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I Love You But I’ve Chosen Darkness, Dune (Monopsone / Secretly Canadian)

En épitaphe du label Monopsone (2000-2020)

C’est l’une des sales nouvelles de la semaine, le label Monopsone nous a informé qu’après deux décennies à œuvrer pour le bien des musiques exigeantes, la fin était là. Un communiqué détaillé à lire ci-dessous.

2000-2020

Parmi d’autres réussites et un lien fort avec Matthieu Malon et son alias (Laudanum), Monopsone aura eu également l’inconscience, la témérité, la chance et le culot de sortir le second album du groupe texan I Love You But I’ve Chosen Darkness. Pour se souvenir, voici une chronique d’époque sous forme d’hommage posthume (pour le groupe, on attendra le temps qu’il faudra) à un label important d’ici. Merci pour tout.

I Love You But I’ve Chosen Darkness, Dune (Monopsone / Secretly Canadian)

Apparu en 2003, I Love You But I’ve Chosen Darkness – l’un des plus beaux noms de tous les temps – est une formation rare et pas seulement parce que sa discographie se résumait jusqu’à ce retour inespéré à un unique album (Fear Is On Our Side, 2006) et deux EP. Rare car unique en son genre, creusant la frontière d’une new-wave lyrique et contagieuse sans jamais tomber dans le piège d’une détestable emphase au rabais, cette maladie même pas honteuse du rock (suivez mon regard). La question brûlante : en quoi ce groupe dépasse son style et ses concurrents ? Comment Christian Goyer et ses hommes arrivent-ils à se démarquer des emplâtres jouant dans les stades en produisant une musique à peu près similaire (qui vient de là, qui vient de la cold-wave) tout en restant intouchables, précieux et définitivement à part ? Peut-être simplement un besoin de se consacrer plus à sa musique et d’y mettre toute son âme plutôt que de s’adonner à des ambitions carriéristes. Les huit ans qui séparent Dust de son prédécesseur semblent n’avoir eu absolument aucune incidence, aucune prise sur ILYBICD, ni sur le son (c’est toujours Paul Barker de Ministry qui produit) ni sur l’écriture.

Une petite armée de fans exsangues dont une bonne partie de la rédaction de ce magazine y retrouvera donc la même lumière noire, la même dépression bienveillante, et le même besoin d’y retourner aveuglément. Avouons-le tout de même, la première écoute de Dust est un peu décevante, mis à part l’immédiateté de Faust, cette impériale entrée en matière qui ravive rapidement l’affection, et Come Undone, grand morceau aérien et contagieux. Une fausse déception qui se transforme rapidement en plaisir insidieux tant les autres titres ont depuis fait leur chemin dans nos vies. Certes, on aurait aimé plus de tubes, mais c’est justement dans ces clairs-obscurs (Stay Awake, Safely) et ses midtempos impressionnistes (You Are Dead To Me, immense The Sun Burns Out) que se joue le mystère de ce groupe – toujours une question d’attente, permanente et finalement assouvie. On songe à Killing Joke qui aurait réussi son passage de la sauvagerie vers la lumière blanche (l’insupportable et pourtant fascinant Brighter Than A Thousand Suns, 1986), éliminant la graisse et les faux emportements pour ne garder que la juste mesure, les lignes de basse inoubliables, les entrelacs de guitares vénéneux. L’alchimie des Texans ne s’explique toujours pas, et c’est tant mieux. On attendra le temps qu’il faudra pour la suite des événements, au garde-à-vous s’il le faut.

Cette chronique a été publiée en octobre 2014 dans la RPM.

Une réflexion sur « I Love You But I’ve Chosen Darkness, Dune (Monopsone / Secretly Canadian) »

  1. la liste des micros label frenchy qui mettent la clefs sous la porte commence a être exhaustive ,je me souviens de la fin de clapping music et consorts ,voila que c’est au tour de Monopsone ,c’est triste , »le marché du disque » en support physique est devenu une niche de chez niche , les disquaires ressemblent de plus en plus a des épicerie fine ,le public fan de « rock indé » n’est pas légion est a tendance a se renouveler de moins en moins et de surcroît la presse papier musicale frenchy de qualité n’existe plus ,la presse musicale en france est morte de chez morte, par exemple a chaque fois que je consulte chez mon buraliste le magic rpm version du tres hollandien politicard tete a claque de Luc Broussy j’ai envie vomir au de commettre un crime tellement cela est lénifiant et aseptisé. le problème de Monopsone et consort c’est qu’ils ont défriché depuis 20 ans toujours le même lopin de terre et que cette terre deja pas tres riche a fini a par s’assécher completement ,et l’entre soit en réseau en vase clôt c’est le mal endémique français, En 2020 que soit en matiere de label ou de presse musicale papier et web ,ce que nous avons besoin c’est de pluralité de diversité et d’éclectisme .Je reve d’une revue papier ou webzine etc qui soit capable de rassembler toute les niches ,et etre capable aussi bien par exemple de défendre une reedition afro du label d’analogue africa que la dernière petite hype garage us ou bien les productions de leyland kirby.Depuis l’avènement d’internet il y a une pléthore de label qui effectue un travail d’excavation de pépite et qui merite que l’on parle d’eux ,pour parlé des plus récent je pense a music from memory , We Release Whatever The Fuck We Want Records ,les disques transversale ,habibi funk .Moi perso depuis la fin des années 90’s le rock indé et la pop indé mon soûlé car se sont des style de musique qui ont eu extrêmement de mal a se renouveler et j’ai donc bandé tres dur pour la sono mondiale de chez strut records ,soundway records ,sublime frequencies et consorts ,et que soit magic rmp canal historique ou section 26 ,vous avez fais l’immense impasse A TORT sur toute un pan de sono mondiale absolument indispensable

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