
Noir c’est noir, mais il reste de l’espoir. Le duo Canadien Bibi Club, composé d’Adèle Trottier-Rivard aux vocaux et aux claviers, et de Nicolas Basque à la guitare, vient de sortir son troisième album, Amaro, marqué par le deuil de personnes proches. Bibi Club continue d’explorer le virage un peu plus sombre du précédent, Feu de Garde, cette fois en accentuant un savant mélange entre l’électronique et la folk. Mais pas seulement. Amaro fait également penser par moment à un Stereolab qui aurait vu le jour en 2026 plutôt qu’en 1991, c’est vous dire le niveau. Je ne peux d’ailleurs que vous recommander de jeter une oreille sur leur géniale de reprise d’Orgiastic parue l’an passé. Vous l’aurez compris, si Amaro adresse le deuil frontalement à travers ses textes, musicalement l’album est aventureux, s’affranchissant des pièges et des tics qui peuvent repousser l’auditeur lorsqu’un disque est trop sombre et intense. Les dix morceaux du Selectorama de Bibi Club nous permettent d’ailleurs de mieux comprendre l’univers de Amaro, alliant par exemple la beauté fragile de Lune Très Belle aux guitares noisy de They Are Gutting A Body Of Water, ou allant puiser des références dans le duo synthpop français Eighties Deux ou l’anglaise Tirzah. Alors, comme diraient un célèbre trio Londonien, Join Our Club !