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Tahiti 80, The Sunsh!ne Beat Vol. 1 (Human Sounds)

Vingt-cinq ans d’existence, un premier album il y a dix-neuf ans, six autres depuis : les Français de Tahiti 80 sont désormais des briscards de la pop indépendante hexagonale, de ceux capables de traverser et résister aux différentes modes. Imaginez-vous, certains lecteurs et lectrices de cette chronique (probablement égarés) n’étaient potentiellement pas nés quand Heartbeat passait dans les clips de M6 la nuit ! Chevronnés certes, mais pas blasés, les Rouennais. A vrai dire, leur volonté de se renouveler et de garder une oreille attentive et innocente sur l’idiome pop a quelque chose d’attachant et charmant.

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Tahiti 80, Ballroom (Human Sounds)

Les années 90 sont si proches et pourtant si éloignées. Nous étions fringants et beaux. Notre soif d’idéalisme n’avait pas encore été perverti par un matérialisme galopant. Que reste-t-il de nos amours de jeunesse ? Évaporées en souvenirs diffus et sibyllins, quelques chansons émergent de la brume. Heartbeat est de celle-ci. La guitare funk blanc façon Orange Juice, son motif de synthétiseur obsédant (agaçant diront certains) et l’accent français de Xavier Boyer agissent de concert pour ressusciter notre candeur. Déjà quinze ans que Puzzle (1999) est sorti ! Près de deux décennies après leur formation Tahiti 80 est encore là. Durablement installé dans le paysage musical français, le groupe n’a jamais cessé de composer de très bons disques de pop, largement boudés par un grand public frappé de cécité ! Loin de se décourager, les Rouennais ont chéri leur formule magique : une pop bien écrite, légère, dansante, optimiste mais teintée de mélancolie. Dans les grandes lignes, un programme appliqué par la Motown pendant plus d’une décennie. Ballroom, sixième album ne fait que confirmer ce que nous savions déjà : Tahiti 80 est un groupe rare et unique en France. Les normands ont fait appel à Richard Swift (Foxygen). Ce dernier a bouleversé la routine de vieux couple de la formation, la poussant à expérimenter. Revigoré par l’expérience, le groupe s’amuse, accepte ses imperfections, les cultive même ! Ballroom n’en est que plus sincère et attachant. Toujours aussi doué pour les tubes, Tahiti 80 propose en hors d’œuvre son meilleur candidat (Crush). Un single dans la grande tradition du groupe, lointain écho aux Soul Deep et Easy . Le groupe, libéré de cette obligation morale, se lâche dans un disque réjouissant et inventif. Déluge de synthétiseurs analogiques (Coldest Summer), mélodies sixties (T.D.K.), pont psychédélique baggy (Back 4 More) la formation s’éclate à emprunter les itinéraires bis, sans jamais perdre de vue leur essence: de très bonnes chansons. Solid Gold conclut l’affaire avec panache, Tahiti 80 n’a pas l’intention de rendre les armes, les normands ont encore de belles années devant eux et le font savoir avec cet excellent Ballroom.