Arthur Satàn, A Journey That Never Was (Born Bad Records)

Arthur Satàn, A Journey That Never Was (Born Bad Records)En 2021, Arthur Satàn sortait So Far So Good,  son premier véritable album en solitaire. Quatre ans plus tard, il donne enfin suite à cet album post-COVID, avec le superbe A Journey That Never Was. Le Bordelais reste aussi fidèle au label Born Bad, structure hébergeant quelques uns de nos hurluberlus favoris (Pleasure Principle, Forever Pavot, Star Feminine Band, Bryan’s Magic Tears, Gwendoline etc.). Arthur Satàn n’est pas pour autant un nouveau venu. Actif dans la scène garage-rock, depuis une bonne quinzaine d’années, il a enquillé les albums (cinq en tout) avec les fameux J.C. Satàn. En parallèle il participe également aux Crâne Angels, au coté notamment de Petit Fantôme ou Vincent Bestaven.

Arthur Satan
Arthur Satan / Photo : DR

Les présentations désormais faites, faisons place à A Journey That Never Was. Pour cet attendu retour, Arthur Satàn n’a pas fait les choses à moitié. L’album se dévoile le long de deux 33 tours. Cette durée généreuse n’est pourtant pas synonyme d’un excessif embonpoint. Ecriture, arrangements (clavecins, pianos, cordes), production, tout ici concourt à faire cet album une expérience mémorable. Dès The Killer, nous sommes happés par la qualité générale de la proposition. Les batteries sont massives quand les guitares offrent un festival de textures, allant du phaser à la saturation franche. Le mixage impeccable révèle parfaitement la finesse des compositions. Arthur Satàn s’en donne à cœur joie. Il puisse certainement ses influences dans les années 60/70 mais ne daigne pas élargir quelque peu le spectre. Loner Perpsective ne serait pas incommodée d’une petite place sur Revolver (1966) des Beatles, quand After The Night renvoie étrangement, sur le couplet, à Sweet Emotion (1975) d’ AerosmithGlamosaurus Rex ose un croisement culoté entre T. Rex et The GunLovely Suzy imagine, quant à elle, la rencontre des Kinks de Village Green (1968) avec Blur de The Great Escape (1995). Cette influence brit-pop transparait également dans l’excellente Crucify Me. Parfois le Bordelais regarde plutôt de l’autre coté de l’Atlantique. Le grunge s’invite ainsi à la fête (Son of the Atom). Ty Segall, période Goodbye Bread (2011) ou Manipulator (2014) n’est pas loin non plus (A Cold Morning, The Farmer / The Soldier). Toujours dans les bons coups, Artur Satàn n’a donc pas peur de l’artillerie lourde et des grosses guitares. Et il a raison, car cette approche lui sied très bien. Chaque morceau réserve ces jolies trouvailles et rien ne fait ici de fausses notes.

À la fois puissant et raffiné, A Journey That Never Was assure un sacré numéro d’équilibre de plus d’une heure. La longueur est probablement excessive mais nous serions bien en peine d’y effectuer des coupes tant l’album ne flanche pas et maintient un rythme effréné. Arthur Satàn propose ici un sacrément bon disque de rock, vraiment enthousiasmant. L’idiome y est, certes, assez traditionnel, mais l’exécution absolument spectaculaire. Le travail effectué est sensationnel. Incantation des breloques acquises depuis son enfance, Arthur Satàn a utilisé cette matière première de la meilleure des manières, sans une once de cynisme mais avec la rage d’en découdre. Ne nous mentons pas : cela fait du bien de se prendre une telle décharge d’électricité dans la poire. Remercions les zélés comme Arthur d’y consacrer une telle énergie.


A Journey That Never Was par Arthur Satàn est disponible sur le label Born Bad Records.

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