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Selectorama : Marinero

Marinero
Marinero / Photo : Suchit Upadhyay


Les meilleures rencontres sont souvent liées au hasard. Parmi les dizaines de mails reçus chaque semaine, le nom d’un artiste m’a intrigué :
Marinero. Cela semblait être tellement à l’opposé des groupes que j’écoute habituellement que la curiosité m’a poussé à cliquer sur le lien. Immédiatement plongé dans un univers sixties et seventies, j’ai d’abord été déboussolé. En mélangeant grands classiques américains, bossa, musique folklorique mexicaine à un chant alternant l’anglais et l’espagnol, Jess Sylvester a créé un disque hors du temps aux allures de trésor caché. Comme si Morricone, Gainsbourg, Jobim et quelques autres intouchables avaient grandi sous le soleil de Californie, à quelques kilomètres de la frontière mexicaine. Loin d’être un pastiche, le San Franciscain impressionne par la qualité des arrangements et l’inventivité de ses compositions. Si certains d’entre vous cherchent le disque idéal pour accompagner leur été, ne cherchez pas plus loin. Fermez les yeux, vous vous imaginerez immédiatement déjà au volant de votre voiture, vitres ouvertes, cheveux au vent, paysages sublimes et Hella Love à plein volume. Dans ce Selectorama atypique, Marinero dévoile les morceaux qui ont inspiré et influencé l’album. Vous y croiserez aussi bien Aldo y Los Pasteles Verdes que Gainsbourg ou Cindy Lee. Vous l’aurez compris, Marinero est un homme de goût.
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La Luz : “On n’a pas besoin d’un homme pour partir en tournée.”

La Luz
Lena Simon (basse), Shana Cleveland (guitare et chant), Marian Li Pino (batterie) et Alice Sandahl (clavier). Photo : Andrew Imanaka

Un récent départ pour Los Angeles, machine à rêves, et des heures passées sur les routes le nez à la fenêtre ; c’est certainement dans un sommeil paradoxal que Shana Cleveland, voix de La Luz, a composé Floating Features. Cigales géantes, aliens et autres créatures surréalistes planent sur ce troisième album, paru au printemps chez Hardly Art. Fidèles à leur marque de fabrique – batterie tonitruante, mélodies ensorcelantes et harmonies spectrales – les filles de Seattle nous rassurent : le soleil californien n’a pas encore ôté à leur surf rock son charme sombre. A des lieues de l’enregistrement DIY d’It’s Alive (2013) et de l’urgence insufflée par la production de Ty Segall sur Weirdo Shrine (2015), Floating Features se distingue par la variété et le détail de ses arrangements. Un album plus recherché, peut-être plus mature, qu’elles défendaient le 21 septembre dernier au Levitation France à Angers. Quelques minutes avant leur montée sur la scène du Quai, elles ont abordé en toute honnêteté leur vie sur la route, de la monotonie des stations essences à la nécessité, pour s’accomplir, d’avancer sans trop se retourner. Continuer la lecture de « La Luz : “On n’a pas besoin d’un homme pour partir en tournée.” »