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Elodie, Vieux Silence (Ideologic Organ)

ElodieAndrew Chalk et Timo van Luijk ont tous deux enregistré de très beaux disques d’une ambient contemplative et hypnotique, notamment en collaborant avec Christoph Heemann.
Pour le premier ce fut sous le nom de Mirror et le second avec In Camera. Mais c’est réunis sous le patronyme d’Elodie qu’ils produisent leurs œuvres les plus fascinantes. Jusqu’alors, ils ont publié leur albums sur leurs labels respectifs (Faraway Press et La Scie Dorée) dans de petits tirages artisanaux très soignés, mais cette fois c’est sur le label de Stephen O’Malley, Ideologic Organ, qu’ils nous livrent ce Vieux Silence. C’est le douzième LP du duo en seulement six ans ; le second pour 2017, après le très élégiaque et orchestral Balayé de la main du hasard. Ici, les compositions sont plus abstraites, minimales et flirtent avec les drones. Le temps semble se distordre parfois. Les mélodies sont quant à elles à peine esquissées ; tantôt éclatées et déconstruites (le piano d’Au point du jour), tantôt noyées dans l’éther des nappes (La Nuit voilée), elles se révèlent alors petit à petit et prennent forme au fil des écoutes successives. Sur l’éponyme Vieux Silence, le ressac hypnotique des ondes synthétiques berce nos cœurs d’une langueur monotone comme peu de violons auparavant. La seule chose qu’on regrettera, c’est sans doute la discrétion avec laquelle le duo belge élabore son œuvre-fleuve, élégante et intense qu’on aimerait pouvoir partager plus aisément. Ce que les courts tirages de leurs LP (350 à 500 exemplaires) ne permettent pas toujours.

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