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Trouble & Ideal

Pour une programmation censée être faite à l’arrache — le festival s’est créé sous l’impulsion d’Étienne Blanchot suite à son départ lapidaire de Villette Sonique, on peut dire que c’est un coup de poing américain au nez de la morosité que le festival Ideal Trouble nous propose pour sa première édition. Vive, curieuse et bruyante, elle affûtera les armes pour des lendemains encore possibles dans un contexte où les propositions pointues, affranchies et défricheuses semblent n’avoir pas d’autre choix que de reprendre la route de l’indépendance. Ne cherchez pas : l’esprit de Villette Sonique est bien là, tout comme les anciens lecteurs d’un magazine pop moderne se retrouveront sûrement un peu plus sur ce site que dans la désormais risible publication en kiosque qui ose encore en porter le nom.

Le festival démarre ce soir à La Station – Gare Des Mines et ce,  jusqu’à dimanche ou plus vraisemblablement lundi matin, mais on s’en fout c’est férié.

Chaque jour notre collaborateur historique, le photographe Philippe Levy proposera un portfolio qui saisira l’instant et l’excitation de l’évènement.

Stay tuned.

Étienne Greib

Petit tour d’horizon de la programmation par Guillaume Ferchaud :

Ramleh

Emmené par Gary Mundy depuis le début des années 80, Ramleh fait office de doyen du festival. Fer de lance de l’influent label Broken Flag, que Mundy a également fondé, le groupe fait figure de défricheur en matière de musique expérimentale et bruitiste, participant à l’essor du Power Electronics aux côtés de Whitehouse avant de peu à peu dévier vers un noise rock plus « classique », dans un style proche de ce qu’a pu faire Matthew Bower avec Skullflower, lui aussi issu du terreau Broken Flag. C’est la formation rock que l’on pourra découvrir à Ideal Trouble, Mundy étant habituellement accompagné d’Anthony Di Franco et de Stuart Dennison, avec qui il a joué dans Skullflower.

Horse Lords

On pourrait presque parler de math-rock si la musique d’Horse Lords se contentait de planter une musique arythmique en reprenant les codes du genre mais on retrouve bien plus que cela chez ce groupe de Baltimore, qui prend les idées où bon lui semble : guitares réaccordées inspirées du minimalisme, répétition de motifs invoquant le Krautrock, mélodies empruntées aux musiques d’Afrique de l’Ouest et expérimentations électroniques. Le groupe réussit la prouesse de mélanger musique avant-gardiste et grooves hypnotiques qui passent fort bien l’épreuve du live.

Sister Iodine

Photo : Zofie Taueber

Après 25 ans d’activité, Sister Iodine n’a rien perdu de sa radicalité, en témoigne leur sixième album, Venom, sorti cette année sur le label Nashazphone. Si les déflagrations sonores sont toujours bien présentes, peut-être même plus que jamais, leur approche de la violence a muté pour peu à peu se détacher de la filiation no-wave des débuts et du peu que l’on pouvait encore trouver presque familier dans leurs morceaux. Les parisiens dévoilent une musique chaotique et brutale assez inclassable qui pourrait évoquer les sorties les plus extrêmes de Wolf Eyes dans son approche du son.

Noir Boy George

Photo : Junie Vallois

Nafi, le personnage qui se cache derrière le nom Noir Boy George, a déjà trimballé son clavier et sa 8°6 dans de nombreuses formations punk affiliées à la Grande Triple Alliance de l’Est. Son projet solo reste fidèle au penchant pour une morosité crasseuse qu’on peut retrouver chez bon nombre de ses projets. Il y raconte des histoires abordant la misère, le chômage et l’ennui à travers des chansons minimalistes aux textes désabusés, à base de synthés, de boîtes à rythmes et de chant noyé sous un flot de réverb qu’on peut trouver rebutantes au premier abord pour le dégoût qu’elles inspirent avant de se laisser totalement captiver.

Xeno & Oaklander

Depuis le milieu des années 2000, le duo New-Yorkais a peu à peu enrichi sa synth pop bien faite, mais un peu convenue, en y incorporant des passages plus atmosphériques, voire carrément progressifs avec les volumes des expérimentaux « Movements ». Si le chant rappelle inévitablement Stereolab, leurs synthés analogiques font eux, clairement référence aux années 80 dans lesquelles ils puisent une grande partie de leurs influences, et auxquelles ils rendent hommage à travers leurs sonorités.

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