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Red : Décrocher la Lune

Les mille et une pochettes de « Felk Moon » (Bisou Records)

À l’heure où Felk Moon – son huitième et meilleur album à ce jour – paraît sur Bisou Records, force est de constater que Red ne fait décidément rien comme tout le monde… Réenregistrer son disque une seconde fois pour cause de découverte d’une nouvelle pédale d’effet, illustrer cinq-cents pochettes l’une après l’autre, proposer le principe d’une interview par messageries interposées où, pour une fois, l’Artiste posera les questions tandis que le plumitif tentera comme il peut d’y répondre. Pour finir par constater qu’assurément, cet hiver sera rouge ou ne sera pas.

Red, Paris, 26 juillet 2018 / Photo : Bisou Records

Red : La première fois que je t’ai fait écouter Felk Moon tu m’as parlé de funk. Lequel, exactement ?

Renaud Paulik : J’ai dit ça après avoir écouté la première version du disque, où tous les titres ou presque étaient joués à l’électrique. Depuis, tu l’as réenregistré avec une dominante acoustique, ce qui apporte d’autres couleurs. C’est d’ailleurs intéressant d’écouter les deux versions à la suite, la façon dont les mêmes chansons prennent un éclairage différent. Mais pour répondre à ta question, je pensais davantage à de la soul funk, une sensualité proche de Curtis Mayfield, ou Gil Scott Heron – dont tu reprends We Almost Lost Detroit (1977). Bref quelque chose de très différent de Body Beat, ton précédent projet funk en trio. Sur la première version de Felk Moon, pour moi tu inventes le funk laid back. Un peu comme si J.J. Cale reprenait Sly Stone. Au niveau vocal, il y a également une évolution notable. Je ne suis pas friand de ce genre d’analogie, mais on est loin de Tom Waits auquel tu étais beaucoup comparé à tes débuts. Depuis The Nightcrawler, c’est dans la cour de Kurt Wagner que tu évolues. Et Lambchop a parfois ce genre de couleurs soul funk. Disons que pour moi, tu n’as jamais aussi bien chanté que sur ce disque. Surtout, le truc assez bluffant, c’est que l’on ne peut pas le réduire à la somme de ses influences ou à un genre en particulier. Ni blues, ni folk, ni funk. Et pas davantage une pâle copie de Lambchop ou Swell. Même si le terme n’est pas très heureux, niveau digestion de ce que tu écoutes, c’est une vraie réussite. Une autre question ?

Red : 41 et Too Many Days About Thinking de Swell ont toujours été comme des fantômes riants derrière moi. Une vraie obsession. Surtout leur putain de son de gratte. À ce propos, j’ai décidé de refaire l’album suite à la découverte d’un son de pédale d’écho un peu chenapan. J’aurais aimé enregistrer Bashung avec ce son, tiens. Les gens me rabâchent souvent le son de Felk, 33 ou des trucs que j’enregistrais avec peu de matos, et pas en bon état. Crois-tu que je sois lo-fi à jamais ?

Renaud Paulik : Je ne suis pas d’accord, c’est une facilité d’associer enregistrement avec peu de moyens et lo-fi. De même que te coller l’étiquette blues parce que tu as repris trois standards il y a dix-sept ans. Felk Moon sonne foutrement bien. En revanche, rapprocher ta musique des aspects cafardeux de Swell, là oui. Je pense à une forme de malaise urbain, par endroit. Et puis niveau textes, le blues est souvent assez pauvre. Or tes paroles me frappent par leur intelligence.

Red : Malaise, je ne sais pas, mais oui, il y a toujours de l’urbain à mort. Merci pour les paroles, même si mon anglais est foutrement débraillé. Je me suis toujours demandé s’il fallait que j’aille prendre des cours (rires). Mais ça bousillerait la poésie ça, non ?

Renaud Paulik : À mon humble avis oui. En musique, le vocabulaire et la syntaxe peuvent être rapprochés à de la technique, alors que tout est affaire de style. Si tu prends le free jazz par exemple, on se fiche pas mal de la dextérité… Alors qu’une approche naïve peut toucher une émotion particulière. En cela, effectivement, je trouve tes textes bien foutus.

Red : Il m’est souvent arrivé d’utiliser des traducteurs électroniques : ça fait des phrases complètement dingues ces trucs, parfois…

Renaud Paulik : Ça semble cohérent avec l’idée de laisser sa place à l’accident. Comme enregistrer fenêtres ouvertes… Ou, dans un même ordre d’idées, me proposer d’inverser les rôles pour cette interview.

Un con de merle.

Red : Ah ça, j’adore enregistrer fenêtres ouvertes ! Enfin l’hiver. As-tu remarqué l’arrivée des oiseaux dans ma musique ? Ce con de merle m’a cassé les couilles tout le printemps, à l’aube. Et je n’ai jamais autant détesté Sir Mac Cartney… D’ailleurs, tu me sens plutôt Stones ou Beatles ? C’est important, ça !

Renaud Paulik : Stones ! Ne serait-ce que pour la sexualité qui se dégage de ta musique.

Red : Ah, cool. Au fait, avec toutes ces frasques musicales dans le free, la funk ou la dance music, tu me classes où ?

Renaud Paulik : La classification m’ennuie, ça sonne comme le début de la fin. Mais s’il faut absolument répondre, je dirais songwriter, ou plutôt soundwriter. Avec des fantômes riants derrière toi.

Red : Il commence à y en avoir pas mal, des fantômes riants. Et celui de Tonio Marinescu m’a l’air intransigeant. Faut que je fasse gaffe. D’ailleurs tu ne trouves pas que la mort tourne un peu autour de cet album ? Pas la mienne, hein…

Renaud Paulik : La mort qui plane, certainement. Mais je ne trouve pas que ce soit un disque plombé pour autant. Il y a beaucoup de vie dans tout ça. Le clin d’œil à Neil Young (Harvest / Harvest Moon) est en ce sens intéressant. Lui aussi a perdu des partenaires musiciens et composé à ce sujet. Mais la vie l’emporte malgré tout, même si c’est une petite vie. Felk Moon apporte de la lumière.

Red : C’est-à-dire qu’il y a toujours un de mes gosses qui intervient à un moment ou un autre (aucun respect !)… Neil Young est pour moi un éternel adolescent, dont la voix n’a jamais muée. J’ai un respect monumental pour ce mec. J’ai toujours eu une approche de ce genre, comme si à chaque fois je refaisais l’album de mes débuts. Felk et Felk Moon gardent-ils la même fraîcheur à tes oreilles ?

Renaud Paulik : Je parlerais surtout d’intemporalité, et je sais que tu t’intéresses de près à la physique et l’espace. C’est très personnel, mais la musique que l’on peut dater me lasse vite. Felk pourrait avoir été enregistré la semaine dernière et Felk Moon être l’œuvre d’un trentenaire.
Ton vrai lien avec le blues selon moi se situe dans ce dialogue guitare/voix. Ce qui me bluffe le plus, c’est l’énergie contenue dans ces deux disques. Tu ne pousses pas la voix, le tempo demeure assez lent, et pourtant la puissance est là, sans démonstration de force, sans avoir recours à la distortion. Quand on écoute ton premier album pour la première fois, on est un peu perdu, dérangé. Ça demande un effort. Comme Trout Mask Replica, ou Albert Ayler. Mais une fois que l’on est entré, c’est parti pour la vie entière. Ce nouvel opus me sidère par sa cohérence, son unicité, sa longueur (sept titres, une grosse demi-heure et basta). Dans un genre différent, Rock Bottom de Robert Wyatt me fait le même effet. De nos jours, les disques sont trop longs. Il me semble également que tes divers projets collectifs récents (Body Beat, Tournevis, Volcan La Pete) ont nourri ce disque. Comme si ce retour à la chanson renvoyait à des choses encore plus personnelles. En parlant de retour – ou de cycle précisément –, on peut évoquer les retrouvailles avec Quentin Rollet, de Rectangle (Felk en 2001) à Bisou Records (Felk Moon en 2018). Allez, je m’autorise une question : quel effet cela fait de revenir à un micro label familial après des années chez Universal Jazz ?

Red : C’était déjà le cas pour Nightcrawler Aka Red. Disons que chez Universal, je ne pourrais pas faire de pochettes uniques. Pour le reste, j’avais une liberté totale, artistiquement parlant. C’est plutôt moi qui ai mal actionné les leviers à ce moment-là, je pense. L’époque n’est plus la même non plus. Aujourd’hui, internet a pris encore plus de place. Et je prends un plaisir fou avec ce projet sur Bisou Records, car c’est plus artisanal. J’ai finalement toujours fonctionné ainsi. Et puis Quentin Rollet et Isabelle Magnon du label sont des amis. Quelle chance ! Sinon, huitième album, tout de même, et pas un succès. Suis-je le Bernard Menez de l’underground ? Plus sérieusement, je pense qu’aujourd’hui, à cinquante balais, je n’ai jamais été aussi rock que sur The Ex Lover Doppler Effect, qui est un slow d’ailleurs. Lorsque j’ai enregistré cette chanson, il s’est passé un truc, j’avais l’impression d’avoir les deux pieds en plein dans ce que je recherche depuis pas mal de temps. C’est à la suite de ça que j’ai décidé de recommencer l’album à zéro. C’est de cette cohérence dont tu parlais plus haut ?

Renaud Paulik : Cohérence dans le son, les thèmes des chansons. Chacune d’entre elles s’enchaîne à la suivante de manière évidente. Je peux me tromper, mais je trouve que c’est ton meilleur album aussi parce que c’est le plus autobiographique. Et ça commence fort avec Bunch Of Teens, une très belle évocation de ta jeunesse. Il y avait déjà de ça dans Nightcrawler, ceci dit. Vu le thème de la chanson, cela fait sens que Bertrand Belin chante avec toi. Avec Sing Sing de Arlt, c’est certainement le chanteur avec qui tu partages le plus de sensibilité, non ? D’ailleurs, les deux écrivent autre chose que de la musique. C’est quelque chose qui t’attire ? Tu as un intérêt marqué pour la littérature. Et le cinéma, il suffit de te brancher sur Godard pour s’en rendre compte. Tout ça pour dire que je trouve qu’il y a dans Felk Moon un travail sur la langue très abouti, tant au niveau du choix des mots et de leur sonorité que des tournures de phrases. Bref, une manière de sonner simple et juste, avec parfois des écarts stylistiques qui donnent du relief à l’ensemble. Dans un musée, je rangerais tes disques au rayon art brut. Comme ceux de Comelade, même si vos univers semblent a priori éloignés. Sinon, pour en revenir à The Ex Doppler Effect, c’est manifestement un temps fort du disque. Un classique instantané. Je te laisse le soin d’expliquer l’analogie entre les étoiles et l’amour passé…

Red : On calcule l’éloignement des étoiles grâce à l’effet Doppler : plus elles s’éloignent et plus elles sont rouges. J’ai remis la loi dans un contexte de rupture amoureuse ou plus le temps passe, moins on va voir l’autre.
Sinon oui, j’ai beaucoup aimé Littoral, le bouquin de Bertrand. Et j’attends celui de Sing Sing avec grande impatience. J’ai souvent commencé des textes à vocation plus longue, mais la beauté radicale des tables de multiplications imprimées sur la quatrième de couverture de mon cahier de brouillon m’émerveille trop, donc je le referme à l’envers et je les regarde. 
Lorsque j’ai composé Bunch Of Teens, j’ai immédiatement pensé à Bertrand. Sinon pour tous les gens que tu as cités ci-dessus, ne faudrait-il pas créer un rayon musique d’un monde ?

Renaud Paulik : Musique d’un monde, c’est joli. Au fait, puisque l’on parle de famille musicale, n’oublions pas Philippe Tessier, autre invité du disque, au saxophone sur I’m Weird… Un génie qui ne travaille pas son instrument, si j’ai bien compris. Et un lien fort avec Tournevis, votre projet commun.

Red : Ah lui ! Ça fait une vingtaine d’années qu’on fait des trucs ensemble. Comment te dire ? Je ne peux pas m’en passer, il est juste magique dès qu’il envoie le bazar. Tournevis, c’est une affaire à suivre… Quentin et Philippe sont deux références pour moi. Ils m’ont tous deux fait découvrir des chemins que je n’avais jamais empruntés avant. Ils sont essentiels. Du reste, il y a Noël Akchoté dans le coup aussi.

Renaud Paulik : Noël joue sur Felk Moon ?

Red : Non, mais on a fait un duo ensemble il n’y a pas très longtemps Dart Requiem, dont je ne suis pas peu fier. Pour le morceau avec Philippe, je suis parti d’une piste de sax qu’il avait enregistré pour une autre version du même morceau. Puis j’ai tout repris à zéro sur la base de sa prise. Un peu comme cette interview, à l’envers quoi ! Tu crois que je pourrais faire un album ainsi ?

Renaud Paulik : Je crois oui, je t’y encourage même. C’est un des aspects de ton approche de la musique le plus passionnant. J’ai le sentiment que tu réinventes aussi ton art en décalant tes façons de faire. À propos, tu as beaucoup de déchets ? Est-ce que tu composes beaucoup ? Cela te prend-t-il du temps d’achever un morceau ? Qu’est-ce qui fait que tu vas garder une chanson plutôt qu’une autre ? Ah mince, je déroge encore à la règle, quatre questions d’un coup.

Red : Non, je ne compose pas des masses et pour ce qui est de ce que je garde, c’est souvent très évident. Parfois sur une très courte période de quelques jours, il peut me venir cinq ou six chansons. Par contre pour ce qui est de la réalisation, c’est plus long. Je travaille à la maison et peux donc prendre mon temps et du recul. Je suis plus sage qu’autrefois à ce sujet, plus patient. Et puis le format du vinyle est plus court. Felk Moon n’aurait pas pu être plus long et je l’ai construit mentalement dans l’ordre final avant de le réaliser. La progression des morceaux ne pourrait pas être autre que l’ordre de l’album, je crois. Qu’en penses-tu ?

Renaud Paulik : Le format CD offre trop de place. Il y a beaucoup de disques qui gagneraient à être plus courts, plus concis. Là, tu as le tracklisting idéal.

Red : Avec le recul, je trouve souvent mes albums CD (période Universal) trop longs.

Renaud Paulik : Je vais enfoncer une porte ouverte, mais le vinyle sonne mieux. Et puis il y a l’objet. Dans ton cas c’est la cerise sur le gâteau, puisque tu illustres toutes les pochettes une à une. Je trouve ça malin de susciter l’intérêt du public de la sorte. La crise du disque, c’est aussi la crise des idées. Tu en es loin manifestement.

Red, « Felk Moon », Golden Edition, 100 exemplaires (Bisou Records)

Red : Oui, c’est passionnant à faire. Les gens me prennent souvent pour un grand malade à ce sujet. Cinq-cents pochettes uniques, c’est pourtant évident, non ?

Renaud Paulik : Ton côté artisan. Pour quelqu’un qui ne connaîtrait pas ta musique, je trouve que Felk Moon est une entrée en matière idéale. Tout est parfaitement dosé, du mélange électronique / guitare acoustique en passant par l’électrique en toile de fond, et quelques touches de saxophone et de violon. Tu échappes au syndrome du disque de plus, qui débouche souvent sur le disque de trop. S’inscrire dans la durée, ce n’est pas évident… Remarque tenir comme tu le fais la scène avec une gratte pourrie et un Iphone non plus.

Red : Avec les pochettes uniques, le discours est de rendre un statut d’œuvre d’art au disque. Souvent la musique est véhiculée comme une information qui à mon sens incite moins à la curiosité. Crois-tu que la tendance puisse s’inverser un jour ?

Renaud Paulik : Je vais encore sortir un lieu commun, mais il me semble que le MP3 a tué le disque pour la majorité du public. Au risque de passer pour un vieux rétrograde, on dirait que de nos jours on ne consomme plus que des chansons. Les gens ne s’intéressent pas moins à la musique pour autant. Mais le rapport a changé. Sortir une collection de vinyles uniques dans ces conditions, c’est forcément particulier. Aux antipodes, par exemple, de ces albums qui ressortent six mois après, avec trois inédits et deux pauvres vidéos pour relancer les ventes. Prendre les gens pour des imbéciles, ce n’est jamais une bonne idée. Je ne sais pas si la tendance que tu évoques s’inversera un jour. En revanche, je crois que le monde aura toujours besoin et envie de musiques, et pas forcément des plus faciles d’accès. Regarde les concerts, il n’y a pas de crise à ce niveau-là. Et je ne sens pas de déficit de curiosité de la part du public. Si l’industrie du disque a du mal à se réinventer, c’est dommage pour elle. Et tant mieux pour des labels comme Bisou Records qui marchent encore à la passion. En France, on est un peu mal barré pour parler d’art et de musique à la fois. Tu citais Bashung plus haut. Lui s’en sortait bien, entre succès populaire et intransigeance musicale. D’ailleurs tu te situes comment dans ce bordel ? Un chanteur français ? Il me semble que tes racines musicales sont essentiellement américaines.

Red : Un chanteur franglais.

Renaud Paulik : Je ne saurais dire ce qui nourrit le plus ton travail. Spontanément, je ne suis pas certain que ce soit la musique.

Red : Il y a bien évidement des influences musicales fortes et cela depuis toujours. Mais c’est surtout la posture d’un groupe qui m’intéresse le plus. Le placement des Residents par rapport à la musique américaine, par exemple. Sinon, je ne me suis jamais expliqué ce qui nourrissait vraiment mes chansons, mais je crois qu’une bonne partie vient du désordre du dehors. Le son quand tu ranges ta vaisselle, vois-tu ? Un marteau sur une poutre au loin dans des travaux. Il y en a un sur Felk que j’adore vraiment.
Tiens, d’ailleurs, la matière sonore de Felk Moon, je veux parler de la couleur de l’ensemble, ça te met dans quel état ?

Renaud Paulik : Bon, là je dois reconnaître que j’ai pris mon temps pour répondre. Disons que ce disque me met dans tous mes états (rires). Plus sérieusement, c’est différent si je l’écoute en voiture avec ma fille, en marchant dans la rue ou seul au casque, la nuit. Il réclame de l’attention en tout cas. Ça doit venir des détails. Il s’en dégage une fausse quiétude, une forme d’intranquillité chère à Pessoa. Pour la matière sonore à proprement parler, je crois savoir que pour tout ce qui est électronique, tu pars souvent des sons des jouets de tes enfants ou, comme tu l’as dit, des bruits extérieurs. Ça ne s’entend pas au final, mais je crois qu’on peut le sentir tout de même. Il y a du subliminal dans ce disque. Sinon, ton approche de la musique me fait penser à celle de Will Oldham. Ce besoin d’aller voir ailleurs, de multiplier les expériences en groupe ou en solo, de se frotter à d’autres genres. À chaque nouveau disque, j’ai cette curiosité : « Où vont-ils m’emmener cette fois ? » Comme si vous aviez sans cesse besoin de vous surprendre et, par là même, l’auditeur avec vous. Oldham et toi n’hésitez pas à enregistrer plusieurs versions d’une même chanson, par exemple. Les choses ne sont jamais figées. Au final, on se retrouve avec des discographies bordéliques, dans lesquelles on peut piocher l’album qui correspond le mieux à son humeur du moment. Ce qui n’enlève rien aux groupes qui font toujours le même truc.

Red : Je pense d’ailleurs qu’un de ces jours je vais m’attaquer à un gros truc, genre Sinatra.

Renaud Paulik : Une question pour finir d’enfreindre la règle de l’arroseur arrosé : tu viens de valider le test pressing de ton grand œuvre et d’ici quelques jours, Felk Moon sera disponible. Comment tu vis ça ? Tu as des concerts ou d’autres aventures musicales en vue ?

Red : C’est une certaine émotion de valider le test pressing, tu te dis que le disque est fini pour de bon. Il me reste encore les pochettes à finir, donc j’ai encore pas mal de boulot, même si ce n’est pas de la musique. Actuellement, je prépare le live solo pour la sortie de l’album, et des clips aussi. J’aimerais également proposer une version avec Jérôme Excoffier à la guitare électrique et un batteur. Jérôme joue de la guitare comme personne, c’est un vieux comparse avec qui je me sens bien sur scène. Je viens de revoir un de nos live, période Social Hide And Seek : c’est vraiment un Telecasteriste exceptionnel. Pour les autres expériences musicales, je joue actuellement dans Volcan La Pete, un groupe de musique de danse. On vient d’enregistrer un quatre titres coolos et on s’amuse beaucoup sur scène. Et il y a aussi Tournevis avec Philippe Tessier et Quentin Rollet… De la chanson française ultra souterraine. Sinon oui, d’autres aventures musicales sont en route, notamment pour le théâtre. C’est nouveau pour moi, très intéressant. Je ne gagne pas beaucoup de pognon, mais qu’est-ce que je me marre…

Chronique de Red, Felk Moon (Bisou Records) à lire ici.

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