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What’s your pleasure?

Extrait de la vidéo de Jessie Ware « What’s your pleasure ? » (Dance version)

C’est déjà la fin de juillet et je n’ai pas dansé. Je n’ai posé le pied sur aucun dancefloor, je n’ai vu tourner aucune boule à facettes, je n’ai transpiré sous aucun néon. Je n’ai enfilé aucun top glitter, aucun microshort, aucun talon pailleté. A la place, j’ai juste porté un masque. Parfois je me demande si cela arrivera à nouveau, pouvoir danser serrés les uns aux autres, les yeux fermés, la bouche entrouverte, le corps tout entier tendu vers les pulsations d’une chanson qui fait d’une foule en extase un seul corps humide dans la chaleur de la nuit. Peut-être que c’en est fini du clubbing et de la légèreté, peut-être que les boites n’ouvriront plus, peut-être que leurs portes resteront fermées pour cause de distanciation sociale et qu’alors nous ne pourrons plus nous trémousser que sur le parquet de notre salon. Ce serait bien triste car en écoutant ce titre de Jessie Ware, je ne peux qu’imaginer une foule de personnes, dont les silhouettes électriques apparaîtraient par intermittence rouge et verte, en un mouvement continu, un permanent link, au gré de ce morceau absolument parfait, sensuel et envoûtant, What’s your pleasure? Si les premières notes peuvent nous rappeler celles d’un incontournable des discothèques, le fantastique Can’t Get You out of My Head de Kylie Minogue, la chanson s’apparente davantage à un efficace condensé du disco de la fin des années 70 à la Diana Ross et de la pop de Goldfrapp, dont Jessie Ware est peut-être nostalgique, une des chansons s’intitulant en effet Ooh La La sur l’album qui vient de sortir.

Jessie Ware

Hautement recommandé (Pitchfork et Rolling Stone ne tarissent pas d’éloges), ce disque est en partie produit par Joseph Mount, dont on sait le goût sûr pour ce qui fait danser. Mais revenons à ce qui fait notre plaisir. I know the way to make you happy, susurre la voix suave de la chanteuse britannique aux allures de James Bond girl (Guys, do you remember Barbara Bach ?) et clairement elle le sait et en joue. Tout transpire de désir. Il se révèle vite impossible de résister à l’envie de rejoindre la piste et de se déhancher langoureusement en regardant amoureusement les gens autour de soi. C’est une chanson faite pour s’emballer. Le mode d’emploi nous est d’ailleurs donné dans le refrain, Push Press More Less, si ce n’est pas la définition du French Kiss, alors je n’y connais rien. La dance version du clip est par ailleurs d’une sexytude affriolante, le danseur de toute beauté use de tous les travestissements et s’y révèle hypnotique. What’s your pleasure? est un morceau glamour, un de ces titres qui fait resplendir les soirées d’été, c’est une chanson de fin de nuit, quand, épuisé par la danse, on ne veut plus rentrer alors que le soleil se lève déjà dans la rue qui ignore tout des désirs intérieurs. What’s your pleasure? demande Jessie Ware et il faut croire que le plaisir est justement là, Just what i need, pouvoir danser à nouveau, Here together, une nuit entière ensemble, Make a wish for me, juste quelques minutes, qu’un DJ sauve notre vie en passant un titre comme celui-ci.


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