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Selectorama : NZCA Lines

Michael Lovett / NZCA Lines
Michael Lovett / NZCA Lines

La vidéo de Pure Luxury, premier single extrait du troisième album de NZCA Lines, sort aujourd’hui. Derrière ce nom se cache Michael Lovett, cerveau unique de ce projet, membre de Metronomy et musicien de session réputé (présent dès les débuts de Christine & The Queens). Pour son Selectorama, il s’est focalisé sur ses découvertes récentes et ses influences. Ses choix sont en parfaite cohérence avec l’univers pop et électronique de ses albums, où les mélodies accrocheuses dissimulent toujours une noirceur sous-jacente. A l’image de Pure Luxury, qui met en parallèle l’obsession du paraître et le futur incertain de notre planète. Totalement d’actualité.

01. Charlotte Adigery, Cursed and Cussed

J’ai vu Charlotte en concert cette année. J’ai été retourné par sa voix, la production et ses arrangements. Et tout le reste. Sa façon de placer sa voix sur ses titres est vraiment intéressante. Ce morceau n’est pas le plus représentatif de ce qu’elle fait, mais je ne peux m’empêcher d’y revenir. La mélodie et le refrain sont superbes. Ils restent gravés dans ma mémoire. J’aime son interprétation des beats breakbeat des années 90. Soniquement, c’est un titre vraiment agréable à écouter.

02. Faux Real, Second Sweat

Il me semble que Faux Real sont deux frères franco-américains. Ils sont une énigme pour moi. En concert ils sont impressionnants. Ils se produisent en duo sur scène, avec un ordinateur et une flûte. Et pourtant c’est incroyable. C’est comme recevoir une leçon sur ce qui peut être fait avec pas grand-chose quand on a un charisme impressionnant. Au-delà de leurs concerts, leur musique est excellente. Ils n’ont sorti que deux titres pour l’instant (leur Ep a été repoussé à cause du COVID-19), mais je peux vous assurer que tout ce qui va sortir prochainement est aussi bon que Second Sweat.

03. Kirin J Callinan, The Homosexual

Il est impossible de ne pas aimer ce titre. L’intro de la vidéo est une narration terriblement camp accolée à des peintures à l’iconographie gay. La chanson est un doigt d’honneur à la masculinité forcée. Le clip est filmé magnifiquement. J’allais oublier, le son de la batterie est incroyable.

04. MGMT, Brian Eno (Cornelius Mix)

J’ai entendu ce titre sur CM4, la collection de remixes de Cornelius, avant même d’avoir entendu l’original. Je préfère nettement le remix. Non pas que je n’aime pas les vocaux et les paroles de MGMT, mais Cornelius les accompagne d’un clavecin qui rend le tout plus qu’appréciable. Il a si bien réécrit les harmonies que l’on dirait que ce remix est le titre original.

05. Girl Ray, Keep It Tight

Girl Ray rend toute concurrence impossible. Elles sont probablement le meilleur power trio actuel. Le niveau des compositions de leur nouvel album est bluffant. Ce titre précis a une ambiance marquée RnB des années 2000. Ce n’est pas pour me déplaire. L’album révèle d’autres pépites. Une fois de plus, j’ai eu le plaisir d’assister à un de leurs concerts. J’ai été témoin de leurs prouesses. Vous vous souvenez des concerts ? Vous allez devoir les garder en mémoire encore un bon moment.

06. Christine & The Queens, La Vita Nuova

Une belle œuvre d’art, un résumé de tout ce qu’a fait Christine à ce jour. On y retrouve un mélange magnifique de morceaux/théâtre/performance artistique/dance battle. Il faut regarder l’intégralité du court métrage. J’ai eu la chance de travailler sur les sessions du premier titre, People, I’ve Been Sad. C’est ma basse synthé que l’on entend. Nous avons enregistré au studio Motorbass, deux mois après la disparition de son propriétaire, Philippe Zdar. Il est un de mes héros. Ça a rendu l’expérience surréaliste.

07. Hot Chip, Hungy Child

En parlant de Philippe Zdar, il a travaillé sur le dernier album d’Hot Chip peu de temps avant sa mort. Je suis passé à côté de ce single à sa sortie. Et puis lors d’un voyage en voiture récent, ma femme et moi avons décidé de n’écouter que du Hot Chip. Ce titre est sorti du lot. Ils ont réussi à bien utiliser l’influence de la house de Chicago. Je suspecte Zdar d’y avoir apporté son grain de sel. Mais en parallèle la voix d’Alexis sonne comme des samples de vieux disques de soul. Comme s’ils avaient cherché à faire l’inverse de ce que ce style était initialement.

08. Pierre Rousseau, Musique Sans Paroles

Pierre est un français talentueux qui était la moitié du duo Paradis. Il a travaillé avec Moodoid, puis avec Metronomy sur la production d’une partie du dernier album. Il sort aussi de l’excellente musique en solo. C’est un extrait d’un disque qui vient juste de sortir sur le label Beats In Space.

09. Daft Punk, Something About Us

Je devais inclure ce titre dans ma sélection car c’est mon préféré de Daft Punk. C’est un classique indémodable. Je garde un souvenir précieux de ma redécouverte de Discovery quand j’avais 20 ans. J’en avais profité pour regarder Interstella 5555 pour la première fois. Ce film a inspiré mon dernier album, Infinite Summer. J’ai oublié de préciser que j’ai appris à jouer ce morceau.

10. Burial, Archangel

Nous passons de quelque chose de profondément parisien à quelque chose de purement londonien. Je n’ai jamais compris ce groupe à l’époque. Je pense que la hype me repoussait. Au même moment, j’étais surtout obsédé par l’album Hissing Fauna de Of Montreal (toujours à l’heure actuelle mon album préféré de 2007, voire des années 2000). Et puis j’ai récemment lu Ghosts of My Life, l’excellent livre de Mark Fisher dans lequel il interviewe Burial et écrit sur sa musique. Ça m’a donné envie de me plonger dans Untrue, le disque dont Archangel est extrait. Je suis devenu accro. C’est une musique belle et mystérieuse. Pour quelqu’un qui comme moi habite Londres depuis huit ans (mais qui n’a jamais connu le Londres de Burial) je trouve que ce morceau évoque la mélancolie de la ville d’une façon singulière. Je recommande d’écouter Untrue en lisant l’interview non éditée de Burial par Fisher qui a été publiée dans le magazine Wire.

BONUS : NZCA Lines, Pure Luxury

Une journée passée à chanter et à danser dans mon univers personnel empreint de luxe et de glamour. Les deux reliés l’un à l’autre par des cartons, baignés de sang, le tout facturé en note de frais à une entreprise. Nous avons essayé d’inverser le sexe des acteurs du film Les Hommes Préfèrent les Blondes (Howard Hawks, 1953) et voilà ce que ça a donné. J’espère que vous allez apprécier.

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