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Machine Girl – The Ugly Art (Kitty On Fire)

pochette Machine Girl, The Ugly ArtMonolithe effréné d’ultraviolence ultrasensible, The Ugly Art est le plus pur et le plus nécessaire précipité de rage punk post-moderne que pouvait sécréter un monde comme le nôtre en 2018, paysage dévasté aux horizons aussi laids que putréfiés, foutant la haine à chacune de ses circonvolutions débiles. Un disque infiniment furieux envers absolument tout, montrant les dents et écumant sa bile électronique pendant près d’une intense heure de digital hardcore buté et crâneur. Jusqu’ici one-man-band depuis 2014, Machine Girl devient ici duo, s’accoquinant pour l’occasion avec un batteur perpétuellement en mode avance rapide pour livrer une succession quasi-ininterrompue de chocs soniques salutaires qui doivent autant à un synth-punk aux lourdes sub-basses vrombissantes et aux claviers cradingues (immenses Status et Necro Culture Vulture) qu’à la férocité d’un certain noise rock façon Lightning Bolt (le duo Roach on Dope/Psycho Signal Jammer). Et si, l’an passé, leur précédent opus …Because I’m Young, Arrogant and Hate Everything You Stand For (qui sonnait exactement comme son titre) proposait déjà cette même délirante dose de brutalité cyberpunk, ses tendances DIY diffuses sont ici supplantées par une production absolument massive, acérée, explosive, visant directement à la jugulaire, qui propulse et élève les éjaculats fulminants de Machine Girl dans un enfer Full HD à faire trembler tous les murs du monde.

Pas de quoi respirer deux minutes sous les assauts abrutissants d’une batterie qui tape tranquillement dans les 180 bpm et les beuglements candides et outrés de Matthew Stephenson, sur un lit de paroles-slogans délicieusement immatures (Fuck Your Guns). Nourris également aux plans techno des 90’s, certains titres semblent faire d’un coup le pont entre mosh pits hardcore et dancefloors démoniaques (Congratulations) dans une délicieuse célébration mutante et jouissive. Invitation à la haine et à la transe à laquelle on a plus que jamais envie de répondre présent, The Ugly Art est un monstre en chute libre. Et quelle allégresse, bon sang.

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