Sous surveillance : Dear Pola

Dear Pola / Photo : bandcamp
Dear Pola / Photo : bandcamp

Qui ?

Mary Daste écrit des chansons depuis l’âge de 10 ans, depuis donc deux décennies et des galets. S’il s’agit d’une apparition récente, le métier de la chose folk est chevillé au corps autodidacte, mûri en solitude artistique de fait et de goût. Une guitare, une voix, et le XXIe siècle : le studio de chambre. Au long des étagères, de la poésie, et Woolf, Plath, Kerouac, Cohen, et l’anglais donc en évidence, en pratique cruciale, en rideau que le vent agite.

Joan Baez sur la platine familiale, les suspects psychédéliques habituels sur la platine fraternelle, Pink Floyd, Doors, les portes sont ouvertes en grand, l’air respire, et le pivot Leonard Cohen, que l’on n’entend pas immédiatement mais que l’on reconnaît – cette grammaire de l’âme.

Depuis, les obsessions passent et repassent, dessinent. Le temps du rêve demeure à portée d’oreille.

Où ?

La Drôme. Où l’espoir demeure quand on veut y songer, où la nature sublime l’idée que l’on s’en fait. Sur place, pas vraiment d’une scène ou d’une autre, même si de la chanson s’écrit sérieusement au voisinage – H-Burns, Chevalrex, on sait. Le souffle déplace les montagnes de l’âme dans ce genre d’endroit.

Quoi ?

De la dream folk. Le dossier de presse et mes oreilles disent Adrianne Lenker – c’est à la fois aussi bien, et pas seulement ça.

Dernière sortie

Un premier EP, Ma part du ciel, publié l’automne dernier, qui rappelle ces concerts d’un vieil ami : même jeune, on jurait qu’il avait 100 ans tant il paraissait avoir vécu toutes les vies du monde pour n’en garder que l’essence : une présence de chaque seconde, un genre de non-agir taoïste tandis que la chanson s’écoulait. Dear Pola se tient exactement là : un enregistrement solo de A à Z, la guitare arpente des territoires connus seulement des Grubbs et des O’Rourke, des Drake et des Lenker, la voix en amie souple et subtile transmute le souffle. Autour, des arrangements comme une syntaxe de sons et d’effets, des field recordings, des motifs rythmiques, des nappes, des moyens que l’écoute approfondie n’épuise pas donnent à écouter le silence.

Oui, c’est un disque de cet acabit, de ceux qui comptent vraiment, en cinq titres seulement.

Tube absolu

Naïve, qui ouvre le disque, air de Nordenstam. Ou Fragment/Limbs, qui suppose quelques siècles d’émotions pour parvenir à des doigts et des cordes vocales capables de la dessiner. Ou toute chanson tirée au hasard : il n’y en a pas une qui ne soit une évidence inconnue, un tremblement. L’entrée de vous-saurez-quoi-si-vous-écoutez sur Skies of Aarhus, et la façon dont ça dit la durée. Et puis Ma part du ciel, texte en anglais, s’il faut des tadadada dans une chanson – il faudrait toujours au moins un tadadada par disque.

Futur proche

Un album en voie d’achèvement, à paraître sur le même excellent label bourguignon Osto Records à l’horizon 2025, et des concerts autant que possible – dont le 17 septembre à Paris à L’Archipel, le 11 octobre en première partie d’Elysian Fields au théâtre Le Piccolo à Châlons-sur-Saône, le 8 novembre à La Cordonnerie à Romans-sur Isère.

À écouter


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