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Papercuts, Parallel Universe Blues (Slumberland)

Papercuts, Parallel Universe BluesCe n’est qu’avec la sortie de Parallel Universe Blues, sixième album de Papercuts, que j’ai découvert la dream pop de Jason Quever et le talent inouï de ce touche-à-tout californien. Tandis que j’écoutais Luna, Beach House ou The Mantles, c’est dans les studios d’enregistrement de ces derniers que le producteur s’affairait. Après quatre ans consacrés à la musique de ses pairs, il se recentre enfin sur sa propre production et, sans doute nourri par ces collaborations au sommet, délivre un album si actuel qu’il est naturellement passé pour celui d’une formation émergente auprès de mes oreilles profanes.

Il faut dire que ni la voix cristalline de Quever, ni le bon goût absolu des arrangements – bourdons, guitares en trémolo, réverbération généreuse et sonorités synthétiques, recette d’une identité shoegaze nouvelle – ne trahissent les 15 ans d’existence de Papercuts. Certains éléments, outre le titre How to Quit Smoking, peuvent toutefois éveiller les soupçons. Si l’intention derrière Parallel Universe Blues semble être du côté du coeur, le résultat penche définitivement du côté de la raison : une instrumentation shoegaze, dronesque par moments, mais des voix lisses ; des paroles sombres, mais un rythme toujours si soutenu qu’il est impossible de s’y plonger. « Je ne veux pas assommer les gens, ce n’est pas dans ma personnalité. Je n’aime pas être au coeur de l’attention », a plusieurs fois répété Quever. Par sa pudeur, il maintient notre tête hors de l’eau, nous pousse à avancer, et nous renvoie à Loveless, chef d’oeuvre de My Bloody Valentine, pour assouvir notre désir de mélancolie tout juste attisé.

La réalisation est parfaite, et plusieurs titres brillent inévitablement par leur efficacité : les très pop singles Laughing Man et Sing to Me Candy, mais aussi Kathleen Says, que les frères Reid auraient pu composer. En fin d’album, Waking Up, qui touche au sublime et évoque le meilleur de la scène bedroom pop actuelle, de Beach Fossils à Beach House. Si seulement sur cette plage, Quever s’était éloigné du parasol pour goûter à la houle…

 

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