
En 1992, feu Nick Toshes – qui nous a quittés il y a deux mois – publiait Dino, biographie délectable de l’indispensable Dean Martin, Saint-Empereur des cabotins, roi des crooners et véritable « consul du cool », pour reprendre l’expression parfaite de Tosches. Pourquoi faut-il lire ce bouquin ? Tout d’abord parce que Nick Tosches a proposé ici bien plus qu’une simple narration objective et factuelle de la vie d’un homme au destin hors norme. La grande qualité de son livre, c’est qu’il emprunte autant au journalisme d’investigation qu’à l’essai et qu’il n’hésite pas à mêler parfois le réel à l’imaginaire, rejoignant le domaine de l’authentique littérature. Par son talent de storyteller, Tosches nous embarque dès les premières pages dans un récit haletant dont l’atmosphère, les protagonistes et les anecdotes en rafales plongent le lecteur dans une ambiance digne d’un excellent film de Scorsese. Du début à la fin, on se régale à suivre l’ascension de Dino, depuis les tripots mal famés de Steubenville – sa ville natale au airs d’un Chicago miniature où, encore adolescent, il officiait comme croupier –, jusqu’aux casinos de Las Vegas et aux plateaux de cinéma hollywoodiens. On jubile à remonter aux sources du destin exceptionnel de ce fils de coiffeur italien qui, en quelques années et sans effort, deviendra une icône vivante de la culture américaine. Continuer la lecture de « Dino par Nick Tosches »
Le plus étonnant, c’est que ce ne soit pas arrivé avant… Je ne sais vraiment pas comment cela est possible. Comment peut-il se faire que ces deux hommes ne se soient pas retrouvés plus tôt dans le même studio ? Cela pourrait presque relever d’un vaudeville des années 1970 – on imagine bien les scènes, insistant sur le comique de répétition : l’un quitte la pièce au moment même où l’autre fait son entrée. Je crois que nous sommes à peu près tous d’accord : il n’est pas besoin à ce moment de l’histoire de rappeler qui sont
L’autobiographie musicale est un genre particulier, puisque de part sa nature même, il ne constitue pas le premier choix artistique de son auteur, d’où une qualité souvent très inégale. En bas de l’échelle se trouvent les mémoires publiées pour des raisons financières (aucun artiste au sommet de sa gloire ne prendrait le temps de publier un livre), ou pour faire partager au monde la découverte de la sobriété / Dieu ou « la spiritualité »/ la famille. Heureusement, la motivation peut aussi être artistique, comme pour 

Il est des chefs-d’œuvre immuables dont on sait qu’ils resteront à jamais dans notre panthéon personnel. La plupart ont en commun une bien étrange particularité : on ne les a pas compris à la première écoute ; le flash, le satori, l’illumination ne se sont pas faits en un jour, ni du premier coup. Or si certains disques entrent et sortent de notre quotidien au gré des envies, des humeurs, des (re)découvertes et parfois même des surprises, on peut sans peine affirmer que 
Alors que la clôture imminente de la décennie appelle au regard appuyé dans le rétroviseur pour essayer de dresser une sorte de palmarès de ce qui est sans doute la plus large unité de mesure temporelle que nous pouvons réellement appréhender de notre vivant (enfin, RDV en 2025 pour un top du quart de siècle si vous voulez, hein), mon cœur me ramène inlassablement vers