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Selectorama : RVG

RVG
RVG / Photo : Anna Cunningham

RVG est sans conteste l’un des groupes australiens les plus surveillés du moment. Feral, leur deuxième album tout juste sorti chez Fire Records combine à merveille le post punk et une pop fortement inspirée des 80’s. Si l’esprit des Go-Betweens n’est jamais loin, les mélodies à la Johnny Marr apportent un peu de lumière aux textes intenses de la chanteuse Romy Vager. Une noirceur non dénuée d’un certain sens de l’humour, le trio allant jusqu’à utiliser un sample de perceuse pour neurochirurgie sur le titre Christian NeurosurgeonMarc Nolte et Reuben Bloxham, les 2/3 de RVG ont chacun choisi une dizaine de morceaux pour un Selectorama qui foisonne  de titres souvent rares et classieux issus de la scène australienne. Le groupe s’y raconte à travers des anecdotes de tournée, des souvenirs d’enfance. Vous apprendrez même quelle drogue est stockée dans le frigo du batteur depuis des mois…

Marc Nolte

Slim Dusty, Gday Gday 

Je chante ce titre sans cesse en tournée. C’est un classique un peu beauf en Nouvelle Zélande. Je le fais de façon ironique. C’est un moyen de faire rigoler les autres. Je tiens personnellement à m’excuser auprès des autres membres du groupe qui ne doivent plus pouvoir supporter de l’entendre.

The Mummies, You Must Fight To Live

Je jouais dans un groupe qui faisait une reprise de ce titre. Écouter ce titre ne fait que renforcer mon opinion sur le fait que tu n’as pas besoin de maîtriser un instrument pour créer de la musique intéressante. L’état d’esprit garage me tient toujours à cœur. Les erreurs donnent du caractère à la musique. Je tiens à préciser que ce morceau ne date pas des années soixante.

The Pretty Things, LSD 

Mes colocataires parlent sans cesse de prendre un acide qui se trouve dans notre frigo depuis plus d’un an. J’ai découvert l’autre jour que l’un d’eux le microdosait sans que ça lui fasse le moindre effet. J’aime l’âpreté de ce morceau. Les Pretty Things ont été les premiers à faire un opéra rock.

Kitten Smith, Ballard of Barnaby Joyce

C’est un ami à moi. Il joue le rôle d’un cowboy. Sa musique donne à la fois l’impression d’être une grosse blague et d’être profonde. Ce titre parle d’un politicien australien pourri. Kitten a réussi à transformer un de ses discours en un titre accrocheur.

Sleaford Mods, Tied Up In Notts

Le meilleur des groupes et des gens formidables avec qui traîner. Nous avons eu la chance et le plaisir de tourner avec eux en Allemagne l’année dernière. Si je suis honnête, c’est le premier groupe avec qui nous avons tourné dont j’ai apprécié la musique.

Blurt, The Fish Needs a Bike

Ce titre est une image de l’état de mon cerveau si j’ai passé l’heure d’aller me coucher. Ce titre pétaradant et distordu est si absurde que je n’arrive pas à m’en passer. J’adore la façon dont le saxophone est joué. J’imagine que les amoureux du jazz doivent détester ça !

Jimmy Dean, The Cajun Queen 

J’aime les chansons avec une bonne histoire. Celle-ci est à propos d’une femme avec du caractère, ce qui est plutôt rare dans la musique country. J’ai découvert l’existence de cet artiste en écoutant une radio locale de Melbourne. Sans doute PBS ou RRR. Les deux diffusent de la musique indépendante de qualité.

Paul Roland, Gary Gilmore’s Eyes

C’est une reprise plutôt glauque de The Adverts. Paul Roland y met vraiment du sien pour lui apporter une touche effrayante. J’aimais beaucoup le punk des années soixante-dix à une époque. Certains groupes repoussaient les limites du genre, notamment à travers leurs textes.

Cab Calloway, Kickin the Gong Around 

Je compare souvent Cab à un chat qui ne tient pas en place. Mon grand frère est obsédé par la musique des Big Band. J’ai grandi au son de ce type de disques, mais aussi avec une cassette vidéo des Blues Brothers enregistrée à la télévision. Ce titre m’a fait réaliser à quel point la période des Big Band était associée à la débauche. Les textes sont bourrés de références à la drogue. Cab est le seul qui pouvait faire du scat sans que ça sonne stupide.

Reuben Bloxham 

The Cannanes, Move some things around

J’ai sous loué mon appartement à un ami pendant la dernière tournée de RVG. Il a oublié ce disque en partant. C’est un classique lo-fi datant de la fin des années quatre-vingt. C’est un  groupe de Sydney que je n’avais jamais écouté et pourtant cet album est devenu l’un de mes préférés de tous les temps. J’aime chanter en écoutant ce titre même si je n’arrive toujours pas à comprendre la dernière phrase du refrain.

Sweet Whirl, Strange News

J’aime ce titre de mon amie Sweet Whirl, aka Esther Edquist. J’ai joué du violoncelle avec elle au dernier festival Meredith. J’ai l’impression que c’était il y a une éternité. Je ne suis pas vraiment violoncelliste mais quand elle m’a demandé si j’en jouais, j’ai bluffé et je me suis entraîné comme un fou avant le concert. Je pense ne pas m’être trop mal débrouillé.

Ed Kuepper, Skinny Jean

J’ai choisi ce titre car Ed Kuepper a beau être un grand artiste, le morceau Laughing Clowns est difficile à trouver en ligne. Nous avons joué avec lui dans un festival à Wollongong l’année dernière. Je suis allé à sa rencontre après son concert pour lui parler et lui demander si je pouvais prendre une photo avec lui. J’étais tellement nerveux que la photo que j’ai prise de lui et Marc est si peu éclairée que l’on n’arrive pas à les distinguer. Je suis certain que Marc m’en veut. Avec un peu de chance on le rencontrera à nouveau.

The Native Cats, Samremo

The Native Cats est sans doute mon groupe Australien préféré du moment. C’est un duo de Hobart avec qui nous avons eu la chance de jouer. Ils ont lancé leur dernier single avec un concert à Melbourne le quatorze mars dernier. Je regrette de ne pas y être allé car de toute évidence c’était ma dernière chance d’assister à un concert avant un bon moment.

Ostraaly, Kants

Un autre groupe local formidable. Leur chanteuse, Katherine Daly est apparemment propriétaire d’un bien incroyable à deux heures de Melbourne. Des amis à moi vont camper chez elle à l’occasion. J’aimerais bien m’y rendre un jour.

Use No Hooks, Circumstances Beyond Our Control

Une relique de choix du début des années quatre-vingt à Melbourne. C’est un mélange de post punk/disco/funk qui vient d’être réédité par Chapter Music. C’est le dernier album que j’ai acheté chez Polyester, mon disquaire préféré, avant qu’ils ferment après trente ans d’activité.

Joe Tossini, Tomorrow May Never Come

Joe Tossini est un étrange outsider du New York de la fin des années quatre-vingt. Le label de Melbourne Efficient Space a recherché cet italien partout pour pouvoir rééditer cet album. Il a accepté à condition qu’il n’y ait aucune mention de leur label sur le disque. J’ai acheté le vinyle. Effectivement, il est juste précisé que le disque est sorti par “Joe Tossini Music”.

Tammy Wynette, Still Around

J’ai découvert les disques de Tammy Wynette récemment. Je ne me souviens plus d’où sort ce titre mais je l’adore. Il m’obsède tellement il est étrange. J’ai appris qu’elle avait eu trois enfants avant même de commencer sa carrière dans la musique. C’est dingue non ? Elle a eu une vie plutôt difficile.

Joe Meek, The Bulblight

Donno, notre ingénieur du son, jouait une compilation de Joe Meek avant chacun des concerts de la dernière tournée. Je ne m’en suis jamais lassé.

Deutsche Wertarbeit, Auf Engelsflügen

Mon ami Al m’a fait découvrir cette chanson. Elle me met toujours de bonne humeur. C’est un trésor caché sorti en Allemagne en 1981. Derrière Deutsche Wetarbeit se cache Dorothea Raukes. Elle a vendu tous ses instruments et stoppé sa carrière pour s’occuper de sa famille juste après la sortie de ce disque. Elle vient juste de se remettre à composer. J’adorerais écouter ce qu’elle fait maintenant.

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