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Hémisphère Sud, H.S. (Another Record)

« C’est toujours toi le meilleur, surtout quand j’suis ailleurs, t’as toujours voulu tout savoir, j’ai plus qu’à m’camer et boire »

De leur nom pourrait naître un quiproquo rigolo et handicapant. S’agit-il d’une radio libre des années 80 spécialisée dans la sono mondiale ? Ou d’un groupe culte vite oublié des profondeurs du Top 50  ? Que nenni. Hémisphère Sud est bien un groupe tourangeau actuel, bien dans son époque, de toute façon, ici, on ne se moque pas des noms, pas du physique, pas de la famille. Bien dans son époque, le groupe l’est donc dans la synthèse : des chansons enlevées dans des années 60 françaises fantasmées (Après-midi, A quoi ça sert?), de la construction volée dans les années 70 (les changements de rythme, les breaks de batteries, les ruptures de tons dans L’enfer –Parenthèse dans la parenthèse : je lis actuellement le toujours éclairant Peu de gens le savent de Bertrand Burgalat dans Rock & Folk et celui-ci évoque les rééditions du label Cameleon Records, et du coup je tombe sur la chanson de Ankh, Les maîtres du temps (1976), écoutez, et vous verrez comment dialoguent les époques), le tout à le recherche d’un état second, un psychédélisme légèrement progressif, parfois parti dans l’espace (Tu ne veux pas rentrer chez toi), ou une recherche formelle pop / chanson française aboutie. On pourrait rêver de les voir réécrire la musique du chef d’oeuvre de 1984, Paroles & Musique d’Elie Chouraqui, ou de croiser le fer avec William Sheller et Quasi dans une cave. C’est d’ailleurs là que réside l’intérêt de ce court disque (30 minutes à peine) par rapport aux autres disques parus ces dernières années en France dans ce faisceau d’influences : il dégage une simplicité, peut-être une humilité face à son sujet, qui repose. L’orgue et le piano électriques grincent et saturent, la basse bavarde se sent bien où elle est, la batterie sautille de joie. Il s’agit peut-être moins ici de questionnement existentiel (encore que le groupe pose de bonnes et simples questions : à quoi ça sert?) et de cours de musicologie appliquée, que d’histoires de gars pas très bien peignés pris dans une énergie amicale, passionnée, et punk, disons-le. D’ailleurs quand le groupe s’aventure sur Drama dans des eaux plus troublées, avec une voix plus agressive, il aborde des rivages qu’il serait criminel de laisser en friche. Une bonne bouffée d’air frais (et une bonne soufflette plus louche en prime) livrée dans un bel emballage coloré en format A5, empli de collages explicites.

L’album est disponible ici ou là : H.S by Hémisphère Sud

 

 

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