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Langue Pendue n°12 : Super mal produit, Une histoire du disque Supermalprodelica

Langue Pendue N°12 - Graphisme : Pauline Nunez
Langue Pendue N°12 – Graphisme : Pauline Nunez

Il est aujourd’hui admis que l’apparition et la généralisation des samplers au tournant des années 1980-1990 ont grandement contribué au développement d’une nouvelle grammaire musicale. Plus précisément, la mise sur le marché de machines (les samplers Akai notamment) dotées de la fonction de time stretching (la possibilité, plus ou moins aisée à cette époque, d’étirer/compresser le tempo d’un sample sans faire varier sa note/hauteur) a révolutionné la manière de composer et de produire à partir de collages de sons, de boucles ou d’autres matériaux sonores. On pense aux classiques du rap They Reminisce Over You de Pete Rock & CL Smooth ou Shook Ones Pt. II de Mobb Deep, ou encore, bien évidemment, aux productions jungle et à leur usage de l’Amen break. Mais c’est peut-être dans certaines productions à la croisée de l’abstract hip-hop et d’une post- ou neo-library music que cette esthétique de la citation pop et du montage dada a pu prendre sa forme la plus accomplie – les labels Mo’ Wax et Ninja Tune, avec What’s That Noise? de Coldcut, Mark’s Keyboard Repair de Money Mark, et bien évidemment le fameux Endtroducing….. de DJ Shadow. Continuer la lecture de « Langue Pendue n°12 : Super mal produit, Une histoire du disque Supermalprodelica »

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Supermalprodelica, Tremolo / Pinku (autoproduction)

supermalprodelica

Il y aurait deux périodes à discerner dans l’œuvre de Supermalprodelica. La première remonte à l’aube des temps, entre 1997 et 2002 : le jeune Mazamétain installé à Paris met en boite un album qui porte ce nom à rallonge entre sort de Mary Poppins et jeu sur le vocable « super mal produit », si je crois me rappeler. Il paraît en vinyle sur le label d’un certain Martin Dupré, Paperplane. Cet album qui devait, en pleine folie électronique, l’amener quelque part vers un eden mérité (un contrat avec la major Sony) l’aspire finalement dans un trou noir, la maison de disque calant à résoudre le désenchevêtrement des samples employés à gogo par Michel Wisniewski (pour un histoire complète et détaillée, suivre la page de Section 26 consacrée à l’affaire et rédigée par Philippe Dumez il y a quelques temps). A la suite de cette déception, Supermalprodelica erre dans une sorte d’oubli prudent (ne plus utiliser son nom pour des raisons légales), même si de bien belles pièces continuent de sortir en catimini, notamment deux titres magnifiques pour le label Antimatière (que je connais bien, puisque je m’en occupais) en 2002. Il y aurait à écrire le roman de cette période tant ce 33t originel (et ces maxis ou remix liés) continue de briller comme un diamant noir au fond de la nuit de la techno house française, on va s’y attacher bientôt, si Michel est d’ac.
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Supermalprodelica LP

Tout l’été, les albums qui ont échappé aux radars des plateformes de streaming.

Supermalprodelica
Photos : Philippe Dumez

Il y a vingt-et-trois ans, un fou de musique publie à 300 exemplaires un premier album qui n’a pour ambition que de faire copuler les fans du label Mo’Wax et ceux de Thrill Jockey. Sa sortie ne passe pas inaperçue et, porté par une critique dithyrambique, Supermalprodelica est courtisé par les labels. La filiale française d’une multinationale mise sur lui. Et alors qu’un avenir radieux lui semble promis, l’affaire s’enlise… Supermalprodelica ne donnera plus de nouvelles pendant 10 ans, silence auquel Michel Wisniewski mit un terme en lançant son propre label. Continuer la lecture de « Supermalprodelica LP »