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Bill Baird ou comment réussir dans l’industrie du disque

Bill Baird
Bill Baird / Photo : Fabian Villa

Après être tombé en admiration devant Spring Break Of The Soul (2013) et avoir rédigé à la va-vite un Sous Surveillance pour la RPM sur son auteur (un Sous Surveillance sur artiste qui avait déjà enregistré une bonne dizaine de disques – quelle idée !), j’ai manqué presque toutes les occasions d’écrire sur Bill Baird. Il faut dire que le prodigieux secret-le-mieux-gardé-des-USA, qui a revisité à sa façon presque tous les genres de la pop (des Beach Boys au krautrock) sans jamais se départir de son style, fait curieusement peu de vagues, dans nos contrées comme ailleurs. Pourtant, on ne peut dire que les opportunités de chroniques ont manqué, puisque l’ancien jeune premier devenu outsider enregistre en moyenne deux albums par an depuis qu’il a claqué avec panache la porte de C(r)apitol Records. Désormais, le Texan résidant en Californie compte une trentaine de disques et cassettes à son Bandcamp sous les noms de Sound Team, Sunset et Bill Baird. Mea culpa, donc. Toutefois, à l’heure des bonnes résolutions, je prends chaque année le temps d’écouter ses derniers disques sortis confidentiellement en me disant que c’est dommage, toutes ces occasions manquées. Et puisque les dernières livraisons (composées entre autres de Gone, Owl (Arthur King Presents) et Daily Ever Drawning) sont excellentes, l’occasion semble (enfin) parfaite pour rattraper minutieusement le temps perdu.

J’ai à nouveau passé mes quatre dernières semaines avec tes nombreux disques dans mon petit appartement. Et je me demande encore comment je pourrais écrire sur ta musique.
Je n’aime pas vraiment les interviews, mais je pense que c’est le meilleur moyen pour parler de ton abondante discographie. Pourrais-tu écrire quelques mots sur ce que tu penses de cet exercice de l’interview sur un bout de papier, le numériser et me l’envoyer ? Je pense que ça ferait un bon début.

Salut Xavier,

Les interviews sont un moyen pour l’artiste, l’être humain ou le musicien d’expliquer le contexte de son travail. C’est l’occasion de se poser les bonnes questions : pourquoi on crée ? Pour mettre en valeur une beauté fragile ? Consolider son armure ? Créer de la confusion ?  Divertir ? Provoquer ?
J’ai essayé un peu tout ça, avec des résultats divers. Peut-être que la solution est d’attraper la question au vol, comme un ballon de basket : dribbler, faire une passe quand l’occasion se présente, faire tourner le ballon sur un doigt (la frime !) et le moment venu, l’envoyer direct dans le cerceau !

Puisqu’il est question de journalisme, la première chose que j’ai lue à ton sujet a été ton réquisitoire contre les majors paru par voie de presse chez Impose (Megadeath and Capitol). Tu n’as aucun regret d’avoir tué la poule aux œufs d’or ?
PS – si tu en as marre d’écrire au scanner, ne te fatigue pas…

Salut Xavier,

J’aime bien l’idée de ces réponses tangibles. Or il n’y a rien de plus tangible que de taper sur une vieille machine à écrire. Cette sensation tactile influe même sur le choix des  mots. Bref. Est-ce que regretter les choses est une perte de temps ? Bien sûr. Est-ce que j’aime perdre du temps ? Hmmm. Est-ce que tu peux me laisser du temps pour répondre ? Je plaisante ! Quoique.
Est-ce que je me laisse encore atteindre par les regrets ? Parfois oui, mais de moins en moins à mesure que le temps passe, que les nouvelles chansons, les images, les souvenirs, les réussites, les échecs s’empilent en moi comme les feuilles mortes au pied d’un érable… Je suis capable de m’émerveiller devant leurs couleurs qui pâlissent… Bon. Il faut bien ratisser tout ça (les feuilles du souvenir) de temps en temps.
J’ai débuté comme militant DIY, j’ai fait partie d’un groupe à succès, puis j’ai été lancé sur une scène d’envergure nationale au mauvais moment, avec le mauvais producteur, le mauvais label, le mauvais manager et les mauvais partenaires… Merde. Même mon fute n’était pas de la bonne taille !  Naze, naze, naze.

Je me souviens d’avoir rencontré le boss de Capitol, un type nommé Andy. Pendant l’entretien, il n’a fait que de parler de lui. J’ai pu remarquer que c’était une constante dans l’industrie musicale : quelle que soit sa place, haute, basse ou moyenne, chacun ne souhaite que parler de lui-même. Surtout après avoir aligné un gigantesque rail de cocaïne sur une table de mixage.
(sniff)
« Mec, tu dois absolument écouter ça. Je suis un putain de génie. »
Tout ça, j’y ai assisté chez Capitol. Un jour, on nous a présentés au loser des Dandy Warhols, c’est quoi son nom déjà ? ah oui  ce connard de Courtney Taylor Taylor Taylor Taylor. Peu importe. Bref, on voulait juste lui tirer sa beuh, mais le mec nous a forcés à écouter son album en entier. Bon d’accord, c’était sa release party. Mais c’était le même délire d’ego cocaïné, comme partout. Courtn… enfin le mec des Dandy Warhols n’arrêtait pas de pointer du doigt les haut-parleurs en disant : « Je suis un putain de génie. Je suis putain de bon ». Moi, tout ce que j’entendais c’était des accords lambda, une production pompeuse et chiante, des paroles débiles. Et tout à l’avenant.

Mais revenons à nos moutons : j’ai vu mes potes du groupe changer, et les gens tout autour aussi, à mesure que l’argent rentrait. J’ai vu tout ça se putréfier, comme une expérience culinaire rance qui a complètement foiré. Ensuite, tout le monde a quitté la cuisine en sautant par la fenêtre et je me suis retrouvé seul, avec un tas de merde fumant et mon nom posé là-dessus en lettres d’or, comme sur un blason.

Je suis passé de la scène DIY locale au groupe qui fait parler de lui, puis de cette fable édifiante au stade de quasi-revenant de l’industrie du disque, de survivant blasé. Sauf que je ne suis pas blasé du tout ! Tout ça m’a revigoré, et c’est le plus ironique dans tout ça : au moment où mes espérances commerciales étaient réduites à une tache minuscule sous la semelle du mocassin à glands d’un attaché de presse, mes aptitudes, mon inspiration et ma vision ne faisaient que croître. Je fais aujourd’hui ce que j’aurais dû faire depuis toujours, une musique qui mélange les genres et les frontières, uniquement guidée par l’inspiration, l’humour, l’empathie, les jeux de mots, la surprise, la révélation, le tout ancré dans l’expérience. Quelque chose d’honnête. Bon cela dit, même quand on triche ça révèle quelque chose de soi… non ? Bon, tu vois ce que je veux dire. Pas de temps pour la sémiotique, la sémantique et toute cette merde universitaire… Il s’agit, et il s’agira toujours, de créer une œuvre. Pour le moment je me sens très proche de ma créativité, de mon inspiration, proche de ma vision, comme… comme si j’étais en randonnée sur une crête, avec ce chemin devant moi, sinueux et bourbeux, pratiquement recouvert d’épines et de ronces, avec des gens qui me balancent des tomates pourries à la figure, et d’autres qui ne me voient même pas passer.
Pourquoi je suis allé sur ce putain de Crapitol ? Qu’est-ce qui m’a conduit à ruiner ma carrière d’une façon aussi inconsciente ? Mmmmm… Je n’ai tout simplement pas réalisé ce qui se passait. Est-ce que c’était du courage ? De la stupidité ? Un succès ? Un échec ? Parfois, une aventure est faite de toutes ces choses à la fois. Je pense aussi que l’attrait venait du fait que ça semblait justement la MAUVAISE chose à faire. En ce sens, je suis un pervers ! Je voulais prouver que je valais mieux que les labels, mieux que ces clichés – bref, que les vieilles règles ne s’appliquaient pas à moi ! C’était une erreur d’hubris juvénile. Et bien sûr, j’ai appris que… oui, les vieilles règles sont toujours valables, les majors companies craignent, et que je suis condamné pour toujours à apprendre les choses comme ça, à la dure. Y a-t-il une autre manière, en fait ? Oui… On peut avoir un guide, un mentor, un exemple. Mais pas moi, non Monsieur. Je suis allé vers ce que la vie m’apportait… une claque dans la figure. Mais ça va. J’en ai fait des chansons.

D’une certaine façon, c’est assez vexant de réaliser que Sound Team a conditionné mon parcours à ce point.  Pourquoi ? Parce que les chansons que j’ai écrites depuis sont infiniment meilleures !
Et aussi parce que, d’une certaine façon, j’ai été dépossédé du groupe par les  financiers, les producteurs, des managers… et même par les membres du groupe. J’ai arrêté de chanter quand la musique est devenue plus forte, ce que j’ai regretté par la suite. Je me suis éloigné du micro, j’ai perdu mon sang-froid. Guérir m’aura pris du temps, beaucoup de temps.

Dans l’intervalle, le groupe avait pris son propre virage, loin de ce que je ressentais… Tous ces éléments qui ont fait dérailler ma carrière auraient pu perdurer… ça tournait mal, mais je voulais malgré tout que ça marche. Hélas. Ça va tellement mieux maintenant… à tous niveaux, sauf celui du « succès commercial ». Mais qu’est-ce que ça veut dire, en fin de compte ? Tu peux prétendre à une meilleure pierre tombale :

« CI-GÎT UN HOMME QUI A CONNU UN SUPER SUCCÈS »

Ouais… ça m’intéresse pas vraiment. Quand tu meurs, tout ce que tu peux emporter, c’est le voyage. De ce point de vue, je suis un modèle de succès… toujours florissant.

Sérieusement, est-ce qu’on pourrait supprimer ce mot de « SUCCÈS » ? C’est une façon de voir si étroitement stupide… Ou comment faire rentrer la musique dans une tirelire. Allez, ne soyons pas dans le déni… Je pourrais m’accorder une pause. Tout le monde pourrait. Mais tant que les chansons continuent de naître, qu’elles résonneront avec ma propre expérience… Aussi longtemps que le souffle passera dans mon corps, je continuerai à exhaler ce que j’ai à l’intérieur.

Advienne que pourra !

Bill Baird

« CI-GÎT UN HOMME UN HOMME QUI A CONNU UN SUPER SUCCÈS ». J’ai souri en lisant cette épitaphe. La plus belle est celle que l’on peut lire sur la tombe d’Henry Darger : «  PROTECTEUR DES ENFANTS »  Quelle serait l’épitaphe de tes rêves ?

Salut Xavier,

Ainsi se poursuit notre échange. Il y a une beauté dans ce qu’on peut toucher… Je pense que ça nous rappelle notre propre mortalité, la nature passagère du temps. Internet peut nous soustraire au temps, ce qui peut être parfois utile, mais aussi nous enlève notre humanité… Qui sait ? En tout cas, Henry Darger est une source d’inspiration. Que sa dernière demeure soit l’expression parfaite de sa vision créative – cela a toujours été un but pour moi. Apprendre et créer jusqu’au moment de ma mort…  Même ce moment donne lieu à un acte de création… Recréer la vie à partir de la vie (disait James Joyce). Si je devais avoir une pierre tombale, c’est ce que je mettrais dessus.

C’est une citation du Portrait de l’artiste en jeune homme. Ce livre m’a fondamentalement changé… si tu veux être un artiste, alors deviens-le! J’étais fasciné par son jeu sur la forme, plus précisément par la façon dont il a construit le livre, et même les chapitres, comme Rembrandt structurait ses peintures… Sur chaque face d’un miroir il y a des reflets, et au milieu… le vide ! qui est proprement infini.
J’ai structuré tout un album de Sound Team d’après cette idée, et sans doute assez maladroitement. Mais avec le recul, l’ambition est respectée.

 

 

En fait, j’ai une autre idée pour ma pierre tombale…

 

Je viens d’écouter ton dernier podcast sur ton départ de Capitol Records, l’écriture de la chanson Goodbye Dear Friend Of Mine et un train pour enfants. C’est très drôle. Tu peux m’en parler ? Est-ce qu’il y a une relation entre cette chanson et Dear Friend (Collapsing Domino) ?
PS : Toi qui aimes faire des reprises, tu n’as jamais pensé à reprendre la chanson Leave The Capitol de The Fall ? Je pense qu’elle t’irait très bien.

Je rêve de faire tout un album de reprises de The Fall. Et, oui… celle-ci est tout à fait appropriée. Je vais l’enregistrer rapidement pour ton article.

(Quelques heures plus tard)

Tu dis avoir écouté mon postcast sur le moment où je travaillais dans un train pour enfants. Je pense que c’est exactement ce  dont j’avais besoin à ce moment-là.  La joie des enfants est le remède parfait contre le cynisme et la déception. L’émerveillement, le renouveau, la joie. C’était parfait – j’amusais les enfants, j’avais plein de temps pour écrire des chansons, je côtoyais plein de gens tarés, dont mes collègues, sans parler du vertige que j’éprouvais dans le simple fait d’accomplir des réparations basiques sur le train, de faire l’aiguillage etc. Ils m’avaient même donné une casquette de cheminot. Certains ont probablement pensé que j’étais un putain de barjot, que je régressais terriblement et que je courais à ma perte… Ma famille l’a certainement cru… Mais en fait, c’était un cadeau incroyable.  J’étais à nouveau capable de m’engager dans un effort créatif. Je t’enverrai la retranscription de ce podcast.  Je ne peux pas le taper maintenant, car le café refroidit et je suis en retard.

J’ai écrit Goodbye Dead Friend Of Mine là, assis sur un banc, en attendant mon tour de conduire le train… C’est à peu près vers la même période que j’ai écrit Dear Friend (Collapsing Domino). Bien entendu, ces chansons sont liées. C’était intentionnel, pour plein de raisons.

D’abord, j’avais la volonté consciente de tisser « une continuité conceptuelle » qui pourrait connecter mes chansons entre elles… avec des expressions, des personnages, des histoires et des albums susceptibles de se correspondre tout au long de ma vie.  Ainsi, chaque nouvelle création pourrait nourrir l’ensemble et s’intégrer dans une histoire plus large. J’ai piqué cette idée à la fois chez Somerset Maugham (Servitude Humaine) et chez Frank Zappa.  Maugham décrivait la vie comme un beau et complexe tissage de tous les événements, d’épisodes fastueux et de désastres… Tout fait partie d’une seule chose simple et belle.

Et Frank Zappa, donc. Malgré sa musique parfois ennuyeuse, il a eu quelques idées brillantes. Parmi celles-ci, on trouve la « continuité conceptuelle », selon laquelle tous ses travaux s’inscriraient dans une histoire plus vaste (au passage, mes disques préférés de Zappa sont ceux avec The Mothers Of Invention, et plus spécifiquement We’re Only In It For The Money – pas l’atroce version de 1986. Ça fonctionne presque comme de la musique concrète jouée sur bandes… Brillant.)

Bref, Dear Friend, Goodbye Dear Friend et Dear Broken Friend (et bien d’autres !) sont toutes reliées, évidemment par leur titre, mais aussi par leur sujet.

Comme dans le film Rashōmon. Tu l’as vu ? C’est la même histoire racontée de différents points de vue, parfois contradictoires. De la même façon, chaque chanson décrit l’histoire d’un type qui touche à sa fin, qui a échoué. Ça a mal tourné, en somme.

Sauf qu’au cours de la narration, la perspective change : un homme accuse un autre de tout foutre en l’air et il réalise que cet autre l’accuse d’exactement la même chose. Ainsi, la chanson peut parler de quelqu’un d’autre, sur un mode accusatoire, ou bien de l’auteur lui-même, s’il accepte d’examiner la situation en profondeur.
La chanson Collapsing Domino est un peu différente. Elle vient de l’époque où je livrais des pizzas pour Domino. Après avoir excellé à l’école et avoir eu l’audacieuse ambition d’écrire et de créer de grandes œuvres d’art, je me suis retrouvé à trimer pour livrer des pizzas… Bref, j’avais l’impression d’être une raté complet. J’ai même livré une pizza à Michael Bolton. Ce fut le grand moment de ma carrière chez Domino. J’ai vu ma chute dans cette impasse inepte comme le début d’une série d’échecs dont je ne me relèverais jamais. Finalement j’ai été viré pour avoir mangé une commande. Oups. Mais j’avais ma chanson.

Tu as longtemps vécu à Austin, au Texas – ce qui me rappelle que tu as repris la chanson Dallas de Silver Jews pour notre compilation Approaching Perfection… Peux-tu me parler du Texas, des raisons pour lesquelles tu y es resté et de celles pour lesquelles tu l’as quitté ? Je crois aussi que tu as possédé des studios d’enregistrement là-bas. 

Salut Xavier.

Désolé pour le retard, j’ai dû me couper les cheveux. Où en étions-nous ? Tu m’as demandé pourquoi j’ai quitté le Texas pour la Californie, et de décrire mes différents studios d’enregistrement. Ça pourrait être très long, ennuyeux et tragique. Je vais faire de mon mieux pour être bref.

Je suis né au Texas et j’y ai vécu la plus grande partie de ma vie. Je dois beaucoup de mon côté rebelle à sa culture conservative et étouffante.
Tu sais, au Texas, les gens aiment te rappeler à quel point le Texas est grand et à quel point tu es texan, surtout quand il veulent te vendre un camion ou un hamburger.

DE LA TAILLE DU TEXAS

D’une certaine façon, c’est une bénédiction. Ça te fournit quelque chose contre quoi te battre. Si j’avais été entouré par des artistes partageant les mêmes idées, est-ce que j’aurais été aussi en colère, avec une telle envie de créer d’autres univers ? Certainement pas. Mais j’y ai toujours vécu. Et comme on dit… « La familiarité engendre le mépris.»
Je connaissais tout le monde là-bas, j’avais une maison, un studio et j’avais entretenu une honorable réputation de weirdo local. Mais je savais aussi que si je voulais m’engager pour la vie dans un processus créatif, il fallait m’éloigner de tout ça.

On m’a proposé un poste d’assistant au Mills College d’Oakland (à côté de San Francisco). C’était l’occasion parfaite. Je venais juste d’avoir un enfant et je voyais déjà ma vie se dérouler comme ça, être pour le restant de mes jours le gars-du-coin-qui-a-été-connu, etc. Je savais que j’avais besoin de bazarder tout ça. Mais je ne savais pas que ce serait aussi difficile de quitter ma petite notoriété locale, pour devenir un parfait inconnu. Ma musique s’est considérablement améliorée, elle est bien meilleure maintenant. J’ai jeté les bases pour au moins une décennie d’inspiration. Mais c’est terriblement difficile. Ma famille et mes amis me manquent.

Fais attention à ce que tu souhaites : tu pourrais bien l’obtenir. Je voulais rompre totalement avec tout ce que j’avais connu, pour pouvoir me consacrer à mon travail, eh bien, c’est ce que j’ai eu.

Je me suis senti seul.

JE NE REGRETTE RIEN !

A propos de mon studio. J’ai toujours eu besoin d’un endroit dehors pour travailler. Il se passe quelque chose quand je franchis le seuil. Une intention s’installe, sans trop d’effort. J’ai tendance à ne jamais perdre de temps quand j’entre en studio. Quand je travaille à la maison, je bois du café, du thé, je mange des céréales, je pose un disque sur la platine, je fais une sieste. Bref, je fais tout sauf travailler.
À Austin, j’ai eu deux studios. Le premier s’appelait Big Orange, en l’honneur du Big Pink, où Bob Dylan a enregistré les Basement Tapes avec The Band. J’associe la couleur orange au pouvoir de l’amour et de la créativité. C’était un endroit magique, une ancienne usine de pressage de vinyles installée dans une vieille grange, que j’ai réhabilitée, et qui a désormais succombé aux forces de la gentrification, pour devenir sans doute un studio de yoga branché, ou un bar à tapas pour vapoteurs… Je me suis fait virer de là par mon vieux camarade… Ou plutôt, il m’a dit « je ne partirai jamais ». C’est donc moi qui suis parti. J’ai alors créé un autre studio, le Baby Blue. C’était l’opposé du Big Orange, tant en taille qu’en termes de gamme chromatique. Maintenant, je travaille dans l’entrepôt de Paul Dresher. C’est un célèbre compositeur de San Francisco. Je travaille dans son unité de stockage. Dans l’immeuble, il y a une station de radio chinoise dont les ondes me donneront probablement le cancer. Je peux entendre les ondes émises par les ampoules.

Sérieusement, je ne savais pas qu’on pouvait émettre des ondes radio au travers d’ampoules. Pour cette raison, j’appelé ce studio Fluorescent Radio. Il est envahi par mes différents projets, mes machines à écrire, disques, livres, dessins d’enfants, des partitions, des lettres, et d’un tas d’autres choses qui attendent d’être triées et réalisées.

Revenons-en aux reprises. Je sais que tu aimes beaucoup cet exercice. C’était une grande tradition dans le rock (et même avant) de reprendre et de s’approprier les chansons des autres. Je trouve ça dommage que cette tradition ait décliné, pas toi ? 

Salut Xavier,

Ainsi continue notre périple de mots, séparés par la langue et les continents… Mais on s’en fout. Tu m’as questionné sur mes reprises. Pourquoi reprendre les chansons des autres ? J’ai envie de répondre… Et pourquoi pas ? Ok, revenons au début. J’ai appris la musique en déconstruisant des chansons et en les mélangeant sur sur mon 4-pistes. Je suis NÉ en reprenant des chansons. Parfois, il existe une chanson qui exprime parfaitement ce que tu ressens. Pourquoi ne pas simplement « vibrer » avec elle ? Il y a un fétichisme de l’originalité dans la pop américaine. Je pense que c’est très largement une arnaque. Essayons de dissiper cette idée. Je veux dire, bordel, on est tous des copies de nos parents ! OK, c’est un peu facile… Je pense que cette idée d’originalité et de voix singulière a été manipulée aux USA pour nous vendre des choses dont on n’a pas besoin. Au lieu de nous voir nous-mêmes comme membres d’un continuum culturel, on nous amène à penser que l’instant présent est le seul temps, que chacun est la seule personne, etc.
Évidemment, c’est des conneries. J’imagine que ce modèle prédominant s’épuise. Alors, je me tourne vers le passé, à la recherche de ce qui peut m’inspirer. Au Texas, bien sûr, il y a la country. J’ai grandi en détestant cette musique de bouseux, racistes et arriérés mentaux rétrogrades. Bien sûr, c’est parfois vrai. Mais comme de nombreux clichés, ils existent surtout dans l’esprit des paresseux, de ceux qui ne veulent pas voir la réalité. En vrai, une bonne chanson country, ce n’est rien d’autre que du folk électrifié ; c’est du blues avec un accent hillbilly. Une fois que j’ai outrepassé ces clichés, j’ai vu s’offrir à moi cette culture belle et profonde, que je dédaignais jusqu’ici. Et c’est immensément instructif. Les musiciens de country font très souvent des reprises, mais à leur manière. POURQUOI? Parce que si tu apportes ta propre énergie dans la chanson, tu la fais tienne. Cette façon dont les artistes de country réenregistrent inlassablement la même chanson m’a grandement inspiré. Quand j’ai terminé l’écriture d’une chanson (ça vaut aussi pour celles des autres), je ne la considère pas comme un objet de révération qui doit être manipulée avec de gants de soie.

NON

C’est comme un jouet, elle doit être réinterprétée, changée, étirée et détruite, puis réassemblée. C’est une matière brute qu’on doit façonner par la suite : la couleur (le timbre), la production (les combinaisons de textures), les glissements de contexte… Jouer sur ces éléments change profondément l’idée qu’on peut se faire d’une chanson. Tu as déjà entendu un mec dans le métro faire une reprise atroce d’un morceau sublime ? La chanson a-t-elle survécu à sa mutilation ? Probablement pas. Voilà, tu vois l’idée. On ne peut séparer la chanson de la façon dont elle sonne. Fondamentalement, c’est presque comme si à chaque fois qu’on rechante une chanson, elle venait juste d’être écrite, d’une façon différente de toutes les versions précédentes. Je crois aussi que je peux apporter mes propres points de vue et expériences et ainsi pouvoir me projeter dans n’importe quelle chanson. En fait, ça a longtemps été un défi pour moi… Est-ce que des arrangements parfaits peuvent sauver une chanson merdique ? C’est en partie la raison pour laquelle j’ai repris Sailing, cette atrocité yacht-rock de Christopher Cross. Je crois aussi qu’en déconstruisant l’œuvre d’un maître, on intègre une part de son travail, pour toujours. Par exemple, quand j’ai lu la première édition de Feuilles d’herbe de Walt Whitman, j’ai compris que je voulais que toutes ces informations soient emmagasinées en moi, au-delà de la simple lecture.
J’ai donc recopié la totalité du bouquin à la main.

Bill

Salut Bill, j’aime beaucoup te lire. Pour être honnête, les musiciens n’ont, la plupart du temps, pas grand-chose à raconter. Il me semble aussi que tu as trouvé la bonne distance, le recul parfait pour parler de toi et de ton travail. Tu me rappelles un peu Lawrence de Felt. J’ai une question un peu idiote sur la façon dont les musiciens jouent avec leur image. Est-ce que l’équation « Vie réelle + part de mythe = art » te semble correcte ?

Bonjour Xavier,

Tu fais référence à Lawrence. C’est un de mes héros. Bien sûr. Ses chansons « résonnent dans mon cœur ». Tu m’as aussi questionné sur le mythe, la légende, l’image et la distance.
Ce sont des notions trompeuses. On doit les manipuler prudemment.
J’imagine la mythologie comme comme l’histoire infinie que l’humanité écrit sans cesse sur elle-même… Elle s’étend sur des milliers d’années.
La légende est plus éphémère. C’est simplement lorsque le comportement d’un individu est tellement extravagant, extrême ou inédit qu’il est répété inlassablement. L’image, c’est ce que projette l’artiste. Tous les gens projettent une image, mais seuls les artistes s’y engagent activement. Comme dit Kim Gordon : « Je crois que les gens veulent voir sur scène une personne en laquelle ils peuvent croire. » J’ai fait quelques recherches à ce sujet avant de partir en Inde. J’ai lu Le Héros aux mille et un visages de Joseph Campbell et j’ai retrouvé dans ma propre vie quelque chose qui relève du voyage du héros. Mais la vérité, c’est qu’en s’identifiant trop à cette idée on devient vite fatigant et insupportable. Je crois que la plus grande part de la mythologie que j’ai construite autour de ma vie d’artiste m’a été inspirée par Honoré de Balzac, plus précisément par Les Illusions Perdues, mais aussi par la façon dont l’auteur s’est lui-même mythifié. Je pense que mon artiste préféré, capable de jouer sur son image et de la manipuler pour la faire entrer dans son œuvre, est un autre Français. Erik Satie.

Je pense que l’image que je renvoie est semblable à l’idée de chanson telle que je te l’ai décrite plus haut: quelque chose de malléable, avec quoi on peut jouer. Comme un ballon de basket. Les Illusions perdues décrit le paysage corrompu des arts à l’aide de détails qui me semblent modernes… Intemporels. C’est la mythologie de la corruption de l’artiste par le monde. Ma nouvelle préférée sur l’art est Un Artiste de la faim de Franz Kafka. Dans cette histoire, le public bourgeois fait la queue et paie juste pour voir un type mourir de faim. Ça en dit long sur la façon dont on veut voir les artistes.

J’ai fait de mon mieux pour me débarrasser tous ces mythes, en particulier cette croyance qui prétend que la souffrance crée le grand art. C’est des conneries.
La souffrance te donne un sujet sur lequel écrire, certes, mais généralement bien plus tard. Quand je suis horriblement déprimé, j’ai juste envie regarder des films de merde avec Van Damme ; certainement pas de faire un chef-d’œuvre. J’essaie autant que possible de m’écarter de ma propre histoire, et de rester loin de tous ces putains de mythes.
Ce n’est pas à moi de décrire ce que je fais. Je laisse ça aux autres. Je me suis simplement engagé à « recréer la vie à partir de la vie » jusqu’à ma mort.

Schéma explicatif de quelques conneries

Artiste –> Image –> Les gens blablatent –> La légende –> (des éléments qui répondent à la mythologie  humaine en perpétuelle écriture) LE MYTHE

Plus je vieillis, plus j’essaie de me débarrasser du superflu : être dans l’image en permanence est un poids énorme. J’essaie donc d’être transparent vis-à-vis de cette image, de sorte que je ne perds pas mon temps à m’expliquer ou à faire semblant.
Les artistes qui font ça sont souvent des sacs à merde (cela dit, j’aime quand c’est bien fait).

Voilà une liste de lectures essentielles pour ce qui concerne l’image, l’art, la projection et les mythes :
– Les interviews de Charles Bukowski
– Celles de Mark E. Smith
Lawrence
– Les Cahiers d’un mammifère d’Erik Satie
Les Illusions perdues de Balzac
– Portrait de l’artiste en jeune homme de James Joyce
Don Van Vliet
Psychomagie de Jodorowsky
Le Héros aux mille et un visages de Joseph Campbell
Beneath The Underdog de Charles Mingus
Miles de Miles Davis
Bound For Glory de Woody Guthrie
The Banquet Years de Roger Shattuck
– Understanding Comics : The Invisible Art de Scott McLoud
– Wall and Piece de Banksy
Lettres 1873 – 90 de Vincent van Gogh
L’Instant décisif de Henri Cartier-Bresson
Believing is Seeing d’Errol Morris
Jeffrey Lewis
– The Creative Habit de Twyla Tharp
– Un Artiste de la faim de Franz Kafka

Dans des domaines comme celui-ci, je n’ai pas de réponse, seulement des questions. Je ne pense pas que le but soit nécessairement de comprendre la place de l’individu dans un système plus large, mais plutôt de comprendre l’individu lui-même. Et je me connais suffisamment bien pour savoir que m’appesantir sur ces considérations me fait péter les plombs.

Bien à toi,
Bill Baird



Lawrence est un de tes héros, ça tombe bien, c’est aussi le nôtre chez Section26. Peux-tu m’en dire plus à son sujet, m’expliquer ce qui te plaît chez lui ?

Salut Xavier,

Tu m’as questionné sur sur Lawrence de Felt.
Sunlight Bathed The Golden Glow est la première chanson de Lawrence que j’ai écoutée. Elle présente plusieurs de mes obsessions et les mélange d’une façon que je n’avais jamais entendue avant :
– la guitare jangle avec des parties lead très prononcées, mais pas à la façon pourrie du heavy metal.
– une chanson qui te donne envie de sauter et de courir partout
– cette façon hilarante de dire des conneries et de se moquer des faux intellectuels (ce qui est l’un de mes passe-temps favoris), quoiqu’on pourrait m’accuser à juste titre d’en être un moi-même…
– la compression parfaite de l’enregistrement. La marque de fabrique de tous mes disques rock et psyché préférés des années 60.
J’ai enregistré mon propre hommage à cette chanson. Il s’agit de Bending The Truth sur l’album Gone.

Son style – cette façon de se cacher en pleine lumière – m’a toujours plu. Comme cette idée de créer des chansons qui, dans un autre monde, seraient numéro un des charts. L’humour, le jangle, la volonté.

Lawrence <3

Parlons de ta musique. Le premier de tes disques que j’ai écouté était Spring Break Of The Soul. Ce disque reste l’un des mes préférés. J’ai immédiatement pensé à Beck et à ce que j’aimais chez lui (de son vivant). Maintenant que je connais mieux ta discographie, je vois que c’était réducteur. Maintenant, je pense aussi à des choses variées, au Velvet Underground, Lawrence, The Beach Boys, Eno, l’ambient, le krautrock… Il n’en reste pas moins que comme lui, tu aimes marier les genres et passer de l’un à l’autre.

J’ai travaillé très dur sur Spring Break Of The Soul. On y retrouve de nombreux de mes personnages fictifs (NDLR: voir l’annexe) et j’avais aussi fait imprimer un livret plein de textes et d’images pour illustrer l’album. Je voulais qu’il ressemble à un manuscrit enluminé où les images renforcent le texte. Les images nuisent peut-être à la lisibilité de l’ensemble, mais je pense que l’impression générale est réussie.

J’adorais le Beck des premiers enregistrements, quand ses chansons étaient brillantes et drôles. Maintenant, il est plutôt ennuyeux. C’est vrai, changer de style me donne de l’énergie. Quand je peignais, j’avais l’habitude de travailler sur plusieurs toiles à la fois. Et je passais de l’une à l’autre quand je buttais sur la première. Maintenant, c’est la même chose avec les disques. Il faut garder l’esprit vif et alerte sur son travail. Ce n’est pas seulement un remède contre l’ennui. Beaucoup de mes disques sont nés de l’ennui. Le désir insatiable de remplir chaque instant nuit sévèrement à l’imagination. L’ennui est indispensable à celle-ci. Dans mes jeunes années, j’idolâtrais les musiciens capables de passer d’un genre à un autre en parvenant toujours à donner leur propre version. Le premier que j’ai admiré de la sorte est probablement Miles Davis. C’est assez drôle parce que c’est un virtuose et que, moi, je suis un musicien autodidacte et maladroit.

Pour finir, peux-tu me parler des disques que tu as en chantier ?

Mes deux prochains disques sont tous les deux excellents.
Le premier, Flower Children’s Children’s Children a pour sujet le déclin du rêve californien.  Musicalement, il puise son inspiration parmi  :
13th Floor Elevators, le Meat Puppets des débuts, The Mothers Of Invention de l’époque de We’re Only In It For The Money, la musique à guitares du débuts des années 90, l’immédiateté, le bruit, quelques moments de Robert Fripp et peut-être un soupçon de Motörhead et MC5. J’appelle ça du boogie-woogie psychédélique, mais je pense que c’est simplement du rock avec quelques autres couleurs et une revanche sur l’effondrement du monde.

La deuxième disque n’est pas encore terminé. Ce sera un double, peut-être séparé en deux volumes. Il tournera autour de l’idée du RETOUR ÉTERNEL.
C’est un concept philosophique dense, comparable à ce serpent qui se mord la queue (l’ouroboros). C’est une façon sympa de parler de la mort, de la renaissance et de cette impression démente que l’Histoire se répète sans cesse.
«L’histoire ne se répète pas, elle rime.»  C’est peut-être plus juste.
Musicalement, je ne sais pas comment le décrire. Andy, mon producteur a cette formule :
«KRAFTWERK RENCONTRE SYD BARRETT»
Eh bien, ça me convient. Ce disque est un microcosme de la «continuité conceptuelle» au sujet de laquelle j’ai palabré tout à l’heure. Les chansons se réfèrent les unes aux autres, les mélodies réapparaissent et tout finit dans un cercle. J’ai quelques titres potentiels :
Ouroboros 88
Eternal Return
Cosmic Refund
Boomerang
Bref, tu vois l’idée. J’ai l’impression que c’est ce que j’ai fait de mieux mais qu’est-ce que j’en sais ? Je dis ça à chaque fois.

Ton ami de lettres et de correspondance,
Bill Baird


INDEX DES PERSONNAGES RÉELS ET FICTIFS

Tout au long de l’œuvre de Bill Baird, on voit apparaître et réapparaître des personnages imaginaires et des amis du musicien… 

Sandy : La muse féminine inaccessible comme Nina Simone, Joni Mitchell ou Nico. Une créature hybride : à la fois Aphrodite, génie créatif, femme magnifique et mélange de nombreuses femmes que j’ai aimées et perdues (ou avec lesquelles je n’ai jamais eu de relation). Elles forment comme un puzzle zen. Pour la retenir, il faut la laisser partir.
Hairy Sally : Femme-marin dotée de jambes extrêmement poilues.

Stagnant Stan : Personnage paresseux et auto-satisfait. N’est-il pas un peu comme toi et moi ?
Captain Brain :  Un cerveau maléfique qui flotte dans une jarre. Il est présent dans de nombreux albums et chansons.

Jazz Fashion (Jasper) : Un collaborateur fidèle et un compositeur officiant sous les noms de Brazil et Burner Herzog.
Willis McClung :  Mon meilleur ami et camarade d’enregistrement. Il est mort récemment. J’ai sorti un de ses disques en 2018… Un grand chanteur.
Sam Sanford : Un grand ami, grand artiste, membre de mes groupes Sound Team et Sunset. J’ai également sorti son premier album en 2019. Il s’appelle Years & Years.
Paul : Une légende d’Austin, traîne-savates, junkie de Barton Spring, il est toujours prêt à te filer un sac de beuh.
Soggy Sailors : Des marins alcoolos qui montent à bord du bateau qui n’atteindra jamais le rivage.

Endless Ocean : L’avion de l’espace-temps dans lequel tous les humains sont piégés.
Robot Dan : Un automate qui travaille dans une cabine, un type ennuyeux. Remonte-le comme une horloge et il fera tout ce que tu lui demandes.

Indiana Hale : Une collaboratrice à la superbe voix.
Judith Horn : Une autre superbe voix présente sur mes enregistrements.
Ice T : Un compte twitter qui m’inspire.
Bob Smith : Un personnage qui ressemble à Robot Dan, présent sur mes disques Summer Is Gone et Straight Time.
Will Patterson : Un ami et collaborateur de longue date. Il sort des disques sous le nom de Slepp Good et RF Shannon. Longues boucles blondes et prodige musical.
Freddy Friender : Un grand ami qui s’est perdu sur le chemin de la vie.
Quentin Stoltzfus : Collaborateur, producteur et ami… Il fait de la musique sous les noms Light Heat et Mazarin. Son nouveau studio (qu’il a ouvert avec Matt des Walkmen) est le lieu où je fais le mastering de mes sorties.
Sewage Sirens : Elles nous attirent dans les égouts avec leurs voix d’or. Ne nous faisons pas avoir : c’est de la merde qu’il y a au fond.

Lady Dark :  La mère des sirènes des égouts.
Fading Ear : Un super-héros qui porte des bas colorés. Il nous empêche d’entendre les mots négatifs : c’est, en fait, une malédiction.
Lance Dorian :   La figure classique de l’idiot existentiel.
Poséidon : Le dieu grec des océans et gardien de l’océan infini. Il se rit des hommes.
Awesome Andy : Il m’aide à enregistrer mon nouvel album.
Jana Horn : Mon Dieu, quelle voix ! C’est une collaboratrice récurrente. Il faut écouter ce qu’elle enregistre sous son nom propre.
Charybdis the dumbster : Il t’aspire sous une pile d’ordures.
Sarah Gauthier : Elle a chanté sur certaines de mes chansons et maintenant sous le nom de Thor and Friends.
David Longoria : Excellent chanteur et collaborateur. Il enregistre sous le nom de Longriver.
Ethan Smith : Grande asperge, DJ sur la radio KVRX d’Austin et collaborateur récurrent.
Turbo Recliner (Jordan Johns) : Quel batteur !
Marissa’s Muddy Calm : Violoncelliste et chanteuse. C’est elle qui a quitté le groupe en disant qu’elle voulait faire de la lessive… Ce que je respecte.
John Kolar : Un autre batteur fantastique, devenu coiffeur.
Michael Bain : Membre de Sunset pendant un bon moment. Maintenant il joue dans Sun June.
Diamond Dreamer : Pourvoyeur de belles visions.
Townes the dog : Le chien de mon studio, malheureusement mort.
Tommy McCutchon : Un autre collaborateur de mes albums parus sous le nom de Sunset. Il dirige maintenant le label Unseen Worlds.
Euclide : La sainte géométrie…  Mère de la musique.
Martin Crane : Collaborateur occasionnel, maintenant compositeur pour le cinéma.
Arnold & Jamie : Des amis anglais qui dirigent le label Talkshow Records et m’ont sauvé de mon sommeil dépressif.
David Bartholow : Très vieil ami, collaborateur et graphiste (il a dessiné une affiche de Wimbledon)
Archer : Collaborateur occasionnel pour mes textes.
Brian Wright : Batteur. Ensemble, on a enregistré 32 chanson en un jour. Il joue aussi dans les groupes Graves et Pure Bathing Culture.
Pythagore : Sainte géométrie, musique des sphères.
Jimi Cabeza de Vaca : Collaborateur, ami et musicien de tournée. (N.D.L.R. Il a participé au chef-d’œuvre de Nora Keyes, Mysterium Tremens.)
Joel Jerome : Pareil ! Il a l’une des meilleures voix de la musique actuelle. (N.D.L.R. Il s’est aussi distingué en enregistrant un album de reprises de Beck nommé When Beck Was Cool. Tout un programme !)
Ana Roxanne : Elle chantait sur Baby Blue… Elle enregistre désormais sa propre musique.
Soft Dolphin : Ça se passe d’explications.
Agitated Larry : Un personnage abattu par les rouages de la société.
Gabe Pearlman (le cajun enragé) : Vieil ami et collaborateur.
Ingrid : Elle figure sur le nouvel album. Authenticité et inspiration.
Sarah Hennies : Collaboratrice fidèle de mes années à Austin. Elle se fait maintenant un nom dans le monde universitaire de la musique.
Ben Salomon : Un type cosmique, super cool et un excellent batteur.
Dread : Joueur de conga.
Cory Genrich : Il est propriétaire du studio Sisterly Silence à Portland et guitariste lors de mes séjours en Angleterre.
Pete Brown : Chanteur de Cream. C’est lui qui a écrit Sunshine Of Your Love. On a coécrit deux chansons.
Jesse Woods : Quelle voix d’or ! Un vieil ami et collaborateur texan.
Mothball crew (les types des sessions de LA) : Le batteur de Bob Dylan, le producteur d’Aimee Mann
Pau Wau Nick : Il m’a aidé à sortir Spring Break Of The Soul. Il s’est planté en oubliant de payer le locale de stockage…  Mes disques ont été confisqués. (Un chouette type au demeurant.) Il joue dans American Sharks.
Matt Oliver : On a créé Sound Team ensemble.
Handsome Dan (Gottwald) : Il m’a aidé à concevoir le Magneatractys qui figure sur la pochette de Earth Into Aether. Cet instrument est ma harpe électroacoustique drone à neuf cordes.
The Duke (Josh) : Le pensionnaire du canapé de mon studio. Il m’a également aidé sur certains disques.
Jagged Little Joel : Il m’a aidé à produire mon album raffiné de Los Angeles. Celui-ci n’est plus en circulation.

Basil : Il chante un peu et m’inspire beaucoup.

Bill Baird
Bill Baird

Une réflexion sur « Bill Baird ou comment réussir dans l’industrie du disque »

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