LA PLAYLIST DES NOUVEAUTÉS DE FÉVRIER 2026

On nettoie, on élague, on rafraîchit, ça bourgeonne, ça verdit et c’est reparti. Au moins une chose qui se régénère cycliquement de manière immuable. Catégorie pop moderne, c’est toujours un peu une somme des heurts passés, des expériences d’avant, qui détermine ce qu’on écoutera la prochaine saison. Ici, une petite sélection de ce qu’on a aimé ce mois-ci, en provenance des quatre coins du globe.

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1. Special Friend, Clipping (Howlin’ Banana/Hidden Bay/Skep Wax)

Ce deuxième single, également le titre de l’album à venir, confirme que le duo est toujours investi dans un univers DIY, mais que leur son s’est considérablement affiné ces derniers temps, tout en gardant cette simplicité et cette mélancolie pop qui leur sied tant. Sans doute la petite touche en plus de Alexis Fugain et Margaux Bouchaudon à l’enregistrement et Syd Kemp au mastering. Clipping évoque l’idée d’élaguer un végétal pour l’aider à mieux grandir, un thème tout à fait raccord ici. (TS)

2. Pop Crimes, Promises (Howlin’ Banana)

On est heureux de retrouver Pop Crimes en forme, pour une nouvelle séance de rock aux influences 90’s bien digérées. Le groupe parisien ne commet certainement pas un crime contre la pop, bien au contraire ! (AGF)

3. White Fence, Your Eyes (Drag City Records)

Un nouvel album, Orange, produit par Ty Segall, sept ans après le dernier, voilà de quoi nous réjouir car on aime beaucoup Tim Presley. « Your Eyes parle d’amour et de perte, d’addiction et de désintox… mais aussi de l’absurdité de la vie ». Ce titre nous donne très envie de savourer le LP dont la sortie est prévue le 24 avril. (CM)

4. Would-Be-Goods, Tears For Leda (Skep Wax Records)

Inspiration hellénique pour ce Tears For Leda, qui n’a rien d’un chant du cygne mais confirme au contraire l’immense énergie qui anime le label Skep Wax, à qui l’on doit également les sorties de Heavenly et Railcard rien que pour ce mois de février. Comme à son habitude, Jessica Griffin est accompagnée de Peter Momtchiloff (Heavenly, Talulah Gosh) à la guitare, mais aussi de Debbie Greensmith (Thee Headcoatees, entre autres) à la batterie, et Andy Warren (The Monochrome Set, Adam and the Ants) à la basse pour Tears Before Bedtime, nouvel album dont on espère qu’il sera joué bientôt sur une scène française. La prononciation est évidemment impeccable, tout autant que les textes et la musique moderne à souhait. (PR)

5. Coup Dur, Mon amie (62 Records/Precious Recordings Of London)

Well, here’s Coup Dur, a British trio who promise us an album entirely in French for May. The wait is all the more exciting given that the first single, Mon Amie, is a two-minute pop song for teenagers. To say we love it is an understatement. The way the band embraces this post-yéyé universe, playing with a time machine, is both comical and shows real respect for the original culture. Not as twisted as Wes Anderson’s French Dispatch, and as fantastical as El Records‘ Francophilia, but in its original version, ça change tout ! (RS)

6. Plastic Family, TV Screen (Echo Archive Recordings)

Plastic Family est un supergroupe de la scène underground néerlandaise, avec la chanteuse Fleur, le musicien Frankie, mais aussi des membres de Mooon ou The Hook ! Les intéressés délaissent le son sixties et se plongent à corps perdus dans une powerpop réhaussée de touches glam rock. C’est vraiment excellent dans le genre ! (AGF)

7. Triptides, How I Feel Today (Label 51)

Triptides déjà de retour avec un nouveau single. How I Feel Today est une petite merveille de soft rock, qui ravira les fans de Todd Rundgren, Jackson Browne ou Carole King. Encore une fois, Glenn Brigman écrit merveilleusement bien, il n’y en a pas beaucoup à faire d’aussi jolies séquences d’accords de nos jours. (AGF)

8. Kevin Morby, Javelin (Dead Oceans)

En attendant Little Wide Open à paraître le 15 mai prochain, Kevin Morby nous invite à parcourir le monde tel un javelot, avant de revenir se planter au cœur d’une Amérique profonde que seuls les musiciens, cinéastes et écrivains semblent parvenir encore à nous faire aimer. Amelia Meath (Sylvan Esso) outrepasse son rôle de choriste pour finir le morceau dans un duo qui donne envie de partir en road trip pour profiter des premiers rayons du soleil. En concert le 4 juillet à Lille (l’Aeronef), le 5 juillet à Hérouville-Saint-Clair (Festival Beauregard), le 6 juillet à Paris (Salle Pleyel). (PR)

9. Michelle Blades, Show & Tell (Escargot Musique)

Ils ne cessent de surgir depuis le début du mois, ces petits bouts de mélodie qui me chatouillent, dont je cherche l’origine comme si je les connaissais depuis toujours… Et puis je me rappelle que c’est Michelle Blades et je chantonne avec elle : « I’ve got nothing to say in the city of show & tell ». Un album qui va à l’essentiel, à la fois si créatif et si beau, comme le laissaient présager les singles (Dear Friend et ses harmonies…). (CG)

10. Wendy Eisenberg, Old Myth Dying (Joyful Noise Recordings)

Elle joue de la guitare comme personne — tisse un lien sobre et délicat entre improvisation et tradition, mêle deux ou mille cordes avec sa prestidigitation vocale. Elle s’appelle Wendy Eisenberg, porte des grands blousons, branche des pédales et ferme les yeux quand elle joue, n’a peur ni des refrains ni des gammes pentatoniques. Puissance enchanteresse, je suis sous le charme, son nouvel album sort simplement sous son nom le 3 avril prochain. (PN)

11. A Ghost Column, To Be Right (autoproduction)

Nous découvrions A Ghost Column il y a deux ans avec la sortie de Resistance, un premier single hypnotisant. L’attente a été longue mais le groupe formé par la chanteuse Victoria RH, Sophie Ellison, et deux membres d’Ulrika Spacek – Syd Kemp et Callum Brown -, annonce son retour avec un double-single. Une voix chaude et aérienne, en contraste avec une instrumentation tout en rythme et en percussion. L’album, apparemment terminé, arrivera on l’espère bientôt. (CG)

12. Sébastien Schuller, Trust (La Comedia del Cielo) (Raccoon in the Attic)

On a failli attendre. Plus d’une décennie que Sébastien Schuller n’avait pas réalisé d’album « pop » – « pop, vraiment ? » Oui, vraiment – et n’avait rompu le silence que le temps d’un disque dédié au piano, Introspection. En éclaireur du très joliment intitulé Haunted Melody – il n’y a pas à dire, en matière de titres, ce gars-là touche le plus souvent au génie –, il offre Trust (La Comedia Del Cielo) – je ne sais plus si en matière de titres, ce gars-là touchait le plus souvent au génie ? –, une chanson dont la boite à rythmes au charme suranné évoque The Sun & The Rainfall de Depeche Mode alors que la voix haut perchée se cache derrière des nappes de synthé. Ce sont alors sept minutes d’un hymne à la mélancolie – bleue, forcément, la mélancolie – et une nouvelle preuve qu’on a bien de la chance d’aimer ces chansons tristes. Mais si belles. (CB)

13. Exek, Chef’s Hat Renaissance (DFA Records)

Depuis ses débuts, Exek est un groupe prometteur, mais c’est surtout l’un des rares à ne pas s’essouffler, chaque album étant (jusqu’ici) meilleur que le précédent. Chef’s Hat Renaissance prouve une nouvelle fois qu’Exek est le seul groupe à pouvoir s’inspirer du jeune Brian Eno sans se prendre les pieds dans le tapis volant – et les pédales d’effets. (XM)

14. Cola, Hedgesitting (Fire Talk)

Excitation d’apprendre que les Montréalais seront bientôt de retour avec un troisième album, Cost of Living Adjustment, attendu le 8 mai. Un premier extrait ultra accrocheur qui ne fait qu’attiser notre impatience, avec des guitares bien affutées et la voix toujours si charismatique de Tim Darcy. (CG)

15. Crache, Ces oiseaux (Howlin’ Banana/Ganache Records)

On sait toujours pas très bien ce que revêt le terme d’egg punk, mais ça devrait coller à la musique de Crache, petite balle explosive pleine de sueur et de molard donc, ça cavale à 100 à l’heure, ça hésite entre cri primal et lyrisme de rue, c’est parfaitement bien visé entre les deux, les guitares sont sur 10, et ça donne envie de se jeter de la scène dans cette petite foule dégingandée et sympa qui va s’ouvrir au bon moment, nous laissant nous écraser sur le béton froid de nos désillusions. (RS)

16. chest., cor (Howlin’ Banana)

chest. continue la distribution de mandales. On ne serait pas étonné que leur premier album soit aussi une grosse cartouche. Chaque morceau publié montre une progression dans les intentions et les idées ! Très fort, les Français. (AGF)

17. Sorry, Billy Elliot (Domino)

Quelques mois après leur troisième Cosplay, double sortie pour Sorry ce mois-ci, avec ce charmant Billy Elliot et le non moins réussi Alone In Cologne. Pour les nostalgiques de Stina Nordenstam, la voix délicate d’Asha Lorenz sert des mélodies aussi accrocheuses que tordues dans le cas de Alone In Cologne. En concert le 5 mars à Paris (le Trabendo), le 6 mars à Tourcoing (le Grand Mix). (PR)

18. Anna Calvi feat. Iggy Pop, God’s Lonely Man (Domino)

Sexytude de ce morceau dont je n’ai pas grand chose à dire sinon qu’il fait un bien fou, que ça donne envie d’oublier toute la merde ambiante, de danser toute la nuit et de faire l’amour pendant des heures, parce qu’il s’agit de rester vivants tant qu’on le peut encore … Sacré Iggy qui n’en finit pas de rugir et puis la voix d’Anna Calvi, ses envolées, c’est quand même quelque chose. (LB)

19. Pipiolas, NaNaNa (Elefant Records)

En novembre dernier, Pipiolas sortait Soy Una Estrella !!!, sympathique « hommage » appuyé au Sara Perchè Ti Amo de Ricchi E Poveri. Toujours inspirées par les années 80, Adriana et Paula proposent cette fois une chanson originale, dont les paroles obscures sur des boucles froides mais dansantes évoque l’aube un peu glauque au moment où s’ouvrent les portes de la discothèque. Intemporel. (PR)

20. Jorge Elbrecht, Paisaje Oscuro (autoproduction)

C’est totalement kitsch, sans doute assez ironique, mais cet EP de 5 titres entièrement en espagnol nous donne, comme d’habitude avec Elbrecht (natif du Costa Rica), une furieuse envie de faire la fête. Il en signe les paroles, la musique, la production et le mixage. (CG)

21. Adult DVD, Real Tree Lee (Fat Possum Records)

Une énergie punk brute et imparable tellement britannique, qui donne juste envie de danser, une pinte à la main, avec les lads de Leeds. (CM)

22. MONT LOSER, Confessional (Géographie)

Un premier album du trio parisien, à paraître le 17 avril, et ce single carrément addictif. (CM)

23. Nemohe, Partie V, Asthénie (Am Stram Gram)

« Je ne sais pas, cette musique m’apaise, c’est mon new age à moi, d’ailleurs j’écris ses lignes sous l’emprise des cinq Parties de ce disque, ça me transporte, et j’aime aussi beaucoup la littérature évocatrice des titres : Intime, Mort de surface et réalisation, Peaux (mon son préféré), Synthèse et oubli et Asthénie, qui est une sorte de fatigue extrême, de faiblesse de l’organisme. C’est peut-être un autre indice : la retranscription par les textures de ces guitares molles de cet état d’épuisement adolescent (mais pas que). En tous les cas, quel que soit ce qu’on y projette, ce petit précis chapitré, recueil de sensations lessivées qui font vibrer les tympans et vrombir le moteur intime palpite intensément. La vie, ce bruit. » Arrière-magasin, 7 février 2026. (RS)

24. Population II, Magouilleux (Bon Sound)

Population II est de retour avec un nouvel EP. Leur musique est toujours aussi intéressante et unique. Ils sont peu nombreux à faire du rock psychédélique dans notre langue de nos jours. Dommage que les disques des Québécois soient introuvables en France ! (AGF)

25. Société Etrange, Coquet (Carton Records/Bongo Joe)

Tour de chauffe des post-rockers sans voix de Société Etrange avant la sortie le 27 mars de leur nouvel album Heat. Post, avant, pas rock, il y a toujours ce charme étrange du vague dans cette mixture instrumentale qui fait la part belle à une sorte de non-résolution : les gens de Lyon nous laisse de l’espace pour nous projeter dans leurs boucles, à nous de savoir si on danse dans une boîte de nuit un peu cheloue tricarde à la SACEM, assis devant un film muet gonflé par un funk sous anxyolitique ou vers à la main de vin blanc pétillant au vernissage d’un FRAC un peu déglingo qui programmerait ce trio de jazz non-jazz. A toi de choise ! (RS)

26. Chloé Jara-Buto, donkey-kong (Le Backstore)

« Guitares grêlées directement dans le 4-pistes à cassette, petits gimmicks synthétiques savamment agencés, boites à rythmes au fond à droite, folk de ressourcerie, mélodies mi-parlées mi-susurrées, miaulement samplé du chat qui passe, la musicienne pose là son instrumentarium de chambre sur la table et déroule tranquillement son programme de chansons du XXIe siècle, intimes, concernées, à la recherche d’une vérité sur soi-même, par le bout microscopique de la lorgnette lo-fi. C’est fragile, c’est le jeu, et ces rêveuses constructions en allumettes portent en étendard cette élégance du retrait, cet art du profil bas : comme les confidences d’une amie, à l’aube, quand les oiseaux se mettent à chanter, les esprits embrumés d’après la fête. » Arrière-magasin, 8 février 2026. (RS)

27. Pan-American, Death Cleaning (Kranky)

Mark Nelson nous gratifie le 20 mars d’un nouvel album Fly The Ocean In A Silver Plane. Lâchez tout, fermez les yeux et voyagez avec lui. (CM)

28. Sr. Chinarro, Sal de la Tarta (Eclipse Melodies)

On croyait l’homme peu enclin à se retourner sur son passé – mais l’une des grandes forces d’Antonio Luque, alias Sr Chinarro, c’est bien de faire ce qu’on n’attend certainement pas qu’il fasse. Alors que le troisième millénaire fête son quart de siècle, le bel Andalou, qui n’a pourtant jamais connu de crise d’inspiration, a décidé de piocher dans les disque de ses débuts, parus dans les années 1990 – quatre albums et une poignée de single, tous très fréquentables, comme une version new-wave éclairée par un soleil crépusculaire plutôt qu’emmitouflée dans des brumes pluvieuses. Premier extrait de cet exercice de style – dont oui, j’attends beaucoup, et ce bien au-delà d’une possible nostalgie ou le simple plaisir d’ouvrir la malle aux souvenirs ? Le faussement enjoué Sal de La Tarta, enregistré à l’origine pour le deuxième album de l’homme-groupe, Compito (1996). Trente ans plus tard (ai-je vraiment écrit « trente ans » ?!), la chanson a pris de jolies couleurs et assume fièrement ses accents latins matinés d’indie pop versant années 1980, comme si les Smiths venaient en fait de Triana. (CB)

29. Côme Ranjard, Samba Saravah (Vietnam)

Côme Ranjard s’improvise fleuriste pour ce Bouquet de reprises, composé d’espèces de tous horizons : des natives, avec Pierre Barouh – que l’on écoute ici, dans un très joli duo masculin-féminin – et Alain Bashung ; des acclimatées, avec des adaptations françaises de Mac DeMarco et Chet Baker ; et des exotiques avec Doopees et un titre en japonais de Haruomi Hosono et Rei Harakami. (CG)

30. Hugues Ranjard, A trop vouloir donner (autoproduction)

Dans la famille Ranjard je demande Hugues, qui dévoilait ce mois-ci un extrait d’un premier album à venir, Le jeu. La ressemblance entre sa voix et celle de son frère Côme est assez troublante ; le charme de leur musique, identique. (CG)

31. Chiens de Faïence, Les restes imaginés (Langue Pendue/Safe In The Rain)

Me revoilà à faire le sale boulot d’autopromo pour ma maison de cassettes Langue Pendue, mais je suis prêt à détruire ma réputation de critique (si tant est) pour crier sur tous les toits mon amour des Chiens de Faïence, pare feu, pare buffle, garde fou de tous les excès musicaux de l’époque. Ici pas d’esbrouffe, pas de « production », pas de « son », pas de « technique », juste des êtres humains avec des chansons dont ils ne savent quoi faire à part les jouer. Et parfois, c’est déjà beaucoup. (RS)

32. Jean Felzine, Adieu (Vietnam)

« Adieu » ou bonjour ? Jean Felzine dit adieu à Mustang mais prépare un deuxième album en solo chez Vietnam. À la production électronique de son précédent disque, le chanteur français choisit ici une approche très différente et délicate. La guitare acoustique et la basse mettent en effet parfaitement en valeur les textes et les mélodies de Felzine. Très curieux d’entendre la suite ! (AGF)

33. Delphine Dora, Les heures flottantes (Morr Music/Marionette)

Néo classique, nouvelle âge, planage, ou tout simplement de la musique Delphine Dora, tant la compositrice nous a habitué à des chemins de traverse complètement libres. Nous, on est contents de la retrouver depuis L’inatingible qui nous avait percuté en 2020, conscient qu’il doit quand même nous manquer des épisodes depuis (une dizaine, en vrai). Son album L’inéluctable pulsation du temps (oh que oui) sortira le 13 mars. (RS)

34. Old Sedan, Move Your Feet Like This (Partyfine)

Bastien (Chilam Balam, The George Kaplan Conspiracy…) balance un premier single absolument accrocheur – j’ai pensé à Cabaret Voltaire, vivement la suite ! (CM)

35. APR1L, Ketamine Jane (autoproduction)

APR1L sort un deuxième single très réussi, quelque part entre hyperpop et 2-step ! (AGF)


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