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Biche, cerfs et faons

Photo : Edie Blanchard

Biche est l’un des trésors cachés de la pop française, combinant une certaine élégance hexagonale (Polnareff, Voulzy, Gainsbourg) au groove chaloupé de groupes indépendants actuels comme Mild High Club, Homeshake ou Infinite Bisous. Depuis quelques années déjà, la formation francilienne enchante les spectateurs lors de concerts fort réussis. Si le groupe a jusqu’ici été discret sur le plan discographique (un unique 45 tours dont vous pouvez découvrir les morceaux ci-dessous), Alexis, chanteur du groupe nous dévoile, entre autres choses, les dernières nouvelles quant au futur premier album…

Peux-tu nous présenter Biche ?

Biche est un groupe ayant vu le jour en 2013 dans la banlieue parisienne, qui n’a eu de cesse d’évoluer au gré des concerts et des différents line-up du groupe. Aujourd’hui, on est 5 avec Carol à la batterie, Alexis C. aux claviers, Brice à la guitare, Thomas à la basse (qui vient tout juste d’arriver) et moi-même à la guitare ainsi qu’au chant.

Comment s’est déroulé l’enregistrement du 45 tours ?

J’ai enregistré seul une bonne partie du temps jusqu’à ce que je rencontre Vincent (anciennement ingénieur son de l’Espace B). Il m’a filé un coup de main pour enregistrer 2-3 dernières choses, puis on a mixé ça ensemble.
Honnêtement, je n’avais vraiment aucune idée de ce que je faisais lors de l’enregistrement, et on s’est retrouvé au mix avec des sources pas géniales…
Du coup, pour pallier à ça, on a décidé de typer drastiquement le son et d’expérimenter plein de trucs, avec des revox notamment. On a donc passé beaucoup de temps sur la production et l’expérimentation, c’était particulièrement intéressant.

Que représentent ces deux morceaux pour toi ?

À cause de toutes ces petites erreurs accumulées, tant dans leur arrangement que dans leur enregistrement, ils représentent un réel apprentissage et ont suscité en moi le besoin de produire et d’arranger mieux.

La Nébuleuse de Sienne a connu plusieurs modifications importantes dans sa structure. Quel est ton cheminement quand tu composes ? Est-ce qu’un morceau peut avoir une forme définitive, ou les considères-tu comme des entités mouvantes ?

À cette époque, ça variait pas mal, mais pour La Nébuleuse de Sienne, c’est parti des trois accords du couplet que j’ai rapidement essayé d’arranger en accumulant plusieurs instruments, le tout sur une rythmique que j’avais initialement bouclée. Ce n’est qu’à la fin que j’ai trouvé une mélodie pour la voix.  Aujourd’hui, que ce soit en clavier/voix ou avec deux claviers, j’ai besoin de trouver la mélodie ou le thème du morceau rapidement, puis d’arranger autour de ça. Si La Nébuleuse a eu plusieurs versions, cela provient du fait que nous étions davantage un groupe de live, et que nous ressentions souvent le besoin, d’un concert à l’autre, de changer les structures ou les arrangements de nos morceaux. En ce sens, et surtout en concert, je pense que les morceaux peuvent être ré-interprétés sans cesse.

Vous chantez en français, était-ce important pour toi ?

C’était surtout plus naturel et normal. L’écriture en français n’en est pas pour autant plus facile, mais je la trouve tellement plus riche et curieuse.

Tes influences sont notamment anglo-saxonnes, est-ce que cela influence ta manière d’approcher notre langue, notamment dans le « groove » ou le placement ?

Je pense oui, notamment au début : j’avais tendance à étirer et tenir beaucoup les voyelles de mes mots. Pourtant je suis convaincu aujourd’hui que le vrai rythme de notre langue réside dans l’usage d’allitérations et de consonances.

Sur scène vous reprenez « La Mouche » de Michel Polnareff, avez vous d’autres points d’ancrage hexagonaux importants ?

On reprenait ! Sinon oui, beaucoup, de la pop de Polnareff et Souchon entre autres, à Gainsbourg et Vanier évidemment, ainsi que François de Roubaix.

Vous enregistrez l’album en ce moment, comment se déroulent les sessions ?

Actuellement on en est au mix, et plus de la moitié de l’album est terminé. L’enregistrement s’est fait en groupe cette fois, presque toutes les bases des morceaux ont été enregistrées live, puis j’ai continué à arranger les morceaux de mon côté pendant un moment. Quand est arrivée l’étape du mix, on a mis plusieurs mois à savoir de quelle manière on allait le faire, et on a finalement décidé d’investir dans du matériel analo. Du coup les morceaux sont tous mixés dans une Hudson 16 pistes (console française des 70’s, ndlr) avant d’atterrir sur bande via un Tascam 388 (un enregistreur sur bande sur 1/4 de pouces, très populaire dans la scène indé américaine actuelle de Parquet Courts en passant par les groupes de San Francisco, et en France, mentionnons parmi les adeptes l’excellent groupe Volage, ndlr) . Nerd stuff, je l’admets mais dans notre cas ça a changé beaucoup de choses !

As-tu déjà une idée de sa date de sortie ?

Pas exactement parce qu’on compte clipper certains morceaux avant la sortie de l’album. Mais on en n’est plus très loin !

Est-ce que tu as le sentiment que Biche fait parti d’une scène plus importante ? Peut être autour de la Veillée Pop par exemple ?

Je ne sais pas trop si on peut parler de scène. Le fait est que tout le petit monde de la musique indé se rencontre au bout d’un moment, autour de la Veillée Pop par exemple, au Motel ou dans les différentes salles de concerts qu’on connaît tous, et que ça crée des connexions supers entre les différents musiciens et projets. Je dirai que c’est plus un état d’esprit qu’une « scène » à proprement parler.

De quels groupes te sens-tu proche en ce moment ?

Si la question est « qu’est ce que j’écoute qui m’influence en ce moment ?» je citerai les habituels Stereolab et Broadcast mais aussi Chris Cohen, Surface to Air Missive et leur entourage de Floride, Mild High Club et Beck. Si il est question des groupes de mon entourage dont je me sens le plus proche musicalement, je dirai Thomas Subiranin (qui vient justement de rejoindre Biche), Pearl & the Oysters et Julien Gasc.

Comment appréhendes tu le concert de samedi, avez vous déjà réfléchi à la setlist ?

Ça va être un concert particulier pour nous, car on jouera d’anciens morceaux ré-arrangés pour l’album ainsi que des nouveaux, le tout dans une formule quand même assez différente de nos derniers concerts. On risque de découvrir notre live en même temps que vous à vrai dire, c’est excitant. Quant à la setlist pour le moment rien est figé, mais ça ne saurait tarder.

Biche sera sur scène au Supersonic le vendredi 13 juillet 2018 à 22h45 dans le cadre du festival Restons Sérieux.

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