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Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool, 24 août 2018

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool
Michael Head & The Red Elastic Band / Photo : Hannah Molin

En 1992, le documentaire exceptionnel You’ll Never Walk Alone de Jérôme de Missolz (disparu en 2016) et Évelyne Ragot, avec Jean-Daniel Beauvallet pour guide parmi la scène musicale de Liverpool du début des années 1990, s’ouvrait sur la voix de Michael Head. Tout juste trentenaire, loin des espoirs fous placés dans The Pale Fountains au début de la décennie précédente, il était déjà diminué par la drogue et l’alcool. Il n’avait alors sorti que le premier album de son nouveau groupe Shack (Zilch, 1988) et s’interrogeait à haute voix sur Liverpool, tout à la fois ville des Beatles et de la meilleure équipe de football du monde selon lui, les Reds. En cette fin du mois d’août 2018, la moitié de la population qui n’est pas supportrice de l’autre club (Everton) se reprend à rêver d’un titre de champion vingt-neuf ans après le dernier en date alors que le commerce autour du groupe emblématique de la musique pop se porte bien, merci. Sir Paul McCartney, supporter des Toffees d’Everton, a même fait un retour en majesté sur place à l’occasion de la promotion d’un nouvel album à sortir début septembre. Michael Head, en âge d’être son fils puisque né en 1961, a pour sa part signé l’année dernière sur Violette Records, association de fans franco-anglaise, Adios Señor Pussycat, premier album en onze ans après le cinquième (et ultime ?) épisode des aventures mouvementées de Shack,The Corner Of Miles And Gil, sur Sour Mash, le label de Noel Gallagher.

Après avoir manqué une poignée de concerts dans son île avec une nouvelle formation, The Red Elastic Band, dont est absente son jeune frère John, jadis partie prenante de The Pale Fountains, Shack et The Strands, une seconde chance s’offrait à domicile, dans le cadre du Museum Of Liverpool, le musée de la culture locale à Liverpool, un vendredi 24 août. Et constituait une alternative toute trouvée à l’affrontement de festivals dans la capitale française. Sur place, à l’Albert Dock, dans une zone autrefois industrielle désormais réaménagée selon une perspective touristique, à portée de voix du Tate Liverpool et de l’immense Echo Arena, équivalent de Bercy, après une journée entre averses marines et éclaircies estivales, les quelques centaines de spectateurs au rez-de-chaussée de l’exposition Double Fantasy autour de John Lennon et Yoko Ono, en majorité des “lads” assagis plutôt que des “lassies” bien habillées, affichent majoritairement la petite cinquantaine, portent des Adidas plutôt que des Nike, question de génération, et sont assez souvent chauves. Pas Michael Head, entouré sur scène comme sur disque à la guitare de Steve Powell, jadis ingénieur du son de l’album The Magical World Of The Strands sauvé des limbes en 1997 par le label hexagonal Le Village Vert, son fils Tom Powell à la basse, à la batterie un Phil Murphy derrière ses fûts aussi pour Bill Ryder-Jones, ex-The Coral, et Edgar Jones, le loustic en chef de The Stairs. Le batteur a eu le droit d’inviter ce soir-là son propre frère Danny et Nathaniel Cummings, les deux guitaristes du quintette dont il fait partie, Peach Fuzz, qui alternent ici au gré des chansons. L’ensemble compte pour l’occasion deux autres musiciens rescapés du Shack des années 2000 : à la flûte traversière Andy Frizzell et à la trompette Martin Smith, contributeur sur Adios Señor Pussycat. Enfin, Joanne Head, sœur de, ses complices Mary McCombs et Jennifer John ainsi que deux autres choristes féminines anonymes complètent le tableau.

Le concert, à défaut d’évoquer le doublé inaugural des Pale Fountains, revisite largement le répertoire de Shack, malgré l’impasse sur les albums – inaugural, Zilch, comme final, …In The Corner Of Miles And Gil, et de The Strands. Toujours aussi mauvais vendeur, Michael Head occulte largement Adios Señor Pussycat, mais distingue Cadiz et Velvets In The Dark, deux perles hors album de 2013 et 2015 du catalogue Violette, reprend le classique jazz Nature Boy et remet sur le métier un quatuor de chansons inédites, de quoi laisser espérer un futur nouveau disque. Dave Butcher, ancien membre du Shack des débuts, vient prêter main-forte au chant pour Comedy, extrait de l’unique album du groupe sur une grosse maison de disques, H.M.S. Fable en 1999, avec pour récompense une couverture de l’hebdomadaire New Musical Express barrée du titre “Our greatest living songwriter”. La setlist de cette soirée de pleine lune (The Killing Moon ?) fin août à Liverpool reste d’ailleurs sujette à caution tant l’artiste laisse libre cours à son inspiration du moment. Parmi le panthéon des auteurs-compositeurs-interprètes britanniques, Michael Head occupe décidément une place à part.

Merci à Karen O’Rourke, Pascal Blua et Ugo Tanguy

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool

 

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool

Michael Head & The Red Elastic Band au Museum Of Liverpool

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