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Hoorsees

Alexin / Hoorsees

Qui ?

Alexin, rejoint sur scène par :
– Zoé (basse)
– Axel (guitare)
– Raphaël (batterie)

Où ?

À Paris.

Quoi ?

Son visage reviendra sans doute à la mémoire de tous ceux qui, le soir, aiment boire leur bière dans les sous-sols de l’est parisien. Des concerts, Alexin en a vu défiler, tant devant que derrière les amplis. Membre de Bungalow Ninja, il ranime aussi le garage à la tête de Dr Chan, dont l’énergie skate punk a convaincu l’an dernier le label anglais Stolen Body Records. On le retrouve cet été avec Hoorsees, un projet bien différent, y compris dans ses intentions : « Hoorsees, ça ne devait pas être un groupe ; juste des morceaux sur Bandcamp. Au fil du temps, mes amis m’ont encouragé à les jouer en live donc j’ai fini par le faire. ». Si Zoé l’accompagne depuis le début, Axel et Raphaël sont de nouvelles recrues : ensemble, ils ont joué pour la première fois le 13 juillet à l’Espace B. C’est à force de traîner dans un autre repère de la capitale, la Mécanique Ondulatoire, qu’ils se rencontrent. C’est aussi dans la cave de « la méca », lors d’un concert de Bryan’s Magic Tears en janvier 2017, que surgit l’étincelle créatrice qui engendrera Hoorsees : « J’ai commencé à enregistrer en rentrant chez moi, directement après le concert ».

Dernière sortie

En attendant la sortie d’un premier album encore sur le feu, on se passe en boucle les 4 bombes de Youth, parues l’an passé. Un EP évidemment enregistré à l’appart’, seul et très vite, au soulagement des voisins : « Il m’a fallu 2 ou 3 jours. Je compose mes morceaux au moment d’enregistrer, donc je n’avais rien prévu mais j’avais une esthétique bien précise en tête ». Attaché à son indépendance, Alexin assure aussi la production : « Je préfère faire les choses chez moi pour travailler quand j’en ai envie. Avoir une session de studio de 7 heures pile me frustrerait, j’aime revenir sur les choses plusieurs fois. Aussi j’enregistre seul, donc faire du piste-à-piste est plus logique ». Au final, un rendu lo-fi à souhait, enveloppant 17 minutes de shoegaze ultra-efficace. Une évidence toutefois propre à l’enregistrement, troublante pour qui découvre le groupe sur scène où le set, toujours marqué « 90’s », se fait beaucoup plus indie voire slacker. Une volonté qu’Alexin explique avec pertinence : « C’est voulu. Je ne pense pas qu’un live doive absolument ressembler à un enregistrement. En concert, on essaie de dénuder la chanson au maximum pour ne garder que l’essentiel, par souci de clarté. Plein de groupes se noient sous les pédales pour un résultat souvent décevant, au vu de la qualité du système son des petites salles. Je préfère que ce soit plus dépouillé mais précis pour l’auditeur ». S’il reconnaît donc ce changement de registre, Alexin se défend de faire du slacker et nie l’influence de Pavement, pourtant si déconcertante sur scène : « Pavement fait partie de mes groupes préférés mais malheureusement, je suis loin d’avoir le talent de Malkmus, et je suis loin du côté slacker si caractéristique de ses compos. Ce n’est donc pas une influence pour le projet car elle est trop dure à atteindre ». La modestie est une vertu, après tout.

Tube absolu

« There’s nothing exciting / You’re fucking bored right now. » Les premières lignes de Pitfall ont une résonance particulière lorsqu’à Paris, le mois d’août commence à se faire long, surtout après une saison assombrie par les fermetures administratives*. En réconfort, le souvenir de ce concert du 13 juillet, dans un Espace B encore bouillonnant. À la sortie, ce refrain en tête, inextricable : « She separates the sadness, sadness, sadness… ». Des mots difficiles à déchiffrer mais chantés avec une telle véhémence qu’ils finissent par prendre sens ; celui qu’on veut bien leur donner : « Je n’aime pas particulièrement les textes sujets à une seule interprétation. J’avais un thème en écrivant [Pitfall], mais les paroles sont assez imagées, de manière à laisser plusieurs interprétations possibles ». On retrouve toutefois ici la désillusion présente chez Mac DeMarco ou Elvis Depressedly, icônes blasées de l’indie pop auxquels Alexin se rattache volontiers. Toujours à propos de ses textes, il ajoute : « Malgré mon niveau d’anglais et mon accent catastrophiques, les paroles et la manière d’agencer les mots inspirent réellement la composition. Dès que j’aime une chanson, j’ai le réflexe de décortiquer les paroles, et quand elles sont de qualité cela lui donne une dimension supplémentaire. J’essaie de m’appliquer comme je peux ; parfois je trouve des idées en feuilletant des livres qui traînent chez moi. » L’anglais certes nébuleux, tout comme les aspérités de la voix, n’ajoutent en fait que plus de chaleur aux morceaux de Youth qui, bien que bercés par le spleen, s’élèvent chacun par leur force mélodique et leur éclat.

Futur conditionnel

Hoorsees reprendra du service dès la rentrée dans les salles de Paris et de France avant de, peut-être, s’envoler pour une tournée de festivals aux Etats-Unis : « C’est hypothétique pour le moment. », précise Alexin avec prudence. On attend en tout cas avec impatience la sortie du premier album, en pourparlers avec plusieurs labels. « D’ici là, on fera des clips pour se consoler ! »

*Les sous-sols de L’Espace B et de la Mécanique Ondulatoire (tout comme celui du Pop In) où ont lieu leurs concerts amplifiés sont actuellement en fermeture administrative.

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