« Oui, c’est qui ? C’est Miki »

Miki / Photo : Instagram
Miki / Photo : Instagram

C’était il y a un peu plus d’un an : son premier single Echec Et Mat, dans lequel elle se présente comme « une meuf kétaminée pâteuse pétasse » avant de se comparer à « la pom’pote au fond du frigo que personne n’ose plus toucher ni jeter » fait le tour des réseaux et médias avec son clip tourné devant un Buffalo Grill. Aujourd’hui ? Elle remplit l’Olympia et publie son album Industry Plant (comprendre : la chanteuse que l’industrie a placé là). Et histoire d’ironiser au sujet des critiques qu’elle reçoit, elle y répond dans son premier titre Yes : « Y’a des gens qui me traitent de silicone mais Billy Joel ! ». Sans tomber dans un album dédié à ses haters, elle les bénira simplement de « sa pop d’usine ».

Le soir de l’Olympia, j’ai encore le souvenir bien présent d’avoir chanté avec des milliers de personnes « J’ai un prof de tennis qui m’a touché là où fallait pas depuis je suis un peu ping pong ding dong » ou encore « comme quand tu aimes plaquer ma tête contre la plaque de la cuisinière »… Et c’est dans ce naturel perturbant à évoquer cette violence, dans ces récits d’une honnêteté déconcertante que je trouve un appel à la sororité qui ne cherche même pas à l’être. Pas sûre de s’être « crash sur la bonne planète / Et pourtant c’est pas mal il y a des terrains de foot et des omelettes », chantonne celle qui a organisé sa release party au Virage, le haut-lieu des teufeurs parisiens dans le XVIIe.

Son goût pour l’électro qu’on retrouve en interlude sur scène s’inscrit dans cette génération pop – hyperpop, sur fond de mélodies qui donnent envie de dévaler les escaliers du métro comme si j’écoutais de la techno. Au beau milieu de tout ça, elle chante quelques phrases en coréen – « maintenant je m’en fous qu’on me trouve typée sans make-up », scorpion ascendant scorpion, donc –, évoque ses relations avec ses parents le temps de Motherlode : « Ah oui comme la fois dans cette cage d’escalier où mon père a dit à ma mère qu’il ne pariera pas un sou, pas un kopeck sur moi ».

Miki, elle me fait sourire avec son romantisme façon Gen Z« Y’a des bots qui font tout à notre place à part tirer un coup quand on n’a rien à faire » ou « Laisse-moi faire trois pas au moins sans que je te tienne la main putain » –, explique en interview qu’elle chante son journal intime : « J’écris depuis que j’ai 7 ans dans des carnets, avec toujours le même cynisme. Je parlais de sexe aussi – sans en savoir grand-chose… ». Elle parle d’amour, de désir, de jalousie dans Particule alors qu’elle se décrit comme une particule qui gravite autour de la chose aimée : « Grâce à ce morceau, j’ai vraiment été émue du concept de la musique, émue qu’elle puisse sauver des personnes comme moi à ce moment-là ».

Pour moi – et peut-être pour beaucoup d’autres… –, c’est la meilleure façon de me rendre compte que « je veux pas qu’on aille au zoo demain matin je veux pas te faire bander / je veux pas qu’on partage tout ce qu’on va manger » n’était pas une lecture de mes notes de téléphone mais bien son titre JTM Encore qui prend la forme d’un message à son ex.

« Que tant que tu es prévisible tu es foutu
Qu’une fois qu’on te comprend on t’aime plus
Que de piquer une cartouche à l’aéroport
C’est aussi simple que de regarder un clochard dans les yeux ».

Rendez-vous à l’Élysée Montmartre en mars !


Industry Plant par Miki est sorti chez Structure

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *