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Nos nuits à Nantes, au Festival Soy (2/3)

Festival Soy Nantes
Flohio / Photo : Benjamin Rullier

On l’entendrait presque en arrivant aux pieds de la tour Lu – cette verticale pâtisserie adorable – elle, la vigie venue de Bermondsey. Cela tabasse en fréquences ondulées : Flohio captive son auditoire presque trop facilement. La jeune anglaise possède ce charme inouï de l’énergie pure, elle joue, s’illumine, agresse et louvoie à merveille. Menue, engoncée dans une silhouette minuscule pour son immense force, la jeune femme laisse une salle ébahie. Une baston salvatrice.

On grimpe ensuite au foyer haut du Lieu Unique où les silhouettes se faufilent entre les piliers. Le public semble soumis à la discrétion. On va pourtant rencontrer l’insolence.

Black Midi / Photo : Benjamin Rullier

Les anglais n’ont pas leur pareil pour rendre indéfinissable la moindre de leurs actions. Foutage de gueule insensé ? Génie cosmique ? Avant le concert, une amie me disait qu’elle avait vu Black Midi proposer des morceaux en formes de haïkus vérolés durant, à la volée, pas plus de deux minutes. Je pensais avoir raté la moitié du concert alors que je venais, seulement, de me priver de quatre minutes des quarante que le groupe allait déployer, devant nous, comme un bateau ivre. Raides comme des piquets, jeunes jusqu’à l’outrance, sapés entre le grand n’importe quoi et style férocement recherché, le groupe interroge. Leur variation vénéneuse va convoquer les mânes jazzy, comme les gouffres de la dissonance. A Silver Mt Zion troussé par un Monk préoccupé. Le chaos atteint les lumières, l’aventure se fait parfois grotesque pour enchainer sur des instants de bravoures éternelles. Une jolie claque anglaise.

Lydia Lunch / Photo : Benjamin Rullier

Lydia Lunch apparait ensuite. Le noir de jais de ses cheveux jette un regard aux alentours. Avec une voix cramée de goudron, entre autres, l’égérie post-punk se lance, assise, dans un monologue halluciné. Les claviers tentent l’atmosphère mais la voix dévore tout. Sa présence en fait trop, tout est articulé autour de ce charisme nocturne, salace, ultra-sexy. Pas de grand frisson, juste les volutes stridentes d’une époque révolue.

Marie Davidson / Photo : Caroline Chaffiraud

Avec Marie Davidson, le présent prend les traits d’une jeune femme en apparence douce dans un t-shirt informe. Les ambiances corsetées de cuir façon Miss Kittin vont vite définir cette personne. Folie douce, ultra sensuelle, sa prestation oscille entre coups de fouets autoritaires, séances hardcore et caresses minutieuses. Musique de fond de bar, musique de club mélancolique et déglingué, Marie Davidson possède cette aura rare, magnifique.

Faka / Photo : Caroline Chaffiraud

Faka déboulera soudainement, monstrueusement sensuel, corps offert au public et à la musique. Les regards sont assez vitreux. Les excès des nuits portent leurs jolies ecchymoses. Faka sait illuminer nos terreurs nocturnes. Merci douce folie, on t’aimera toujours. Bien assez.

 

Remerciements au festival Soy, à Benjamin Rullier et Caroline Chaffiraud pour les photos.

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