”Je suis incapable de dire pourquoi j’aime tant cet album.”
L’ami qui m’a fait découvrir ce disque – Lavender – , a un jour, écrit ces mots alors qu’il postait, pour la troisième ou quatrième fois, la vidéo de Sailin’ On. À l’ami, à vous, j’avais envie de dire ceci.
Peut-être pour la voix, toute en douleur retenue. Peut-être.
Peut-être pour cette harmonie parfaite entre la voix et les instruments, comme des cœurs entremêlés. Peut-être.
Peut-être pour ces notes de claviers qui surgissent comme des gouttelettes stagnantes, en perles, et qui demeurent en suspension. Peut-être.
Peut-être parce que c’est un disque de nuit et que ce sont des disques que l’on ne s’explique pas. Peut-être.
Peut-être qu’après certaines écoutes qui peuvent amener très loin dans les émotions, il faut alors se palper pour s’assurer d’être vivant. Peut-être.
Peut-être parce que Lavender est d’ores et déjà le mot de passe de ceux qui ont le goût d’une certaine suspension du monde. Peut-être.
Peut-être aussi pour ces textes qui sont une lutte avec l’horizon – Sailin’ On through the darkness, mirrored reflection, forever ocean, searching the stars, endless for all, for all eternity –. Peut-être.
Peut-être aussi pour ces textes qui sont une lutte avec le temps – What shall I do with these memories, I’m gonna lose it, don’t wanna lose it –. Peut-être.
Peut-être parce que c’est un disque de l’entre-deux : entre deux saisons – le printemps, l’automne -, entre deux sentiments – la mélancolie, la saudade -, entre deux individus – qui se quittent, qui s’aiment -. Peut-être.
Peut-être pour Lavender, la chanson, qui me fait écrire que si les sentiments pouvaient danser, c’est sur cette valse – fantôme qu’ils s’enlaceraient. Et si.
Peut-être pour ces violons qui s’enroulent autour des mélodies – et les mélodies de nous envelopper -. Peut-être.
Peut-être pour Come Into My Garden et son ambiance moyenâgeuse qui me renvoie à Wyndhaw Hill de Paul Roland – tu te souviens ? -. Peut-être.
Peut-être pour Sailin’ on – celle par qui tout est arrivé – bateau abandonné allant à la dérive, les violons superbes, striant avec une beauté folle l’espace. Peut-être.
Peut-être, comme le dit Calvin Love, que Lavender wants you to find your own meaning. Tout simplement.