Décidément, le Midwest nous aura bien gâtés en 2025. Tandis que du côté de Chicago, Sharp Pins aura fait les délices des fans des Beatles et d’Alex Chilton en publiant son somptueux Balloon, Balloon, Balloon, les Good Flying Birds – basés à Indianapolis – n’auront pas non plus démérité en sortant leur enthousiasmante compilation-rétrospective Talulah’s Tape. Thurtson Moore himself a d’ailleurs récemment fait figurer leur album dans son monumental top 350 de 2025 (oui vous avez bien lu, son top 350 !!!) S’ils se sont formés en 2021, les Good Flying Birds étaient passés sous les radars, du fait de n’avoir fait connaître leurs enregistrements que par l’intermédiaire de posts sporadiques sur Youtube et via une cassette 4 titres plus ou moins introuvable.

On se réjouit donc de retrouver pas loin de 20 titres sur leur nouvelle cassette, qui réunit aussi bien des micro-tubes pop aux guitares carillonnantes comme I Care For You que de bonnes vieilles envolées noisy façon Boyracer, voire Rocketship (allusion à la combinaison de voix masculine/féminine) sur des titres Fall Away ou Eric’s Eye. Dans ce genre, Wallace s’impose comme une des chansons les plus percutantes de l’album, avec ses multiples parties toutes plus cool les unes que les autres. Dans une autre veine, Golfball se ballade sur les plates-bandes des très regrettés The Mantles, mais des Mantles qui n’auraient pas hésité à agrémenter leurs accords jangly de ruades noisy, en s’offrant aussi des parties que Robert Pollard aurait très bien pu signer lui-même. Après tout, ne doivent-ils par leur nom à une chanson de Guided By Voices ?
Saluons aussi au passage la qualité de la section rythmique dont les saccades font parfois penser à ces rythmes omniprésents chez The Wedding Present, comme peut par exemple le remarquer sur I Will Find. On lève aussi notre chapeau à Love Story, à laquelle on trouvera une étonnante ressemblance avec la musique des magnifiques Australiens de Program, chanson sur laquelle on peut apprécier l’utilisation de la boîte rythme vintage, de même que sur les excellents titres suivants, qui closent l’album de la meilleure façon.
Sans faire de révolution musicale mais loin de se borner au rôle d’imitateurs sans inspiration, les 5 d’Indianapolis menés de front par Kellen Baker mélangent habilement power pop nineties et jangly pop, en suivant une éthique sonore DIY des plus orthodoxes.