climat de chaos permanent. Il est en train de perdre sa femme, l’actrice Carrie Snodgress, à la suite d’une tournée où aucun excès ne fut oublié. Bref, tout va pour le mieux. Sa consommation de Tequila est telle que certaines mauvaises langues prétendent que le nouveau membre de Crazy Horse s’appelle José Cuervo. Derrière ce surnom, se cache un personnage à l’aura sinistre, Rusty Kershaw, engagé pour ses talents de violoniste et de joueur de pedal steel guitar, qui donne le ton des sessions, préparant une friandise à base d’herbe et de miel dont tous les protagonistes abuseront. Continuer « Neil Young, On The Beach (WEA) »

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Belkacem Meziane, On The One !, L’Histoire du Funk en 100 Albums (Le Mot et le Reste)

On the One ! L’Histoire du Funk en 100 Albumsde Belkacem Meziane, complète les ouvrages de l’éditeur français Le Mot et le Reste consacré aux anthologies à des genres particuliers. La structure a ainsi déjà publié des écrits, d’une approche similaire, consacrés à l’indie-pop (Indie Pop 1979-1997 de Jean-Marie Pottier), à l’easy listening (Easy Listening, Exotica et autres Musiques Légères d’Erwann Pacaud), à la techno (Techno 100 de Jean-Yves Leloup) ou encore la soul (Move On Up, la Soul en 100 disques de Nicolas Rogès). Les livres de cette série comportent ainsi généralement un essai d’une quarantaine de pages suivi d’une sélection de 100 disques avec chaque fois des pistes complémentaires pour aller plus loin. Si l’expertise ou la finesse d’écriture de certains auteurs font la différence, il faut cependant noter la qualité et la pédagogie constante de ces ouvrages. Continuer « Belkacem Meziane, On The One !, L’Histoire du Funk en 100 Albums (Le Mot et le Reste) »

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Retour en disgrâce

John William Waterhouse – The Remorse of Nero After the Murder of His Mother (1878)

Dans une lointaine Europe, la damnatio memorae votée par le sénat romain sous l’effet des époques et des rancœurs, déclenchait l’effacement d’une personnalité publique via démolition de son patrimoine culturel. La plus spectaculaire, et éloquente sanction de la damnatio est incontestablement le renversement des statues qui leur furent dédiées.

En terre contemporaine, un certain nouveau monde du Juste s’élève loin de Rome : nos zélés cousins américains l’appellent cancel-culture. Cette culture a désormais son rite de l’annulation : annuler une carrière, une existence (numérique de préférence), une voix, renverser une statue. En français l’annulation, c’est l’effet qui n’opère plus, c’est la force contraire qui rend inopérante la force première, c’est la chanson qui ne couvre plus le bruit ambiant. Continuer « Retour en disgrâce »

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Purple Mountains, Purple Mountains (Drag City/ Modulor)

On ne pourra pas dire qu’il ne nous a pas prévenu. Pour son retour après dix années d’absence, David Berman a balancé un titre sous forme de profession de foi abandonnée, All My Happiness Is Gone. On regrettera simplement que l’intro dudit scopitone soit absente du disque final, car elle avait une texture d’abandon et de tristesse dont seuls les soixante treize fans des Supreme Dicks (moi inclus) ont du saisir la vraie teneur, l’enchainement avec le morceau (un futur classique à n’en point douter, je me trompe rarement) arrangeant d’ailleurs tout le monde et tout cela dans une belle harmonie disjointe et avec une nappe de synthé new wave pas si incongrue. Continuer « Purple Mountains, Purple Mountains (Drag City/ Modulor) »

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The Lunar Laugh, Goodnight Noises Everywhere (Kool Kat Musik/You Are The Cosmos)

Est-ce pour mieux s’aligner sur les festivités musicales institutionnalisées dans nos contrées ou, plus vraisemblablement, sur la survenue des premières chaleurs estivales ? Toujours est-il que la publication de ce troisième album de The Lunar Laugh le 21 juin dernier semble correspondre à la perfection avec le solstice de saison. Contrairement à ce que suggère son patronyme nocturne – emprunté, pour l’anecdote érudite, aux péroraisons astrologiques de l’album Cosmic Sounds de The Zodiac (1967)-  le quatuor d’Oklahoma City propose en effet une réinterprétation résolument radieuse d’une tradition musicale dont les sources principales demeurent ancrées dans les années 1970. Continuer « The Lunar Laugh, Goodnight Noises Everywhere (Kool Kat Musik/You Are The Cosmos) »

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The Midnight Hour – L’heure bleue

Adrian Younge and Ali Shaheed Muhammad - The Midnight Hour
Adrian Younge and Ali Shaheed Muhammad – The Midnight Hour / Linear Labs

The Midnight Hour ou la rencontre de deux producteurs, Adrian Younge et Ali Shaheed Muhammad. Le premier, un analogue freak, fan de bon vieux psyché et de soul, dont les productions vont de la bande originale de Black Dynamite, film hommage à la Blaxploitation, aux derniers albums de Ghostface Killah. Le second, Ali Shaheed ou « Mr Mohammad », membre fondateur du groupe légendaire A Tribe Called Quest, mais aussi The Ummah (avec J Dilla & Q-Tip) ou encore Lucy Pearl (avec Raphael Saadiq et Dawn Robinson). Ses productions innovantes ont révolutionné le son hip-hop et ont influencé bon nombre d’artistes tels que D’Angelo, Erykah Badu, Yasiin Bey, The Roots ou bien Pharrell.
The Midnight Hour c’est une déclaration musicale, culturelle et politique mettant à l’honneur la musique noire américaine. Un voyage à travers la soul, le jazz et le hip-hop. Un album qui aurait pu être samplé par tous les groupes et artistes de l’âge d’or du hip-hop. Un album fait de classiques instantanés réunissant entre autres Cee Lo Green, Laetitia Sadier, Questlove
Rencontre avec Adrian Younge et Ali Shaheed à Manchester, lors du dernier concert de leur tournée européenne. Continuer « The Midnight Hour – L’heure bleue »

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The Midnight Hour – Blue is the Colour

Adrian Younge and Ali Shaheed Muhammad / The Midnight Hour
Adrian Younge and Ali Shaheed Muhammad – The Midnight Hour / Linear Labs

The Midnight Hour is an encounter between two producers, Adrian Younge and Ali Shaheed Muhammad. The first is an analogue freak, a fan of good old soul and psychedelic music, whose productions range from the soundtrack of Black Dynamite – a tribute to Blaxpoitation –, to Ghostface Killah’s latest albums. The latter, Ali Shaheed, or “Mr Mohammad”, is a founding member of legendary band A Tribe Called Quest, but also The Ummah (with J Dilla & Q-Tip) as well as Lucy Pearl (with Raphael Saadiq and Dawn Robinson), whose innovative productions have revolutionized the hip-hop sound and influenced a number of performers such as D’Angelo, Erykah Badu, Yasiin Bey, The Roots or Pharrell.
The Midnight Hour is also a musical, cultural, and political declaration, which honours American Black music. A journey through soul, jazz and hip-hop. An album which could have been sampled by every band and performer of the Golden age of hip-hop, made up of instant classics combining, among others, Cee Lo Green, Laetitia Sadier, Questlove
An encounter with Adrian Younge and Ali Shaheed in Manchester, during the last concert of their European tour. Continuer « The Midnight Hour – Blue is the Colour »

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Froth, Duress (Wichita Recordings)

Chaque semaine, je suis enthousiasmée par de nouvelles sorties et il me semble que le printemps qui s’achève a été, à ce niveau, plus fécond que jamais : Cate Le Bon, Vanishing Twin ou Crumb – pour ne citer qu’eux – ont chacun, avec une inventivité folle, rappelé comment l’on pouvait à la fois avoir des influences marquées et proposer une musique novatrice, totalement ancrée dans son époque. J’aimerais pouvoir écrire les raisons pour lesquelles ces albums ont été de tels coups de cœur, mais freinée par la peur de ne savoir leur faire honneur et le regret que l’exaltation soit une fièvre non-contagieuse, je préfère souvent parler de ​ces disques qui m’animent sans me passionner, ceux à propos desquels les avis contraires ne me causent pas d’éruptions cutanées. Froth sera l’exception à la règle puisque me voilà à tenter d’expliquer pourquoi Duress, dernier né du trio de Los Angeles emmené par Joo Joo Ashworth, représente tout ce que je peux espérer d’un groupe en 2019. Continuer « Froth, Duress (Wichita Recordings) »