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10 classiques de Warp Records

Les 30 ans d’un des plus grands labels électroniques

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Fondé en 1989 à Sheffield, Warp Records s’est imposé au fil des ans comme l’un des meilleurs labels indépendants au monde, spécialisé dans une electronica exigeante et inventive, mais pas seulement. Petite sélection idéale à l’occasion de leur anniversaire, fêté en grandes pompes avec trois jours de mix non stop, composé en grande partie d’inédits, sur la webradio NTS ce week-end.

LFO, Frequencies (1991)
Premier véritable carton pour la jeune écurie Warp, LFO, cet hymne kraftwerkien en diable, dont les vocoders et les infrabasses ont grondé à tout va dans beaucoup de raves du début des années 90. Les pionniers Mark Bell et Gez Varley signent dans la foulée un album, format alors maudit dans le rayon électronique, marquant d’une pierre blanche les débuts du label. Si LFO s’est définitivement arrêté avec la disparition de Bell en 2014, 28 ans plus tard, on danse encore fiévreusement sur leur musique.
APHEX TWIN, Selected Ambient Works II (1994)
Richard D. James, cette énigme de génie. Bien avant sa phase faciès ricanant et ouragan de breakbeats malsains, l’anglais produit l’album ambient ultime, battant presque Brian Eno sur son propre territoire. Ce puzzle austère de 25 titres, comme sortis du cœur d’une centrale nucléaire en fusion, n’est pourtant qu’une infime partie du travail pharaonique de James. Ces temps-ci, il inonde la toile de nouveaux titres tout aussi sidérants.
NIGHTMARES ON WAX, Smoker’s Delight (1995)
Alors que le monde s’apprêtait à subir les affres d’un genre désormais parti en fumée (quoique soutenu jadis dans les colonnes de la revue pop moderne), le trip hop, Warp précède la tendance avec ce second album du producteur George Evelyn alias Nightmares On Wax, écart bienvenu dans la discographie très électronique du label. Qu’il puise dans le dub, la soul, le funk ou le hip hop, Smoker’s Delight se révèle au final plus groovy que réellement bristolien, et reste toujours un luxe délicat à savourer à l’horizontale.
AUTECHRE, Tri Repetitae (1995)
Sans doute l’un des artistes les plus barrés de Warp dans la catégorie électronique, le duo Autechre (Sean Booth et Rob Brown) ont construit une discographie faite d’une musique sans équivalent : mutante, expérimentale et abstraite. Leur troisième album, véritable travail d’orfèvre en termes de séquenceurs, clôt une période relativement calme si l’on écoute leurs productions suivantes, nettement plus radicales.
BOARDS OF CANADA, Music Has The Right To Children (1998)
Craquements boisés, échos de voix lointaines, rythmiques syncopées, la richesse cryptique de la musique des deux frères écossais de Boards Of Canada hante longtemps. Pas étonnant, ils composent dans un studio isolé à la campagne une musique électronique au son analogique, comme un regard dans un rétroviseur tourné vers le futur. Si chaque album suivant s’entiche un peu plus d’éléments du passé, celui-ci garde l’équilibre parfait.
BROADCAST, The Noise Made By People (2000)
Comme une rencontre fortuite entre Lee Hazelwood, Neu! et Nico jeune, la musique de Broadcast chasse encore un peu plus les idées reçues sur le label Warp. Trish Keenan et James Cargill, couple à la ville, ont produit trois albums géniaux et quelques compilations d’inédits, avant la mort prématurée de la chanteuse en 2011. Entre doux malaise et langueur certaine, leur premier disque, petite merveille de pop au psychédélisme cotonneux, ne vieillira sans doute jamais.
THE OTHER PEOPLE PLACE, Lifestyles Of The Laptop Café (2001)
Gerald Donald et James Stinson font partie de ces compositeurs énigmatiques issus de la seconde génération de producteurs techno à Detroit, apparus au début des années 90. Sous le nom de Drexciya, ils ont inventé une techno tout à fait singulière, à la fois aquatique et hypnotique, chargée de symboles. Avec ce one-shot album, ils jouent une carte plus dépouillée, avec une musique aux tempos adoucis d’où pointe une légère inquiétude, et dont chaque morceau symbolise une étape d’une relation amoureuse. Classique total.
GRAVENHURST, Flashlight Seasons (2004)
L’album qui poursuit l’ouverture de Warp à d’autres musiques, au-delà de l’electronica. Le deuxième LP de Gravenhurst est une sublime déclinaison d’un folk spectral aux arrangements délicats, porté par une voix douce parfois dédoublée en harmonies (on pense çà et là à des Kings Of Convenience frigorifiés dans la campagne anglaise). Nick Talbot publiera trois autres albums, plus électriques, jusqu’à sa disparition brutale le 4 décembre 2014 à l’âge de 37 ans.
GRIZZLY BEAR, Veckatimest (2009)
Le troisième album de Grizzly Bear est celui de la consécration pour le quatuor new-yorkais, adoubé par Radiohead, dont il a assuré les premières parties en 2008. Nommé d’après une petite île au large de Cape Cod, c’est un disque ambitieux au classicisme pop tordu, qui revisite l’héritage psychédélique de Love à la lumière du savoir-faire d’un jeune groupe lettré des années 2000. Avec à la clé huit grandes chansons, dont l’inépuisable tube Two Weeks.
ONEOHTRIX POINT NEVER, R Plus Seven (2013)
On a forcément oublié de nombreux artistes dans cette petite sélection d’albums warpiens (Squarepusher, Plaid, patten ou Prefuse 73, pour ne citer qu’eux) mais Daniel Lopatin, alias Oneohtrix Point Never se devait d’y figurer, preuve qu’une certaine idée de la musique électronique expérimentale reste un terreau fertile, à la créativité intacte. Jouée essentiellement sur des claviers anciens, R Plus Seven ouvre le bal (chez Warp) d’une discographie que l’on sait déjà aussi prolifique qu’inspirée et tortueuse.
Merci à Vincent Théval pour sa participation.

Timetable des festivités…

2 réflexions sur « 10 classiques de Warp Records »

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