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Foliage, Take (Z Tapes)

FoliageAprès trois albums, une poignée de singles et de EPs (dont un split avec Andrew Younker), Foliage publie en cette fin septembre son dernier ouvrage, Take. Formé dans la banlieue de San Bernadino, à 100 km à l’Est de Los Angeles, il s’agit avant tout du projet solo de sa tête pensante, Manuel Joseph Walker. Ce teenager fanatique de Johnny Marr et du rap US nous partage depuis 2015, avec l’aide d’une guitare et d’un ordinateur, sa vision de l’indie pop lo-fi.

Au fil des disques et des critiques élogieuses sur les blogs spécialisés, Foliage a gagné une certaine aura culte dans le petit monde de la bedroom pop. Il est vrai qu’avec des titres aussi imparables que Value ou The Other Day, son précédent album s’était assez facilement imposé dans mon cœur comme un des disques de 2018 (il me semble d’ailleurs l’avoir placé numéro un de mon top ici même). Bien que signée sur le label européen Z Tapes – inestimable prescripteur de l’Indie Pop do it yourself mondial – la formation n’a pourtant encore guère évolué en dehors des frontières de sa Californie natale… Foliage poursuit donc avec Take son petit bonhomme de chemin, entre galères de groupes de seconde division et succès d’estime. Dans la parfaite continuité du précédent album, Take est composé de jolies rengaines, exécutées vite fait bien fait, à la croisée des sonorités jangly et de beats électroniques rétro. Les influences revendiquées sont à ce titre exemplaires : The Smiths évidemment, Field Mice, Another Sunny Day, et le Hip Hop old school (J Dilla en tête) pour les rythmiques style Boom bap. Le résultat évoquerait à la fois un Craft Spells qui aurait oublié ses pédales de reverb et un Radio Dept. plus enjoué et coloré. Mais ne cédons pas trop fiévreusement aux comparaisons évidentes : Foliage a su créer progressivement sa propre patte, notamment grâce au timbre de voix doux de Manuel et aux textures surcompressées et si particulières des guitares. Si l’omniprésence des gimmicks synthétiques me rappelle davantage les grandes heures du Madchester que du rap, ils ne tombent jamais tout à fait dans son versant clubbing. Take demeure encore un fier disque d’Indie Pop – mais la tentation dance n’est jamais très loin, ça se sent ! Suite aux quelques impeccables extraits délivrés ces derniers mois (Pattern, To Tell You : I Love You…), il ne reste qu’à découvrir ce nouvel album dans son entièreté. Ce ne sera peut-être pas encore le disque de la révélation critique pour le quatuor, mais espérons que ce LP continue d’accroître leur public, et – pourquoi pas ? – nous permette d’envisager, un jour, une tournée sur le vieux continent.

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