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Dance to the Music #1 : Northern Soul

Le public du Wigan Casino.

À la fin des années quatre-vingt dix, par l’intermédaire du Big Beat, je me suis intéressé du haut de mes seize ans à la dance music électronique (House, Jungle, Breakbeat, UK Garage, etc). Le mélange de rock et de breakbeats samplés m’a permis de sauter le pas, et introduit à d’autres esthétiques électroniques avec lesquelles le Big Beat partage quelques points communs. Quelques années plus tard, j’ai découvert les Nuggets qui m’ont plongé dans le rock sixties. Dès lors, je n’ai eu de cesse de tenter de relier ces deux points apparemment opposés… mais pas du tout, en fait. Si les choses ont énormément changé grâce à internet (l’éclectisme est devenu la nouvelle norme), il n’a pas toujours été bien vu d’aimer et défendre la dance music, en particulier il y a une quinzaine d’années. Contrairement au rock, notamment celui des albums concepts des années 60-70, la dance music a toujours assumé avoir une vocation utilitaire : être la bande-son des soirées alcoolisées (et d’autres substances plus ou moins légales) à la recherche de l’autre ou en tout cas de l’oubli de soi. Cette dimension fonctionnelle est souvent vue comme un défaut, probablement parce qu’elle éloigne la musique de cette vision du créateur inventant ex-nihilo. A mes yeux, c’est l’inverse. Comme pour toutes les contraintes (le format chanson en est une autre, par exemple), les gens brillants arrivent à voir au-delà et s’en servir pour créer des disques somptueux. Afin de tester l’idée et le format, la Northern Soul s’est imposée à moi comme une évidence, elle, qui est à l’intersection de mon intérêt pour les sixties et la dance music.

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Papivole #1
 – Mes histoires avec la presse musicale, 1978-2018


Les Inrockuptibles n°9, novembre-décembre 1987, pages 16-17.
« Chilly Willy », The Chills par Jean-Daniel Beauvallet.

Les Inrockuptibles Jean-Daniel Beauvallet Illustration : Pauline Nuñez
Illustration : Pauline Nuñez

Les inrockuptibles Jean-Daniel Beauvallet The Chills1987. À peine débarqué du collège, je glande dans la cours de mon nouveau lycée, le Lycée Courbet, au centre-ville de Belfort. Mon ami Raphaël, qui m’avait fait découvrir Etienne Daho et Tears For Fears, me signale qu’un nouveau magazine propose une interview de Terence Trent d’Arby, qui cartonne, cette année-là, avec son tube Wishing Well. Depuis Michael Jackson, qui m’a scotché avec Beat It, Billie Jean et Thriller, je me trouve une passion pour les chanteurs noirs et funky qui éveillent en moi quelque chose d’inédit, une envie de danse, et sans doute de baise – ça sera pour bien plus tard. Car James Brown, Prince et toute sa clique sont associés dans mon esprit pubère à l’émission Sex Machine des deux gogoles de la télévision française, Dionnet et Manœuvre, qui avaient ouvert en grand mes sept chakras, après des préliminaires délivrés quelques années auparavant par la playmate de Coco Boy. Terence Trent d’Arby, donc, est ma nouvelle passion. Continuer « Papivole #1
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Elefant 30 : Le Mans

Elefant Records Le Mans
Benicassim août 95 / Photo : Michelle Pavlou

Pour mieux fêter cette année les 30 Ans d’Elefant Records (petit label madrilène devenu grand, dirigé par l’infatigable Luis Calvo, soutenu depuis toujours par Montse Santalla), Section26 va multiplier cette année les articles racontant les destinées improbables de certains artistes, disques et autres petites choses liées à la passion musicale. Il était a priori impensable de ne pas commencer cette série par Le Mans, qui fut longtemps le groupe totémique de la structure ibérique. Continuer « Elefant 30 : Le Mans »

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Machines #5 : E-MU SP-1200, A Wop Boom Bap

Après le Mellotron, clavier mythique des années soixante, faisons un bond dans le temps en 1987 et évoquons l’un des meilleurs sampleurs jamais créés : l’E-MU SP-1200. Si ses caractéristiques (notamment la taille de mémoire) peuvent prêter à sourire en 2019, la machine a marqué durablement son époque et au-delà, devenant l’une des références incontestables du sampling. Convoquons ainsi l’esprit d’une machine culte du Hip-Hop Boom Bap, dont les séquences hantent de nombreux hits, y compris dans des registres moins attendus…

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Machines #4 : Mellotron, Nights in White Satin

Mellotron M400 (Mark IV)

Après le microKORG, avatar le plus moderne de notre série Machines, faisons un grand bond dans le passé. Remontons le temps, bien avant le Minimoog. Nous sommes en 1963, les Beatles publient leur premier album, et un curieux instrument sort des ateliers de la société Bradmatic Ltd : le Mellotron MK1. Cette première version est une réinterprétation d’un instrument américain, le Chamberlin, dont les origines remontent aux années cinquante. Nous allons découvrir comment une firme de Birmingham, de mécanismes et têtes de lectures, a influencé toute la pop psychédélique et le rock progressif de la fin des années soixante en piquant, sans le vouloir, l’idée d’un Géo Trouvetou californien.

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Machines #3 : microKORG, maxi populaire.

Il y a douze ans, le 8 novembre 2006, le jeune Dorian Concept poste sur YouTube une vidéo totalement amateur, filmée n’importe comment, avec tout le charme que cela comporte. « Fooling Around On Microkorg » a circulé très vite, et ceux qui ricanaient hier ont bien dû reconnaître que la performance soulful et vrillée sur le petit synthé de Korg avait de quoi surprendre. 700 000 vues plus tard (à la fois si peu et beaucoup !), dans la désormais longue histoire de la bécane, l’Autrichien a, sans le savoir, posé un des jalons d’une aventure en cours d’écriture.

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Machines #2 – Minimoog : The Model D

Nombreuses furent les machines à marquer l’histoire de la musique pop de ces cinquante dernières années, mais incontestablement, le Minimoog Model D a une place à part dans le panthéon du genre. Il est, à bien des égards, la matrice de la révolution sonore à l’œuvre dans les années soixante-dix. Au delà d’un principe révolutionnaire, il y a le son unique et fantastique d’un instrument pensé pour les musiciens. Cela peut sembler peu parlant (pour le moment) mais le Minimoog a défini dans les grandes lignes à quoi devait ressembler un synthétiseur analogique soustractif monophonique. Des règles encore d’actualité en 2018 ! Continuer « Machines #2 – Minimoog : The Model D »

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Machines #1 – Roland TB-303 : The Acid Queen

L’histoire de la musique ne serait pas tout à fait la même sans les machines. Au vingtième siècle, les développements furent nombreux, les accidents heureux. Il continuent d’ailleurs de l’être aujourd’hui, à travers programmes (Fruity Loops et son effet Gross Beat dans la Trap) et plug ins (l’influence de l’Autotune d’Antares dans la musique pop radiophonique moderne). Il serait facile de ne voir les instruments que comme des outils répondant aux demandes des musiciens, car l’inverse s’est souvent produit : l’instrument a créé l’usage plus qu’il ne l’a accompagné. Un cas emblématique eut lieu au début des années quatre vingt. La compagnie Roland déboule en 1981 (ou 82 selon les sources) avec un bien curieux instrument: la TB-303 pour Transistor Bass. Un échec commercial, qui bouleverse pourtant la musique électronique quelques années plus tard.

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